28 octobre 2008
Conférence de presse de Jean-Elvis Ebang Ondo, Président de l'Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR) au Gabon
CONFERENCE DE PRESE
Mesdames, Messieurs,
Chers compatriotes
C’est au nom de l’ensemble des membres de l’Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR) et les ONG partenaires avec la bénédiction du Seigneur Jésus Christ, le Tout Puissant que je reprends la parole devant vous pour marquer la reprise des activités de l’ALCR pour cette année scolaire 2008-2009 et surtout pour informer, sensibiliser les élèves, étudiants, les parents d’élèves, les enseignants et les confessions religieuses sur le phénomène de la recrudescence des crimes rituels qui est banalisé par l’Etat Gabonais
Je vais tout d’abord remercier la presse pour avoir répondu massivement à l’appel de l’ALCR en vue de la couverture de la présente conférence de presse.
Mesdames, Messieurs
Nous sommes là parce que déterminés à faire valoir notre statut de citoyens de ce pays. Nous sommes réunis parce que nous croyons que la démocratie, transportée depuis l’occident à une forte action, et est la forme de la bonne gouvernance. Nous sommes là parce que les crimes rituels longtemps dénoncés, n’ont jamais été élucidés.
Nous sommes là pour protester contre les injustices, contre l’impunité, contre l’insécurité, contre les actes abominables dont sont victimes nos élèves, étudiants et femmes. Nous sommes las de voir les corps des habitants décapités et jetés dans la nature sans que les coupables soient arrêtés et jugés. Pour un pays faiblement peuplé, c’est une honte. Nous sommes là pour dénoncer les nouvelles méthodes employées par ces assassins.
Nous sommes venus ce matin pour livrer un message à l’endroit de notre jeunesse sacrifiée pour les biens de ce monde d’une part et d’autre part, informer la classe religieuse que le Seigneur va agir « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux. Un temps pour tuer, un temps pour guérir, un temps pour pleurer, un temps pour rire etc » Ecclésiaste 3,1-3. Au nom de l’Amour de Dieu, les crimes rituels n’auront plus droit de cité chez nous. Ils sont bannis.
Nous alertons la jeunesse (élèves et étudiants) afin qu’ils soient prudents, vigilants et méfiants. Vous êtes les produits de consommation des hommes des ténèbres. Marchez toujours en groupe, évitez les sorties nocturnes, faites attention aux vrais faux amis qui vous livrent aux assassins. Les seuls cours reconnus et valables sont ceux qui se donnent en classe. Actuellement un bras de fer oppose le Gouvernement et les Enseignants. La vigilance est de rigueur.
L’une des causes des crimes rituels au Gabon est la croissance de nombres de sectes sur l’étendu du territoire. Il est temps de vous dire chers élèves et étudiants que ce sont des vendeurs d’illusion qui sont les membres des sectes. A Libreville comme à l’intérieur du pays, dans les campus, les écoles, les collèges et les lycées, c’est vous-mêmes qui véhiculez la doctrine des sectes en se servant des livres, journaux et quelques exercices pratiques à la plage lieu de pèlerinage où on vous tue comme des mouches.
Si ces écoles ésotériques ont donné des bons fruits chez les occidentaux, au Gabon c’est la sorcellerie, la destruction et la division des familles.
Nous protestons une fois de plus en disant non ! Non à ces Enseignants qui sont très actifs pour le recrutement des pauvres innocents dans les sectes. Attention, vous qui faites de fausses promesses auprès de vos élèves et étudiants à cause de votre influence. C’est criminel ! Vous savez très bien les conséquences sur les recrus et à ceux qui refusent d’y adhérer dans le présent et l’avenir. Donnez une bonne éducation à nos enfants celle qui est basée sur les vraies valeurs universelles.
Aux religieux, nous sommes grandement déçus par certaines églises et leurs dirigeants sur le dossier des crimes rituels dans notre pays. Certains ne sont pas courageux d’en parler et gardent silence, d’autres disent que c’est une question sociale dont l’église n’a que faire. Ils ne nous ont jamais accordé les audiences depuis que nous avons livré ce combat face aux forces des ténèbres. Pour l’ALCR, l’église doit être le phare qui guide les hommes vers les sommets les plus élevés de la Justice et de l’Amour.
J’ai du regret pour ces hommes de Dieu qui obéissent aux hommes politiques. Aujourd’hui, ne craignez vous pas la colère de Dieu qui peut s’abattre sur vous ? Ne vous laissez pas influencer par d’autres Dieux : l’argent, le pouvoir et les honneurs. A cause de vous, les brebis qui vous sont confiées s’égarent de plus en plus. Dieu est en colère.
Etant Enseignant, je rencontre tous les jours, des jeunes gens qui dont le sentiment de déception face à leur conviction religieuse a grandi jusqu’à se transformer en véritable dégoût à cause de vous.
Mesdames et Messieurs
Le moment est venu pour prier, et faire du Gabon un pays de Droit, un pays béni de Dieu, de sortir notre Nation du sable mouvant de l’injustice pour le hisser sur le roc solide de l’Amour, le moment est venu de réaliser la Fraternité entre tous les enfants du bon Dieu. Il serait fatal à notre Nation d’ignorer qu’il y a péril en la demeure. Cet étouffant comportement qui anime certains gabonais remplis de haine et de rancoeur, ces victimes qui sont animées de l’esprit de vengeance, d’horreur et de brutalité. Sachez que nous devons construire notre pays. Les destins des uns sont liés à ceux des autres. Les libertés des uns sont liées aux libertés des autres.
Nous sommes pris dans un réseau de relations mutuelles auxquelles nous ne pouvons échapper, notre destinée commune est un vêtement sans couture. Ce qui affecte directement l’un de nous, nous affecte tous indirectement sur le plan national et international. Les Français qui nous ont colonisé le savent bien, ainsi que les Américains. Pourquoi ne pas plagier leur modèle de démocratie basée sur le mérite, le respect de la loi, la compétence et la crainte de Dieu ? Pourquoi voulez-vous bâillonner notre démocratie qui a pour objet, le bonheur de l’Homme avec ses mérites, ses compétences pour le bien de notre peuple Gabonais ?
Mesdames et Messieurs
C’est par ces propos que je vais clore mon discours en demandant une fois de plus aux uns et aux autres de prier, jour et nuit car, la lutte de l’ALCR est de chasser des entités négatives qui les poussent à détruire son semblable et d’aider chacun à jouer son rôle qui est le sien dans le développement de notre jeune Nation.
Le réalisme nous oblige à admettre que le combat se poursuivra à tous les niveaux jusqu’à ce que la liberté devienne une réalité pour tout le peuple gabonais. Telle est notre vision de la situation actuelle que nous traversons.
Ensemble unissons nos efforts, nos énergies pour préserver la vie de notre jeunesse sacrifiée au quotidien.
Que Dieu bénisse et libère notre pays des forces du Mal
Je vous remercie.
Fait à Libreville le 25 Octobre 2008
26 octobre 2008
Mr Eyeghé Ndong, je vous mets infra mes réflexions sur la politique de protection sociale à mener au Gabon
Pour une véritable politique de protection sociale au Gabon
La protection sociale est un système élaboré de garanties destinées à protéger des catégories plus ou moins larges de personnes contre certains risques (décès, maladie, accidents, précarité…). Fondée sur la sécurité sociale et les régimes d’indemnisation du chômage, de mutuelles, d’aide sociale et de revenu minimum de solidarité (RMS), elle va viser à assurer la protection de l’individu contre certains risques liés à la maladie, la vieillesse, les accidents, la famille, la perte d’emploi… Le besoin de sécuriser le citoyen gabonais doit désormais donner lieu à l’émergence de divers mécanismes et pratiques destinés à lui permettre d’affronter des situations auxquelles il ne peut faire face seul de manière correcte.
1- La sécurité sociale : les différentes prestations
La sécurité sociale gabonaise pourra, au départ, se subdiviser en six branches dont maladie, maternité, invalidité, décès, accidents de travail et prestations familiales.
a.1/ L’assurance maladie
L’assurance maladie va comporter, dans son régime général, des prestations en espèces (indemnités journalières) destinées à compenser la perte de salaire qu’occasionne l’arrêt de travail et des prestations en nature couvrant tout ou partie des soins médicaux et paramédicaux. L’assuré social, seul, à l’exclusion de ses ayant droits, pourra (devra) prétendre aux indemnités journalières. Seules les prestations en nature seront versées et à l’assuré et aux membres de sa famille à charge (conjoint, enfants ou toute autre personne, vivant avec l’assuré, de moins de 18 ans). L’assuré aura droit et ouvrira droit aux prestations en nature pendant un an s’il justifie de cotisations sociales égales à 360 heures de travail soit, 90 jours de travail consécutifs.
En cas d’arrêt de travail, les indemnités journalières devront être versées à partir du 6ème jour, les cinq premiers jours constituant un délai de carence. L’assuré social, qui pourra librement choisir son médecin, devra, en principe faire l’avance des frais médicaux qui lui seront ensuite remboursés. Les actes professionnels des praticiens qui donnent lieu à remboursement devront être énumérés dans une nomenclature générale des actes professionnels. Le remboursement des frais engagés s’effectuera sur la base de tarifs fixés de façon conventionnelle ou réglementaire.
a.2/ L’assurance maternité
Cette assurance maternité devra comporter, dans son régime général, des prestations en nature (couverture des frais médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisations… relatifs à la grossesse, à l’accouchement de la femme…) et des prestations en espèces (indemnités journalières). Les bénéficiaires de cette assurance maternité seraient également l’assuré et les membres de sa famille (conjoint et enfants).
Pour avoir droit aux prestations en espèces, l’assurée devra, outre les conditions de salariée, justifier d’une durée d’immatriculation à la sécurité sociale égale à huit mois à la date présumée d’accouchement. L’intéressée devra adresser à l’organisme de sécurité sociale une déclaration de grossesse avant la fin du troisième mois suivant la date présumée de conception (début de grossesse).
Pendant les périodes pré et postnatales, la bénéficiaire devra se soumettre à des examens médicaux dont 4 ou 5 prénataux et une ou deux postnataux. Les frais d’accouchement et tous les autres frais médicaux, pharmaceutiques ou d’hospitalisations nécessités par l’accouchement devront être remboursés à 100%. Les indemnités journalières ne seront accordées qu’aux femmes assurées sociales et salariées. Elles devront être attribuées pendant une période débutant de six semaines avant la date présumée de l’accouchement et se terminant dix semaines pendant la période d’indemnisation. L’indemnité journalière devra être égale au salaire journalière de base moins les cotisations et contributions sociales obligatoires prises en compte dans la limite du plafond de cotisations.
a.3/ L’assurance invalidité
Cette assurance invalidité aura pour but de prévoir d’une part, l’attribution d’une pension destinée à compenser la perte de salaire subie par l’assuré en raison d’une invalidité réduisant de 2/3 sa capacité de travail, et de l’autre, la prise en charge des soins nécessités par cet état. Les membres de la famille de l’assurée n’en bénéficieront pas. Pour prétendre, l’assuré devra justifier d’une durée d’immatriculation à la sécurité sociale de 12 mois au moins et fournir également la preuve qu’il a effectué aux moins 1200 heures de travail salarié ou assimilé au cours des 12 mois civils précédant l’interruption de travail.
Par ailleurs, le bénéfice de cette pension d’invalidité sera incompatible avec l’exercice d’un travail procurant un salaire supérieur au tiers de la rémunération normale de sa profession. Au cas échéant, cette pension d’invalidité, accordée à titre temporaire, serait susceptible de révision, de suspension ou de suppression. Les cas avérés de fraude donneront lieu à des poursuites pénales et civiles.
Pour les autres handicaps (physiques notamment) innés entraînant à une incapacité totale ou partielle de travail, des allocations spécifiques devraient être attribuées à ce pan de la population dès l’atteinte de leur majorité. Elles constitueraient des aides importantes permettant la protection sociale de ces handicapés.
Dès lors, il est facile de comprendre que c’est une assurance invalidité qui risque de ne jamais dégager d’équilibre financier dans la mesure où il n’existera pas de cotisations pour les handicaps physiques (innés) conduisant à une incapacité totale ou partielle de travail.
a.4/ L’assurance décès
Cette assurance décès va, dans le cadre du régime unique de sécurité sociale à mettre en œuvre au Gabon, garantir aux ayants droit de l’assuré, le paiement d’une allocation. Pour bénéficier droit à cette assurance décès, les ayants droit de l’assuré social, décédé, devront justifier que l’assuré social avait versé un montant de cotisations ou effectué un certain nombre d’heures minimum de travail salarié ou assimilé au cours d’une période de référence. Le versement sera effectué par priorité aux personnes à la charge effective, totale ou permanente, de l’assuré au jour du décès. Le capital décès devra correspondre à 80 ou 90 fois le gain journalier de base servant au calcul des indemnités journalières de l’assurance-maladie.
a.5/ L’assurance accidents du travail et maladies professionnelles
Cette assurance va donner lieu à des prestations financières sous forme de cotisations proportionnelles à la fréquence et à la gravité des dommages causés aux salariés.
Dans ce cadre, devront être couverts par le code de sécurité sociale, en matière d’accidents du travail et des maladies professionnelles, toutes les personnes travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour des entreprises (ou toute personne effectuant un travail rémunéré). Seront considérés comme accidents du travail, quelle qu’en soit la cause, les accidents survenus par le fait ou à l’occasion du travail. Seront également considérés comme accidents du travail, les accidents survenus aux personnes protégées pendant les trajets d’aller et retour entre leur résidence (principale) et le lieu de travail ou entre, leur ce dernier et celui de restauration où de manière générale, les lieux où le travailleur prend habituellement ses repas. Seront considérées comme maladies du travail, les maladies d’origine professionnelle.
Dans ce cadre, cette assurance"accidents du travail et maladies professionnelles" aura pour objet de restituer à la victime, dans toute la mesure du possible, sa capacité de travail par la couverture des soins, la prise en charge de la réadaptation professionnelle et le versement des indemnités journalières pendant l’interruption temporaire de travail.
Par ailleurs, des rentes devraient être versées à l’assuré lui-même en cas d’incapacité permanente (et à ses ayants droit en cas de décès). L’indemnité journalière destinée à compenser la perte de gain résultant de l’incapacité temporaire ou totale de travail serait due à partir du 6ème jour qui suit l’arrêt du travail. Payée tous les jours ouvrables, elle pourrait être à 75% du salaire journalier de la victime. Le service de l’indemnisation devra cesser dès lors que l’intéressé sera apte à reprendre son travail.
a.6/ Les prestations familiales
Ces véritables prestations familiales vont, en lieu et place, des celles insignifiantes actuelles, constituer un revenu de complément versé en compensation des charges supportées pour élever les enfants.
Dans ce cadre, le régime des prestations familiales sera, à l’instar des autres régimes de sécurité sociale, un régime unique : le montant des prestations familiales sera identique pour toutes les catégories socioprofessionnelles ou citoyens de la république.
La résidence régulière au Gabon et la charge d’un ou plusieurs enfants vont constituer les conditions d’attribution de ces prestations familiales.
Dans ce cadre, ouvrira droit à ces dernières, tout enfant jusqu’à la fin de l’obligation scolaire (18 ans). Et son montant, qui sera déterminé d’après une base mensuelle de calcul fixé par décret, devra évoluer en fonction de l’inflation.
De la sorte, ces prestations familiales iront des prestations de naissance aux prestations pour handicapés en passant par l’allocation parentale d’éducation.
a.6.1. Les prestations de naissance
Elles vont donc consister en l’allocation pour jeune enfant, l’allocation pour garde d’enfant, l’allocation de rentrée scolaire, l’allocation d’éducation spéciale et enfin, en celle pour parent isolé.
a.6.1.1- L’allocation pour jeune enfant
L’allocation pour jeune enfant sera relative à un complément familial de revenu qui serait versé pour un enfant de moins de trois ans. Cette allocation partirait de la naissance de l’enfant jusqu’à ses trois ans révolues (age exact au troisième anniversaire) ce, sous réserve que les ressources du ménage ou de la personne qui élève ne dépasse pas un plafond à déterminer. Ce plafond devra varier selon le rang et le nombre des enfants à charge.
a.6.1.2- L’allocation de garde d’enfant
L’allocation de garde d’enfant sera, elle, attribuée aux familles employant une personne pour garder un ou plusieurs enfants de moins de six ans à leur domicile (ou à la crèche) lorsque chaque membre du couple (ou le parent seul) exerce une activité professionnelle minimale. Le montant de cette allocation sera déterminé par décret.
a.6.1.3- L’allocation de rentrée scolaire
Cette allocation, qui se devra être substantielle, sera versée aux allocataires dont les ressources ne dépasseront pas un certain plafond (à déterminer) et qui auront un ou plusieurs enfants soumis à l’obligation scolaire (6 à 18 ans). Elle sera versée dès le premier enfant du ménage ou à la personne seule dont les revenus seront inférieurs au plafond arrêté par décret ou par voie réglementaire.
a.6.1.4- L’allocation d’éducation spéciale : allocation pour enfants (congénitalement) handicapés physiques ou mentales
Cette allocation serait en faveur des parents d’enfants atteints d’une maladie, d’un handicap ou d’un accident grave. Elle serait attribuée, sous réserve (condition) de ressources ou de réduction d’activité, aux parents (personnes) à charge de l’enfant handicapé ou malade. Le montant de cette allocation sera fonction de l’activité restante de la personne ou du couple en charge de l’enfant malade, handicapé ou accidenté grave. Plus précisément, elle serait versée à toute personne qui assure la charge d’un enfant handicapé, malade ou handicapé, de moins de 20 ans atteint d’une incapacité permanente au moins égale à 80%. Un complément d’allocation pourrait être accordé en fonction de l’importance du handicap et des frais qu’il impose.
De même, ouvriraient également droit à cette allocation d’éducation spéciale, les enfants dont le taux d’incapacité permanente serait ≥ 50% et < 80% si et seulement s’ils bénéficient d’un placement dans un établissement d’éducation spéciale, si leur état exige le recours à un service d’éducation spéciale ou des soins à domicile.
a.6.2. L’allocation pour parent isolé
C’est un complément de revenu qui sera destiné à aider momentanément les personnes se retrouvant seules et sans ressources (suffisantes) avec un ou plusieurs enfants à charge. Elle va garantir, en fonction du nombre d’enfants à charge, un minimum mensuel de ressources fixé, par enfant et par mois, par décret ou voie réglementaire.
a.6.3. L’allocation pour adultes handicapés
Elle sera ouverte à tout citoyen gabonais ou résident sur le territoire qui aura dépassé l’âge de 18 ans s’il est atteint d’une incapacité permanente d’au moins 80% ou d’un taux inférieur s’il ne peut se procurer d’un emploi en raison de son handicap.
Toutefois, elle serait versée, sous conditions de ressources, par le régime compétent de l’organisme de sécurité sociale. Son montant mensuel sera déterminé par décret ou voie réglementaire.
a.6.4. Le minimum vieillesse
Ce sera une allocation forfaitaire qui serait versée aux personnes âgées se retrouvant seules, sans ressources (suffisantes) et dépendantes. Il s’agira notamment de personnes qui, à 60-65 ans, ne totalisent pas la durée requise de cotisations d’assurance vieillesse (35 annuités) pour bénéficier de cette pension à taux plein. Son montant serait déterminé par décret ou par voir réglementaire.
Ainsi se présente globalement l’ensemble des prestations familiales que devra disposer, en son sein, le nouveau système de sécurité sociale à mettre en place par les nouvelles autorités publiques gabonaises. Destinées, pour beaucoup d’entre elles, à être versées sous conditions de ressources, elles devront être accordées sur décision d’une commission de la branche compétente de l’organisme de sécurité sociale.
2- Les autres composantes de la protection sociale
Il s’agira essentiellement de la mutualité, de l’assurance chômage, du revenu minimum de solidarité (RMS).
a/ La mutualité
Sa promotion, au Gabon, à grande échelle va faire d’elle un des composantes essentielles de la protection sociale complémentaire et facultative. En plus des prestations complémentaires à l’assurance maladie qu’elles verseront toujours, elles pourraient également garantir des risques plus lourds et à plus long terme (vie-décès, invalidité, vieillesse…). De même, comme dans d’autres pays (Allemagne, France…), elle pourrait exercer une action sanitaire et sociale par la gestion d’établissements socio-sanitaires telles que les centres médicaux, les cabinets dentaires…
Toutefois, pour pouvoir exercer toutes ces activités, ces mutuelles devront être soumises à des règles prudentielles très stries, à un contrôle rigoureux.
b/ L’assurance chômage
C’est une assurance qui serait financée d’une part, par les cotisations des entreprises et des salariés et de l’autre, par l’impôt (l’Etat) dans le cadre de la politique de solidarité nationale. Dans cette optique, elle devra être paritairement (conjointement) gérée par les syndicats des employeurs (patrons) et des employés (salariés). Ce régime de solidarité aura pour but essentiel de recouvrer des ressources et de verser des prestations à des travailleurs qui, ayant perdu leur emploi, prétendront à un revenu de remplacement en attendant de retrouver un autre. Les cotisations de cette assurance chômage devront être assises sur les rémunérations brutes et à hauteur d’un taux de cotisation fixé par exemple à 5% dont 2,5% et 2,5% pour les salariés.
Toutefois, les salariés involontairement privés d’emploi devront, pour prétendre à cette allocation de chômage, justifier d’une durée minimale d’activité de 1.590 heures de travail soit 12 mois de cotisations sociales consécutifs. Par ailleurs, le versement de ces allocations de chômage devra être dégressif et subordonné à la signature d’un plan d’aide au retour à l’emploi lors de l’inscription comme demandeur d’emploi à l’office national de l’emploi (ONE).
c/ Le revenu minimum de solidarité (RMS)
Cette autre allocation de solidarité va notamment s’adresser aux catégories de personnes qui seront à la recherche d’un emploi mais qui ne remplissent pas les conditions exigées pour bénéficier de l’allocation d’assurance-chômage. Par ailleurs, les chômeurs de longue durée, qui auront déjà épuisé leurs droits d’assurance-chômage, pourront également prétendre à cette allocation.
De la sorte se présente le nouveau système de protection sociale indispensable à la promotion, quantitative et qualitative, du capital humain gabonais. Le Gabon, de par sa faible démographie (1,3 million d’habitants dont 800 à 900.000 d’autochtones) et ses énormes ressources naturelles et financières, a les moyens de financer une telle politique de protection sociale. D’inspiration keynésienne et autocentré, un tel système de protection sociale va donc permettre la stimulation de la demande globale (consommation, dépenses publiques…), de l’offre globale des biens et services et partant de là, une relance de la croissance économique et du développement. Le financement de cet ambitieux système de protection sociale sera être assuré d’une part, par les cotisations des salariés et des employeurs (assises sur les salaires et profits de ces derniers) et de l’autre, par l’Etat et ses impôts et taxes.
Jacques Janvier Rop’s Okoué Edou
Docteur en Economie et Finance Internationales,
Pr d'Economie à l'Université de Rimouski, à l'ENAP de Québec
et au Cégep de Limoilou (Canada)
"En Afrique, la situation est explosive"
Paul Collier : ” En Afrique, la situation est explosive “
Il s’agace des people (Bono et Bob Geldof) pris d’amour subit pour l’Afrique, transformés en gentlemen humanitaires, déteste leurs concerts géants “Live Aid”. Trente ans de recherche sur l’économie du développement, de lobbying dans les grandes organisations internationales n’ont pas eu raison de sa curiosité, de sa colère. Professeur d’économie à Oxford, ancien directeur de recherche à la Banque mondiale, pionnier de l’économie des conflits (branche de la science économique qui vise à évaluer le coût des guerres et leur prévention), Paul Collier défend inlassablement ses idées auprès des gouvernements occidentaux. Il déjeune avec Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, papote avec Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001, ne pense pas, comme son autre confrère Jeffrey Sachs, qu’une aide massive suffise.
Sa cible : le G8 et son action envers les pays les plus pauvres (à 70 % africains). Son outil : un essai grand public, best-seller international non traduit en France, truffé d’anecdotes. Sorte de “géostratégie pour les nuls”, The Bottom Billion (le ” milliard abandonné “) est pragmatique, utile. La lutte contre l’extrême pauvreté n’est pas une question d’argent ni de devoir, mais de gouvernance, d’engagement et de bon sens. Barbe poivre et sel, lunettes de rat de bibliothèque, regard pétillant, Paul Collier vient de recevoir le prix Arthur Ross, palme d’or mondiale des essais de politique étrangère. Il prépare un prochain livre sur la mascarade de la “démocratie instantanée”, ces processus d’élections décrétés par l’Occident dans des pays sous-développés terrassés par les conflits et la faim. Rencontre à Paris, entre conférence et Eurostar.
Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre grand public ?
L’envie m’en est venue en France, à Saint-Brieuc. J’accompagnais mon fils à la plage et je voyais tous les vacanciers en train de lire. J’ai compris que le pouvoir de décision était là. J’ai eu envie d’être lu par ces gens, à la plage. Leur dire que la politique qui consiste à faire de grandes déclarations ne satisfait personne. Les politiques du monde occidental à l’égard des pays les plus pauvres ne mènent nulle part. Nous n’avons pas aidé les bonnes personnes. Nous avons armé les forces d’opposition, nourri les divisions et les guerres civiles. Il faut que le grand public en prenne conscience pour que cela change.
Vous vous intéressez aux pays du bas de la pyramide. Ils représentent environ 1 milliard d’individus coincés dans la spirale du non-développement.
Pendant quarante ans, le défi du développement a été celui d’un monde de 1 milliard de riches et de 5 milliards de pauvres. La plupart de ces derniers vivent aujourd’hui dans des pays qui progressent, souvent à une vitesse incroyable. Le vrai défi du développement aujourd’hui est que 58 pays, essentiellement africains, restent à la traîne et s’écroulent. Leurs habitants vivent comme au xive siècle : ils subissent conflits violents, épidémies, pauvreté, espérance de vie faible. Ils savent que le xxie siècle existe et qu’ils sont laissés au bord de la route. Ils se sont enfoncés dans le chaos. Pendant ce temps, nous avons donné des leçons, disserté sur notre propre moralité, au lieu de nous attaquer à une tragédie très dangereuse. La situation est explosive.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
D’abord, ces pays ont raté une extraordinaire période de croissance économique, celle qui va des années 1960 jusqu’à maintenant. Ils ont raté le boom des matières premières des années 1970. Depuis, le contexte n’a fait qu’empirer pour eux. Nombre de pays ont réussi à entrer dans un cycle de développement. Ceux qui restent, les “bottom billion countries”, ont décroché.
Depuis des années, les grandes organisations internationales échouent dans ces pays.
Oui et non. Jusqu’à récemment, ces pays ne les intéressaient pas. Pour les employés de la Banque mondiale ou du FMI, aller dans ce genre de pays très pauvres, c’était le début ou la fin d’une carrière. Ces pays manquaient de prestige. On n’envoyait que les plus jeunes. Les Nations unies ont une meilleure approche. Elles récompensent financièrement les fonctionnaires qui acceptent des missions dans ces pays.
La Banque mondiale est-elle vouée à l’échec ?
Le personnel est démoralisé. Beaucoup de gens ont été promus bien au-delà de ce qu’ils auraient dû. C’est une institution aujourd’hui très contestée. Mais elle a maintenant un excellent président, Robert Zoellick, probablement le meilleur qu’elle ait connu. Il y a moins d’idéologie, plus d’action. Les changements récents de leadership à la tête des organisations internationales (FMI, Banque mondiale…) sont une bonne chose. Pour ces nouveaux dirigeants qui ne sont pas accrochés au passé, l’Afrique a un potentiel incroyable. Il faut repenser la question africaine.
Comment ?
Le monde dit “développé” est schizophrène : les grandes organisations considèrent que l’Afrique est perdue, qu’il est impossible de l’aider. Les agences de développement voient le continent avec un optimisme exagéré. Chez nous, la droite pense que tout ce qui arrive à l’Afrique est de sa faute. La gauche, empêtrée dans le souvenir de son passé, se considère responsable de tout. Nous ne sortons pas du prisme de la culpabilité. C’est le meilleur moyen de se démobiliser. Nous nous sommes habitués à l’échec de l’Afrique et finalement, nous ne faisons plus rien. Le débat porte uniquement sur nous, sur notre rôle : avons-nous l’obligation de réparer (la gauche), devons-nous maintenir l’aide de la communauté internationale (la droite) ? Jamais rien sur l’Afrique, sur ce qu’elle est ! Pourquoi ?
Que change l’arrivée de la Chine comme acteur du développement ?
Le sort de l’Afrique va se jouer entre la Chine, l’Inde et les Etats-Unis. Cette compétition est positive pour le continent. Mais le danger est qu’elle transforme cette région en une sorte d’autre Moyen-Orient : une région riche en ressources qui devient un enfer. Il est absolument vital que la Chine qui est à l’origine du boom récent des matières premières siège dans les institutions internationales et fasse partie de leurs instances dirigeantes.
Dans votre livre, vous expliquez comment certains pays se sont installés dans la pauvreté et les conflits, vous parlez de “trappe”.
Ces pays sont coincés dans au moins un des quatre pièges suivants : les conflits, la “malédiction” des ressources naturelles, l’enclavement géographique, la mauvaise gouvernance.
En quoi posséder des ressources naturelles est-il une “malédiction” ?
29 % des pays les plus pauvres au monde ont des ressources naturelles qui représentent au moins 50 % de leur PIB. Les populations sont toujours aussi pauvres. D’abord parce que cette richesse potentielle naturelle augmente le risque de conflit. Ensuite, ces revenus réguliers et sûrs encouragent des attitudes de rentier. Ils sont utilisés pour l’importation de produits manufacturés et non pas pour investir dans le secteur industriel national, seul socle d’un développement économique sur le moyen et le long termes. Enfin, les gouvernements sont vite tentés par le clientélisme. La démocratie résiste mal dans ces pays.
Comment devrait agir la communauté internationale ?
Nous ne sommes pas cohérents : soit nous protégeons les gouvernements sans condition. Soit nous ne les protégeons pas du tout. Nos stratégies politiques changent tout le temps. Ces pays sont dans une insécurité structurelle et les rebelles savent très bien comment manipuler nos opinions. Nous devrions limiter nos discussions sur l’Afrique à ce qui est important : les politiques commerciales, de sécurité, de gouvernance. Elle souffre de maux curables. Il faut s’attaquer à ces maux, et non calquer des recettes toutes faites en pensant qu’elles vont tout régler. Par exemple, les élections. Il est complètement naïf de croire que parce que vous organisez des élections, vous allez faire passer un pays du xive siècle à la Scandinavie actuelle ! Ce sera le thème de mon prochain livre.
Le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce s’est soldé par un échec en juillet. Quelles conséquences pour ces pays ?
Le Doha Round les aurait de toute façon peu aidés. Il aurait été profitable aux pays déjà lancés dans un cycle de développement, ceux qui ont réussi à entrer sur les marchés internationaux. Un accord mondial sur le commerce sera profitable aux pays du bas de la pyramide dépendants du seul marché des matières premières, s’il leur permet de diversifier leurs exportations. Il faut que la communauté internationale leur donne un accès privilégié et temporaire à de nouveaux marchés.
Comment pouvons-nous donner de l’espoir à ces pays très pauvres ?
Il faut absolument instaurer des règles de transparence internationale sur les revenus des industries extractives. Il est vital que les populations de ces pays tirent profit de leurs matières premières. Il est encore trop tôt pour savoir si le boom, qui vient d’être enrayé par la crise financière, a pu apporter des gains durables. Les pays du bas de la pyramide bénéficiant de revenus importants grâce à leurs exportations sont toujours dans une phase de développement très récente : les booms produisent de la croissance à court terme. Ce qui est fondamental c’est qu’une part suffisante de ces revenus soit utilisée de façon intelligente pour que le bénéfice soit durable.
Vue des pays du bas de la pyramide, qu’est-ce que la débâcle financière mondiale signifie ?
Les pays du bas de la pyramide vont souffrir de la baisse ponctuelle des cours des matières premières et de la réduction de l’aide aux pays en développement qui va probablement découler de la récession. L’inégalité économique dans un monde de plus en plus globalisé va devenir un cauchemar. Elle représente un risque énorme pour l’équilibre de notre monde, que nous n’osons pas encore affronter. Il est nécessaire que nous en prenions conscience. Un ” nous ” est déjà en train d’apparaître : le fait que les gens cherchent de nouvelles façons de penser, plus collectives, est une réelle source d’espoir. En Afrique, les personnes courageuses commencent à gagner, au Niger, en Tanzanie. On assiste à une recrudescence des accords de paix. Une tendance fragile mais qui existe.
Source: Le Monde
24 octobre 2008
Restituer aux citoyens africains les sommes détournées
Restituer aux citoyens africains les sommes détournées
Entre 100 et 180 milliards de dollars : ce serait la somme détourné par certains chefs d’États africains ces dernières décennies. S’il fallait aussi tenir compte des détournements opérés par leurs proches, les chiffres dépasseraient 1 000 milliards selon certaines estimations.
Alors que plusieurs pays du Sud sont les premiers touchés par la crise financière internationale actuelle et le théâtre des émeutes de la faim qui s’amplifient, la question de la restitution se pose avec une nouvelle acuité.
Comme le rappelle le site d’actualités malien "MaliJet", cet argent public détourné est investi bien loin des pays d’origine, y compris dans les paradis fiscaux.
Le phénomène n’est pas nouveau. En Suisse, les affaires se sont succédées, défrayant la chronique : fonds Montesinos (Pérou), Marcos (Philippines), Mobutu (ex-Zaïre), Abacha (Nigeria), etc. Plus récemment, Hussein (Irak), Salinas (Mexique) ou Duvalier (Haïti).
Comme le rappelle le quotidien ivoirien "L’Inter", la disproportion entre les sommes recherchées et les sommes rendues est édifiante. Ainsi, sur les quatre à cinq milliards de dollars de la fortune attribuée à Mobutu, seuls trois millions ont effectivement été restitués au nouveau gouvernement de Kinshasa, au terme d’une longue procédure.
Pour le Mali, la Suisse a certes rendu 2,4 millions de dollars du dirigeant Moussa Traoré (chassé du pouvoir en 1991), mais cela représente bien peu, sa fortune étant estimée à un ou deux milliards, provenant en partie de centaines de kilos d’or enfouis dans des caisses métalliques et expédiées en Suisse.
Sur les trois milliards de dollars de Charles Taylor (Liberia, 1989-1996), amassés sur la vente, entre autres, de diamants du sang, de trafic d’armes et de bois tropicaux, seuls 2,1 millions ont été bloqués en Suisse.
Là aussi, des experts s’interrogent : selon le journal "Jeune Afrique", on sait pourtant qu’en 2002, 25% des fonds en provenance d’Afrique et déposés dans les banques suisses étaient libériens. Monrovia y disposait ainsi de 3,8 milliards de dollars (placements faits par le gouvernement et fonds détournés). Une somme supérieure à celle placée par l’Afrique du Sud (2,4 milliards de dollars) ou le Nigeria (900 millions de dollars), selon les estimations de la Banque nationale suisse.
Les autres cas de ce type sont malheureusement très nombreux et les procédures sont bien longues et n’aboutissent que partiellement ou pas du tout.
En portant plainte en mars 2007 pour "recel de détournement d’argent public" contre plusieurs chefs d’Etat africains et leurs familles, qui auraient acquis en France des biens immobiliers grâce à des détournements d’argent public dans leur pays, les associations Survie, Sherpa (dont le fondateur est l’avocat William Bourdon) et la Fédération des Congolais de la Diaspora entendent dénoncer "un scandale qui n’a que trop duré". Leur action s’inscrit dans un vaste mouvement international de plaidoyer impulsé notamment par des ONG et des juristes, pour la saisie et la restitution de ces biens et avoirs mal-acquis.
Le 23 novembre 2007, la plainte était classée sans suite, "en raison notamment du fait que les infractions dénoncées ne seraient pas suffisamment caractérisées"…
Mais en juillet dernier, trois Gabonais et Congolais épaulés par l’association Transparacy International ont à nouveau déposé plainte à Paris pour le même motif, espérant cette fois forcer les portes de la justice française. Car la première plainte classée sans suite n’aura pas été vaine. En trois mois, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière avaient réalisé un impressionnant recensement. Quinze membres de la famille Bongo détiennent 70 comptes bancaires en France. Omar, le patriarche, possède onze adresses à Paris, dont un hôtel particulier acquis l’an dernier 19 millions d’euros, et cinq à Nice.
Chez les Nguesso, seize membres de la famille détiennent 111 comptes bancaires dans l’Hexagone. Chez les Obiang, Teodoro, fils du président guinéen, préfère les Etats-Unis (une villa de 35 millions de dollars à Malibu, un jet à 34 millions, un yacht comprenant un aquarium à requins…), mais dispose d’une Maserati à 709 000 euros pour ses déplacements parisiens.
Mais en dépit de cette avalanche de luxe, rien ne démontre, selon le parquet, que ce patrimoine proviendrait d’un pillage de fonds publics. Comme l’écrivait le journal Libération cet été, "Encore aurait-il fallu faire l’effort de creuser l’hypothèse"…
Tracfin, l’organisme antiblanchiment de Bercy, avait écrit au parquet à propos des dirigeants guinéens : "Les flux sont susceptibles de traduire le blanchiment d’un détournement de fonds publics". Quand à la famille Bongo, selon le Sénat américain, elle bénéficierait directement de 8,5 % du budget gabonais (110 millions de dollars par an), mais sans que cette «allocation présidentielle» ne figure dans les comptes de l’Etat.
Nicolas Sarkozy a souvent fustigé la "Françafrique" durant sa campagne présidentielle. Aujourd’hui, les pressions sont pourtant constantes pour que les procédures rappelées ci-dessus soient abandonnées et pour empêcher la restitution des fonds détournés aux citoyens africains. L’an dernier, afin de soutenir ce type d’actions en justice, le groupe socialiste avait soutenu lors de l’examen du projet de loi contre la corruption un amendement (du rapporteur) pour que des associations puissent se constituer partie civile. Celui-ci ne fut pas adopté par la majorité UMP…
L’actuel président de la République est un proche d’industriels tels Martin Bouygues ou Vincent Bolloré qui ont des intérêts considérables en Afrique.
Enfin, faut-il rappeler qu’Omar Bongo fut le premier chef d’État étranger reçu par Nicolas Sarkozy et qu’il reçu également Denis Sassou Nguesso qui déclara à la sorti de l’Élysée : "Tous les dirigeants du monde ont des châteaux et des palais, qu’ils soient du Golfe, d’Europe ou d’Afrique" ? …
Auteur: Jean-Louis Bianco
21 octobre 2008
BRAVO DOCTEUR MENGARA POUR TON BEAU ROMAN QUI FAIT DESORMAIS PARTIE DU PATRIMOINE CULTUREL GABONAIS
Gabon - Nouveau Roman: Le chant des chimpanzés (Auteur: Daniel Mengara)
Le chant des chimpanzés, Par Daniel Mengara, Cliquez pour agrandir image
Le chant des chimpanzés
Daniel Mengara
Le chant des chimpanzés est le récit d’un jeune garçon de dix ans qui, caché sous un lit, voit sa mère et ses deux petites sœurs sauvagement assassinées par des soldats venus nuitamment arrêter son père. Ayant par miracle échappé aux soldats, le jeune garçon découvre dix ans plus tard que son père est toujours vivant, quoique gardé secrètement prisonnier dans les geôles du Grand Camarade Président Trebla Dranreb Ognob, un dictateur sanguinaire qui règne d’une poigne de fer sur le pays imaginaire de Bibulu depuis quarante ans. S’ensuit alors un échange épistolaire clandestin entre père et fils qui mènera peu à peu, au travers de réflexions et de questionnements philosophiques, à une prise de conscience par le jeune homme des grands maux culturels et politiques qui ruinent l’Afrique. A la fin, au moment où la tension monte pour révéler un pays dévasté par les turbulences révolutionnaires, un seul choix s’impose au peuple : le chant des chimpanzés.
Le chant des chimpanzés offre au lecteur un nouveau regard sur le continent africain. C’est un regard qui, sans ambages, décortique et illumine les errements despotiques qui, en Afrique postcoloniale, ont condamné les peuples et les nations à des misères inexplicables. C’est enfin un regard qui, au travers d’un récit violent animé par un style d’écriture brutal et subversif, accuse, condamne et se porte résolument vers l’avenir.
[2]
Daniel Mengara est né à Minvoul, petite ville du nord du Gabon. Ayant fait ses études au Gabon, en France et aux Etats-Unis, il est actuellement professeur à Montclair State University (Etats-Unis) où il enseigne les littératures africaines et antillaises de langue française. Directeur de la Society of Research on African Studies (SORAC), Daniel Mengara est aussi le leader du BDP-Gabon Nouveau, mouvement politique activiste d’opposition qui travaille à la démocratisation du Gabon. Daniel Mengara est l’auteur de La représentation des groupes sociaux chez les romanciers noirs sud-africains (L’Harmattan) Images of Africa : Stereotypes and Realities (Africa World Press, 2001) et Mema (Roman en anglais, Heinemann/African Writers Series, 2003). Le chant des chimpanzés est son premier roman de langue française.
INFORMATION ACHAT
- [3] Editions L’Harmattan, ISBN : 978-2-296-03524-9 - Publication octobre 2008 • 244 pages - 22 Euros
- [4] Alapage.com, ISBN : 978-2-296-03524-9 - Publication octobre 2008 • 244 pages - 20,90 Euros
- [5] Amazon.Fr, ISBN : 978-2-296-03524-9 - Publication octobre 2008 • 244 pages - 20,90 Euros
| EXTRAIT 1 |
Ils l’ont emporté cette nuit-là. Ils l’ont surpris dans son sommeil. Ils sont venus en pleine nuit, brusquement, an-noncés seulement par le bruit assourdissant de moteurs de véhicules militaires. Ils se sont arrêtés devant chez nous dans un soudain crissement de pneus pressés affrontant sans pitié le gravier sec et poussiéreux de cette ingrate période de grande saison sèche. Crissement de pneus immé-diatement suivi du koup koup koup saccadé de brodequins atterrissant sauvagement sur la cour desséchée de notre vieille maison. Des ordres susurrés furtivement ; de lourds pas feutrés déployés tout autour de la maison, mais vite trahis par l’épouvante de poulaillers et de cochons dérangés dans leurs sommeils innocents. Puis, comme pour accentuer l’indicible profanation faite à la tranquillité sacrée de la nuit, le kom kom kom de poings impatients frappant bruyamment à la porte, et une voix rauque qui crie dans un fulasi approximatif — Au nom di Gran Camarat Présida dé la Répiblique, nous vous sommons d’ouvri immédiatéma cette porte ! |
EXTRAIT 2 |
” Bibulu se meurt, papa, et ce tyran en est responsable. L’immoralité accable Bibulu parce que le Grand Camarade Président l’a voulu ainsi. Il a donné l’exemple et le reste du pays a suivi. As-tu vu le nombre d’enfants bâtards pondus non seulement par ses sbires, mais aussi par lui-même de par le pays, enfants souvent abandonnés à eux-mêmes et dont certains errent par monts et par vaux comme des moutons sans berger ? Ces enfants issus du mensonge et de la trahison sont aux yeux de cette nation opprimée l’insupportable fruit des ravages faits à nos sœurs, mères et tantes par le Camarade Président. Le despote a tellement affamé et appauvri ce pays qu’il a acculé notre peuple à la prostitution qui souille le corps et avilit les esprits. |
EXTRAIT 3 |
” Père ! Le Colonel Medang, à cet instant de son récit, fit une pause. Son regard se promena quelques secondes dans l’inconnu. Pendant ces quelques secondes d’arrêt, je lus dans ses yeux des choses terribles qui me donnèrent le frisson. Ses yeux s’humectèrent de larmes vite séchées par la chaleur de midi. Je me rendis alors compte que l’histoire de la mort du président Mbana avait laissé en lui tout comme en les citoyens de cette nation traumatisée des séquelles durables qui n’avaient pas encore fini de s’estomper. Se ressaisissant, il reprit un récit qui avait fini par me fasciner au plus haut point. |
17 octobre 2008
VRAIMENT, LE RIDICULE NE TUE PAS. O. BONGO EST UNE HONTE POUR LE GABON, L'AFRIQUE ET LA RACE NEGRO-AFRICAINE
France : Omar Bongo condamné à rembourser un homme d'affaires |
La cour d'appel de Bordeaux a condamné mardi le président gabonais Omar Bongo à rembourser un homme d'affaires français, René Cardona, qui avait dû payer une somme de 457.000 euros avant d'être libéré d'une prison au Gabon en 1996. Selon le journal Sud-Ouest qui révèle l'affaire mercredi 1er octobre, René Cardona, ancien patron des Pêcheries de Libreville, avait vendu celles-ci à une société dont Omar Bongo et plusieurs membres de sa famille étaient actionnaires. Le président Omar Bongo peut se pourvoir en cassation, mais le jugement est exécutoire. © nouvelobs.com |
VRAIMENT PATHETIQUES CES ELITES POLITIQUES AFRICAINES (GABONAISES) QUI VIENNENT PLUTÔT EN VILLEGIATURE AU QUEBEC
Les Canadiens surpris par la taille des délégations africaines
Québec, Canada – Alors que le protocole ne prévoit que le président de la république plus quatre collaborateurs, certaines délégations africaines affichent de 40 à 80 personnes, suscitant la surprise des organisateurs canadiens du 12ème Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui se tient samedi et dimanche à Québec, au Canada.
Selon une source digne de foi, la délégation gabonaise au sommet compte 80 personnes tandis la délégation de la RD Congo est annoncée avec 60 personnes. La délégation nigérienne compte 30 personnes alors que celle du Congo ne compte pas moins de 40 personnes.
"C’est à ne pas croire : deux tiers de membres de certaines délégations n’ont rien à faire au sommet. Ce sont des membres de la clientèle politique", s’est emporté un journaliste congolais présent au Sommet.
Une trentaine de chefs d’Etat africains est attendue à ce 12ème Sommet francophone qui examinera, entre autres, la situation financière internationale, les questions environnementales ainsi que les crises dans l’espace francophone.
Québec - 16/10/2008
BIEN FAIT POUR L'IMPOSTEUR, DICTATEUR ET VOLEUR O. BONGO
La rencontre entre Jean Charest et O. Bongo est annulée
La rencontre que Jean Charest devait avoir avec le président gabonais Omar Bongo, hier après-midi, a finalement été annulée en raison d'un «conflit d'horaire».
Elle a été reportée «à une date ultérieure», selon un communiqué du premier ministre. Dans sa deuxième édition d'hier, Le Devoir avait signalé qu'une rencontre était prévue entre le chef de gouvernement québécois et le chef d'État gabonais, au pouvoir depuis 1967. En 1999, le Sénat américain a enquêté sur les avoirs placés à New York par M. Bongo et a conclu que de 1985 à 1997, ce dernier avait déposé 130 millions de dollars dans différents comptes bancaires à la Citibank, à New York. En 2007, l'Indicateur du Développement humain situait le Gabon au 119e rang sur 175 pays. L'entourage de M. Charest a soutenu que ce sont les Gabonais qui avaient reporté la rencontre. La délégation gabonaise n'a pas rappelé Le Devoir. À l'heure où il devait rencontrer M. Bongo, le premier ministre québécois s'est entretenu, à ses bureaux, avec le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.
Source: Le Devoir
14 octobre 2008
Wade et Bongo: demandez la fermeture des bases militaires avant de nous parler de « réciprocité » avec la France'
Wade prend les Africains pour des idiots en agissant ainsi. Lui qui n’arrive même pas à faire juger Hissène Habré, le pion Tchadien déchu, peut-il juger deux ex-premiers ministres de la France, puissance néocoloniale impénitente ? Wade dont le gouvernement n’arrive même pas à faire infliger des amendes aux chauffards qui violent les feux tricolores au Sénégal, peut-il oser juger deux hommes politiques français de premier plan ? Non, évidemment car Wade n’a ni les moyens, ni le courage encore moins la volonté de le faire.
Par Rodrigue KPOGLI
M. Wade et Bongo : demandez la fermeture des bases militaires avant de nous parler de « réciprocité » avec la France.
11 Octobre 2008
Le « Joola », cordon ombilical entre la région Sud de Casamance et le reste du Sénégal a coulé dans la nuit du 26 septembre 2002. Bilan : 1953 morts. Parmi ceux-ci, se trouvaient 22 Français. En France, leurs familles ont porté plainte en 2003 débouchant sur l’instruction ouverte à Evry pour "homicides involontaires et défaut d’assistance à personne en danger".
Les responsables de ce drame n'ont pas réellement été punis. Il est vrai que certaines têtes sont tombées politiquement et une certaine indemnisation pécuniaire a été attribuée aux familles des victimes. Mais le volet pénal du naufrage a été enterré par le vieux Wade et ses amis alors qu’il aurait été logique que Wade, un incapable majeur, un des joyeux néolibéraux africains, assume ses propres responsabilités avant tout.
Le 12 septembre 2008, Jean-Wilfried Noël, un juge d’Evry, en région parisienne délivrait neuf mandats d’arrêt internationaux contre de hauts dignitaires sénégalais, dont le premier ministre d’alors, Mame Madior Boye, pour leur responsabilité présumée dans le naufrage du "Joola". Ces mandats valant inculpation visent aussi l’ex-ministre des Forces armées Youba Sambou, l’ex-ministre des Transports Youssouf Sahko et de hauts responsables de l’armée dont le général Babacar Gaye, alors chef d’état-major général des armées ainsi que d’autres de la marine.
Quelques jours plus tard, le Sénégal riposta et annonça des poursuites contre le juge français pour "forfaiture et discrédit sur les institutions". Puis, évoquant la réciprocité, une plainte a été déposée contre Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, respectivement premier ministre et ministre de l’intérieur et de la sécurité d’alors, ainsi que Jacques Bravo, alors maire du 9ème arrondissement de Paris dans l’affaire de l’incendie de l’hôtel Paris Opéra qui avait fait deux morts et quatre blessés graves, tous ressortissants sénégalais.
Wade prend les Africains pour des idiots en agissant ainsi. Lui qui n’arrive même pas à faire juger Hissène Habré, le pion Tchadien déchu, peut-il juger deux ex-premiers ministres de la France, puissance néocoloniale impénitente ? Wade dont le gouvernement n’arrive même pas à faire infliger des amendes aux chauffards qui violent les feux tricolores au Sénégal, peut-il oser juger deux hommes politiques français de premier plan ? Non, évidemment car Wade n’a ni les moyens, ni le courage encore moins la volonté de le faire. Le Sénégal dépend sur de nombreux plans de la France. Du moins, officiellement. Pourtant dans les faits, c’est le contraire qui est vrai. Comme d’ailleurs pour tous les pays africains.
Cette histoire est donc, le rugissement d'un tigre en papier. Elle est destinée à noyer le poisson tout comme les expulsions de Français par Bongo du Gabon en "réciprocité" des expulsions des Africains en France. Le Valet ne peut oser punir son Maître. Ce sont des opérations de communication voire d’enfumage destinée à tromper le peuple africain et pour lui faire croire qu’il a des dirigeants responsables, capables de défendre ses intérêts face à des néocoloniaux français et d’ailleurs. En somme, faire croire au peuple, qu’ils sont à la barre. Il n’en est rien dans la réalité car, les dirigeants africains sont des pions contre notre peuple qu’ils méprisent, violent, volent et massacrent dans le but de satisfaire leur appétit et les intérêts de leurs mentors.
D’ailleurs, le vieux Wade qui rêve de transformer le Sénégal en un Togo-bis, est en train de positionner son fils Karim pour lui succéder. Et le fiston Karim se fait actuellement conseiller par Sarkozy qui l’a convaincu à l'Elysée le 20 août dernier de briguer la municipalité de Dakar. La Françafrique ne dort pas ! Le renouvellement des espèces de l’enclos françafricain est assuré. Et les affaires louches vont continuer avec ses fils-à-papa. Les Africains n’ont qu’à agrandir les cimetières ou se préparer à nettoyer au Karcher les écuries! La jeunesse est une fois encore interpellée. A elle de prendre le devant des choses en toute responsabilité.
Voilà des individus à qui il est demandé de fermer les bases militaires et de rompre les accords secrets de défense- véritables couteaux sur la gorge des peuples. Il est attendu d’eux un non ferme et définitif à l’aide et à la coopération qui ne sont rien que des astuces pour vider l’Afrique de ses richesses. Il est attendu d’eux une opposition aux règles inéquitables du commerce mondial propagées par l’OMC. Il est attendu d’eux, le rejet des fraudes électorales et des violences policières et militaires. Il leur est demandé de s’opposer aux impositions du FMI, de la Banque Mondiale et de leurs mentors. Il leur est demandé de relever leurs manches, de construire l’unité africaine, de créer des emplois, de s’occuper de la santé, de l’éducation et du bien-être du peuple. On attend qu’ils s’opposent aux monopoles des entreprises des puissances néocoloniales sur les marchés africains. On attend qu’ils refusent de soumettre le peuple au paiement de la dette. Rien de tout ça. Car, ce sont des valets locaux auxquels nous devons nous débarrasser impérativement. A défaut, ils offriront toujours cette illusion de souveraineté face à la France qui, pourtant les porte et maintient au pouvoir. Ils joueront toujours à la comédie devant le peuple.
Wade parle aujourd’hui de réciprocité alors qu’il n’a même pas pu lever le petit doigt contre le discours de Sarkozy sur la terre Sénégalaise. Au contraire, il dira que Sarkozy « est un ami de l’Afrique, victime de son nègre Henri Guaino ».
Le Sénégal n’est capable de quoi que ce soit contre la France sur cette question d'incendie à Paris et sur bien d'autres encore. La stratégie des pantins africains est de se donner une image de dirigeants responsables et indépendants des puissances néocoloniales. Ce qui est parfaitement faux.
Ces sautes d’humeur de « réciprocité » ne trompent personne. Wade et Bongo, deux vieux crocodiles dans la marre françafricaine, vous n’avez aucun crédit dans vos actes et paroles. Vous n’en aurez jamais. Osez demander le démantèlement des bases militaires françaises au Sénégal et Gabon à partir desquels la France contrôle l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, avant de nous parler de « réciprocité » judiciaire ou politique.
Rodrigue KPOGLI
11 octobre 2008
Pourquoi j'adhère au BDP du Dr D. Mengara Minko?
Chers compatriotes,
Il y’a quelques mois lors de ma démission de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) de P. Mamboundou, j’avais exprimé avec une certaine amertume et déception les raisons de mon retrait de ce parti.
Je suis un homme de passion. Aussi, je ne pouvais tolérer que des politiciens, uniquement pour des raisons matérielles ou financières, trahissent des idéaux originellement partagés et tournent le dos au projet collectif qui était le socle du parti.
J’avais donc éprouvé le sentiment d’avoir été trahi au regard du travail accompli au sein de l’UPG pendant six ans (2002-2008).
Le deuil de cette trahison, je l’ai fait et cela m’a pris quelques semaines pour m’en libérer ce, grâce notamment aux nombreuses lettres de félicitation de mon départ de l’UPG que j’ai reçues de la part des uns et des autres.
Toutefois, un de ces messages m’a beaucoup interpellé car il m’était adressé en ces termes : « bien Jacques Okoué, une fois parti de l’UPG, qu’est-ce que l’on fait maintenant ? »
A cette question, j’ai longuement réfléchi et trouvé la réponse en ces mots : « Eh bien, on retrousse les manches et l’on repart »
« Oui, mais recommencer, comment ? Avec qui ? » : Me suis-je demandé ?
Après mures réflexions, j’ai décidé que ce sera avec le mouvement « Bongo doit Partir » (BDP) du Docteur D. Mengara Minko ce, pour deux raisons essentielles.
La première raison est relative à la constance de la personne dans ses idéaux. C’est un intellectuel, un homme intègre qui n’a jamais trahi ses convictions originelles depuis la création de son mouvement (j’ai eu l’occasion d’observer durablement son action sur le terrain et il reste très crédible). De plus, il a un sens élevé de leadership de vision.
Il a toujours pensé que le décollage politique, économique, social et culturel du Gabon passe par le départ de O. Bongo de l’Etat gabonais, je le pense également.
Pour cette première raison, j’ai considéré qu’il fallait, en tant que citoyen concerné par l’avenir du Gabon, lui apporter mon soutien.
La seconde raison est liée au caractère social-démocrate de ce mouvement. Et moi, je crois également à la social-démocratie qui, entre autres, prône le partage équitable de la richesse nationale entre toutes les couches de la population gabonaise.
Cette social-démocratie est non seulement utile pour mettre fin aux privilèges que la bourgeoisie kleptocrate, satanique, cannibale et incompétente actuelle s’est octroyés mais aussi et surtout, pour prévenir des guerres civiles qui viendraient à casser le contrat social unissant les gabonais jusque-là.
Ainsi, à la différence d’autres leaders politiques qui parlent de cabale contre O. Bongo quant à son immense patrimoine immobilier français, le Docteur D. Mengara est resté le seul véritable opposant à dénoncer les crimes économiques et financiers du régime actuel au pouvoir.
Pour cela, je m’engage au sein du BDP pour mener avec mes nouveaux camarades une lutte contre le régime assassin de O. Bongo.
Cet acte matériel et symbolique fort de mon adhésion au sein du BDP marque une nouvelle étape de mon combat pour un Gabon meilleur.
C’est un acte citoyen et d’engagement qui n’a rien d’étonnant au regard du fil conducteur de ma démarche. J’ai été tour à tour sympathisant du Moréna Bûcheron de P. Mba Abessole puis, membre de l’UPG et aujourd’hui, j’adhère au BDP. Je reste donc fidèle à mes convictions.
Ensemble avec mes nouveaux camarades, nous nous attellerons à transformer ce mouvement en véritable parti politique structuré, discipliné et à implanter sur tout le territoire national.
Avec le BDP et à cause de mon profond amour pour le Gabon, je compte faire partager mes valeurs à mes nouveaux camarades.
Ces valeurs sont celles de liberté, d’égalité, de dignité des gabonais et des gabonaises, de responsabilité et de solidarité.
Je suis profondément pour une société d’économie mixte dont le socle sera l’intérêt général, le droit, pour toutes et tous, à la formation, au logement décent, à la santé, à l’égalité des chances, à l’égalité des hommes et des femmes, à l’insertion sociale et professionnelle…
Je suis profondément pour la laïcité et la défense des droits de l’Homme qui passent par le respect des droits de l’Homme, le respect du suffrage universel et du pluralisme, la garantie des libertés, la sécurité des personnes et des biens, le refus de toute discrimination fondée sur le sexe, la race et la religion, le refus de toute exploitation d’un peuple par un autre, le combat pour une Afrique politique, économique et sociale.
Pour tout cela, je compte avec mes nouveaux camarades faire du BDP un parti politique véritable et structuré dont il faut mûrir l’action et les perspectives dans la période post-Bongo qui, à mes yeux, est maintenant un homme du passé et du passif.
Avec mes nouveaux camarades, je compte faire du BDP un cadre fécond pour toutes celles et tous ceux qui veulent travailler à l’émancipation profonde et véritable du peuple gabonais sur la base des valeurs fondamentales de dignité, du travail, de justice sociale, de responsabilité…
Aussi, j’encourage toutes celles et tous ceux qui croient à mes convictions et à un Gabon meilleur à me rejoindre au sein du BDP. J’en appelle également aux déçus de la nouvelle realpolitik de P. Mamboundou (D. Mbadinga, F. Boussougou, G. Moussavou…).
Québec, le 10 Octobre 2008
Jacques Janvier Rop’s Okoué Edou,
Docteur en Economie et Finance Internationales
Pr d’Economie à l’Université de Rimouski, à l’ENAP de Québec et au Cégep de Limoilou (Canada)






L'homme d'affaires français, René Cardona, avait dû payer une somme de 457.000 euros avant d'être libéré d'une prison au Gabon en 1996, où il avait été emprisonné à la suite d'un litige financier avec le président gabonais.