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Chers lecteurs, comme vous le savez, nous ne serons jamais les adeptes de la langue de bois et nous abordons nos analyses du vécu et de la fin d’André Mba Obame, dans le même esprit. Pour ce blog, la maladie d’André Mba Obame, sa progression et inexorable conclusion n’a point de mystère; c’est un assassinat, nous le savons et nous le disons. Le bal des hypocrites s’arrête ici; que ceux qui préfèrent la langue de bois arrêtent de lire car la suite sera sans concession.
Il est évident que certains voudrons, comme a tenté de le faire une journaliste de France 24, insinuer que c’est par atavisme et croyance occulte que les Gabonais pensent qu’André Mba Obame ait été assassiné. Non, la réalité est tout le contraire car c’est parce que nous réfléchissons scientifiquement et de manière cartésienne que nous arrivons à la conclusion d’un empoisonnement, donc d’un assassinat. André Mba Obame a été tué pour une seule et simple raison : il avait la ferme ambition de diriger le Gabon ; et cela était en conflit avec les desseins de ceux qui pensent que ce pays est leur propriété.
D’aucuns viendrons nous dire que nos propos ne sont que des théories sans preuves, et nous leur répondrons sans ambages que l’histoire du Gabon depuis 1967 est ponctuée de morts douteuses, de crimes aux allures de nettoyages pour faire de la place, jamais éclaircis au demeurant, qui consolident nos positions. Souvenez-vous, chers lecteurs, dans un billet datant de plusieurs années déjà, à un moment où André Mba Obame était encore valide, nous vous disions avoir reçu des confidences d’amis de ce blog, bien informés de certaines choses, qui nous affirmaient avec insistance qu’il lui avait été administré le même poison qui eut raison d’Edith Bongo. Souvenez-vous de ce discours prémonitoire de Jean Ping, un autre personnage qui connait bien le sérail présidentiel, qui lançait un avertissement aux Gabonais en disant : «André Mba Obame a eu droit à plus de 10 poisons; regardez ce qu’ils ont fait de leur, regardez ce qu’ils ont fait de leur ami. S’ils peuvent faire cela de leur ami, que feraient-ils de vous ? » Chers lecteurs, ceci pour vous dire simplement qu’au Gabon, l’assassinat est utilisé comme arme politique, comme mode de promotion et comme forme de nettoyage. Parlant de nettoyage, Ali Bongo ne fait que ça depuis le milieu des années 2000 ; Edith Bongo fut sa première victime dans la guerre de succession, André Mba Obame n’est que le dernier en date; d’autre suivront.
Sans avoir la moindre inclination hagiographique à l’écart d’André Mba Obame, car nous le savons oh combien imparfait, il convient de préciser et d’inscrire de manière indélébile dans la conscience des Gabonais qu’Ali Bongo ne lui arrivait pas et ne lui arriverait jamais à la cheville, quel que soit l’unité de mesure ; et cela, le premier à le savoir était Ali Bongo. Par conséquent, quand André Mba Obame exprima ouvertement ses ambitions de diriger le Gabon, il signait son arrêt de mort car les forces voulant maintenir le Gabon sur l’orbite Bongo, le trouvaient extrêmement dangereux. A propos de la mort d’André Mba Obame, il reste assurément beaucoup de témoins à confesser, de placards à ouvrir, d'histoires nauséabondes à faire remonter à la surface, si l’on veut tout connaitre les méthodes et pratiques de ce régime à détruire. Mais il est incontestable aujourd’hui, pour tous les observateurs objectifs, qu’un André Mba Obame en possession de tous ses moyens humains et politiques, aurait causé d’énormes problèmes au régime.
Il est évident et nous n’avons vraiment pas besoin de le prouver, qu’André Mba Obame fut un personnage d’un incroyable talent et d’un intellect particulièrement brillant ; toujours major ou presque de ses promotions dans les différentes écoles qu'il a fréquentées, tant au Gabon, au Canada, qu'en France. Mais paradoxalement, comme beaucoup de sujets brillants qui se mettent de manière naturelle au-dessus d’un certain seuil de réflexion, il cachait mal trop d’ouverture dans la vie courante; une disponibilité qui a fini par avoir raison de lui. Chers lecteurs, être ouvert est une bonne chose et les gens intelligents le sont car ils savent que c’est par l’ouverture qu’on apprend. Mais au Gabon, dans le contexte du régime Bongo, être ouvert et afficher ses ambitions est particulièrement périlleux puisqu’on a affaire à des gens sans éducation particulière, sans scrupules car formés à la dure école de la fin qui justifie toujours les moyens. Avec ce genre de personnes, menacer de leur ravir leur pouvoir est une invitation à la mort car sans ce pouvoir, pour eux c’est le retour au néant ! Tous ceux qui ont menacé le pouvoir Bongo ont connu le même sort ; avis aux postulants, préparez-vous en conséquence !
Avec le recul, nous pouvons penser qu’André Mba Obame, du plus haut de sa puissance ou supposée telle, au sein du régime Bongo, ne savait pas à quel point il n'était aux yeux d’Ali Bongo, et ce quoi qu'il fasse, qu'un condamné à mort en sursis. Nous nous avancerons même à affirmer ici et maintenant qu’André Mba Obame n'était d'ailleurs pas le seul dans ce cas. Nombre de personnalités, dont certaines parmi les plus puissantes du régime comme Georges Rawiri, ont été ainsi condamnées à leur insu, à cause d'un scenario qui devait aboutir à ce que nous vivons aujourd’hui, ou tout simplement en raison de leur notoriété à l'intérieur du pays ou à l'extérieur. Pour les Bongo, et ils l’ont démontré à répétition, tout Gabonais qui, grâce à son talent, sa notoriété, son succès ou sa réussite, dans quelque domaine que ce soit, fait l’unanimité, est un homme ou femme leur portant ombrage et constituant de ce fait même un danger.
En brisant l’élan d’André Mba Obame, en éliminant tour à tour Rawiri et Edith Bongo, en s'attaquant à tout ce qui aurait pu viablement s’opposer à son installation au Gabon, qui empêchera Ali Bongo de refaire le Gabon à son image d’imposture, avec une infusion tous azimuts de Gabonais d’occasions ? Nous peuple Gabonais; oui c’est nous qui devrons briser ce cycle et renvoyer les Bongo à leur néant, ils s’y sentiront chez eux.
Source : Charlie M. - Le Gabon énervant