Moukagni suggère que « la réforme des institutions, de tout le système pour enfin aboutir à une réelle démocratie au Gabon. Le débat sur les élections au Gabon n’est pas possible tant qu’il n’y a pas de réformes. Nous ne pouvons pas aller aux élections si la situation est telle qu’on la présente aujourd’hui »

Ping affirme que Ali organisera ses élections avec ou sans l’opposition, ne pas y aller et faire la politique de la chaise vide c’est donner un mandat gratuit à BOA. Donc il est essentiel de mettre en place une stratégie d’endiguement de la fraude, de la supervision des élections et de leur proclamation par des institutions internationales neutres. Car Ali n’organisera jamais un dialogue inclusif national, et ne fera que gagner du temps. Même s’il organise ce dialogue ce sera au dernier moment de façon à prendre de court l’opposition qui ne sera pas prête.

Pour ma part les deux positions ne sont pas si éloignées. Le problème ne se situe pas tellement sur le plan des institutions à reformer, mais des personnes qui les incarnent. La loi portant disposations à toutes les élections locales, dite code électoral, est un instrument pertinent si et seuleument si les gens chargés de l’appliquer le font de façon honnête. Donc quelque soit la pertinence des changements des textes légaux des institutions qui vont être mis en oeuvre , la valeur de ceux-ci sera tributaire des personnes qui seront chargées de les appliqués. Les personnes qui sont chargées de les appliqués sont bien évidemment disqualifiées pour le faire vu la partialité dont elles font montre et vu la position qu’elles occupent dans l’échelle du pouvoir du régime.

La stratégie déployée à Bitam démontre que lorsque le scrutin est bien encadré et bien contrôlé aucune fraude n’est possible. En 2009 nous avons fait cette expérience à Bruxelles et dans certaines capitales européennes et le candidat de l’UPG est arrivé en tête devant Mba Obame et BOA en troisième position. Au Gabon c’est l’absence de contrôle du scrutin dans le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Lolo et l’Ogooué Ivindo, la transmission des résultats, la CENAP, la commission de centralisation, le Ministère de l’intérieur et la cour constitutionnelle qui a donné la victoire à BOA. Ne vaut-il pas mieux de mettre en place cette stratégie soutenue par la communaté internationale?

Il faut donc les remplacer par des personnes dont la neutralité et le sens du devoir constituent les valeurs intrinsèques. C’est difficile à trouver au Gabon, mais ils existent. Par ailleurs, il faut donner à des institutions internationales et aux ONG qui ont une expérience internationale en la matière toute la latitude pour organiser ces élections.

Pour moi c’est là ou se situe l’essentiel du débat. faire une campagne contre ces personnes par des pressions de toutes sortes: des pétiotions, du lobbying, des marches, des rencontres, des conférences etc à défaut de réussir une insurrection pour chasser le régime.

Le reste, qui consiste à débattre sur l’opportunité d’une candidature ou non est contre productif. Ce qu’il faut c’est un leader qui mene le combat sur le terrain. Et pour s’affirmer comme tel, il faut aller sur le terrain sensibiliser, convaincre et convertir la majorité silencieuse de notre peuple à l’imperieuse et vitale nécessité de s’engager derrière ce leader.

Auteur : Max Massoussa