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POUR UN GABON MEILLEUR!
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11 octobre 2008

L'AFRIQUE SE PORTERA MIEUX SANS SES DIRIGEANTS ACTUELS

Les milliards du pétrole s’accumulent mais le sort du plus grand nombre ne semble pas s’améliorer. Bien au contraire, il a nourri plusieurs conflits qui ont coûté des millions de morts. Le pétrole est-il une malédiction Le feuilleton Américano -Tchadien n’est que le dernier avatar en date de ce que l’ONG britannique Global Witness qualifie "d’épidémie mondiale de scandales financiers avec des milliards de dollars de revenus non comptabilisés dans certains des pays les plus pauvres du monde", au terme d’une enquête portant sur trois pays en Afrique, l’Angola, le Congo-Brazzaville et la Guinée équatoriale.

L’Afrique, avec environ 11% de la production et 9,4% des réserves mondiales de pétrole, est devenue un acteur majeur de la scène énergétique planétaire. Jean-Pierre FAVENNEC, de l’Institut Français de pétrole, estime que l’Afrique "est déjà, et deviendra encore plus dans le moyen terme, un acteur significatif… Les bruts de la région sont de bonne qualité, en général légers et peu sulfureux, et conviennent particulièrement aux raffineries européennes. En outre, grâce aux progrès technologiques, les gisements au large des côtes de l’Afrique de l’Ouest sont relativement faciles à exploiter. Ils sont en outre bien situés par rapport aux pays consommateurs de l’Europe et des Etats-Unis". 

En conséquence, les producteurs Africains amassent de plus en plus de milliards de dollars. Moins qu’ils auraient dû car les contrats sont souvent léonins. Et la Banque mondiale, qui s’était investie pour la transparence de l’utilisation des recettes pétrolières au Tchad, avait pudiquement fermé les yeux sur cet aspect. Mais cet argent n’a pas encore servi le développement. "L’or noir a bouleversé la structure des économies et bloqué le développement d’autres activités d’exportation, alimenté le clientélisme, la corruption et la bureaucratie, sans profiter aux plus démunis", et Jean-Marie CHEVALIER, professeur à l’Université Paris-Dauphine, de souligner que les indicateurs de développement des pays producteurs ne sont pas meilleurs que ceux des pays importateurs en Afrique ; ces indicateurs sont meilleurs au Burkina Faso (pays non producteur), qu’au Congo Brazzaville (pays producteur).

L’Union Africaine, généralement très prudente, estime que 148 milliards de dollars quittent chaque année le continent pour trouver refuge dans le système financier des pays développés. Et les élites, à elles seules, détiendraient entre 700 et 800 milliards de dollars dans des comptes à l’étranger. 

Une étude de l’Institut du développement à l’étranger (ODI), situé à Londres, établit qu’avec un prix du baril stabilisé à 55 dollars, les huit plus grands pays Africains exportateurs de pétrole – Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Nigeria, Soudan et Tchad – n’auraient pas besoin de recevoir d’aides étrangères pour financer leur développement. Et sur la base d’une augmentation de leur production de 30% d’ici à 2015, ils percevraient chaque année des surplus équivalant à 25 milliards de dollars, soit le montant total des aides supplémentaires promises par le G8 au continent Africain sur les cinq ans à venir. Ce qui fait dire à l’économiste Joseph STIGLITZ que ce dont ces pays producteurs ont besoin, "ce n’est pas un soutien financier extérieur plus important, c’est d’être aidé en vue d’obtenir la pleine valeur de leurs ressources et de bien dépenser l’argent reçu". Malgré les campagnes de Global Witness et d’organisations de la société civile Africaine, les compagnies étrangères et les pouvoirs locaux s’entendent pour retenir la publication des versements aux Etats.

Source: ANR

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