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3 août 2009

Gabon : Mamboundou voit rouge sur le fichier électoral

Le leader de l’Union du peuple gabonais (UPG, opposition), Pierre Mamboundou, candidat de l'Alliance pour le changement et la restauration (ACR), la coalition de l'opposition, a tenu une conférence de presse le 31 juillet dernier pour dénoncer les failles dans l’organisation de l’élection présidentielle du 30 août, notamment concernant la constitution du fichier électoral. Le leader de l’opposition gabonaise a dénoncé de nombreuses fraudes dans le recensement des électeurs, ainsi que la monopolisation des médias publics par le candidat du parti au pouvoir.

Alors que l’ouverture de la campagne électorale se rapproche à grands pas, le principal candidat de l’opposition, Pierre Mamboundou, investi par l'Alliance pour le changement et la restauration (ACR), a fait une sortie remarquée le 31 juillet dernier à Libreville pour dénoncer des zones d’ombres dans la préparation de l’élection du 30 août prochain.

A l’occasion d’une conférence de presse en présence des leaders politiques unis au sein de l’ACR, le leader de l’UPG a indexé des pratiques frauduleuses visant à falsifier le fichier électoral en faveur d’un candidat.

Il évoque notamment la «présence de nombreux centres d'inscription parallèles (…) créés dans certains lieux tenus secrets», avançant que «le domicile d'une des proches d'un certain candidat en est un».

Pierre Mamboundou affirme que «de nombreuses femmes et étrangers défilent à ce domicile les samedis» pour se faire inscrire, alors que les inscriptions sur les listes électorales ont été officiellement closes le 22 juillet dernier.

«La délivrance régulière des passeports au 5e étage de l’immeuble abritant les services de la Direction générale de la documentation et de l’immigration, à de nombreuses personnes convoyées en groupe de nationalités étrangères, celles-ci viennent généralement le samedi», a-t-il encore ajouté.

Des informations font également état de la «rétention de la délivrance des cartes nationales d'identité et passeports pour certaines ethnies (documents exigés aux électeurs pour voter, ndlr)», a ajouté le leader de l’UPG.

Il relate encore que «le président d’une institution constitutionnelle vient de faire les frais à Oyem de la démarche consistant à sensibiliser les populations au bénéfice du candidat du PDG».

Poursuivant l’énumération des zones d’ombres et manœuvres de falsification du fichier électoral, Pierre Mamboundou a évoqué l’«intensification des magouilles et de l’achat des consciences dans les centres et commissions électorales (…). Certains pays sont particulièrement visés, entres autres le Maroc, le Sénégal, le Bénin, le Liban, etc.».

Il s’est également insurgé contre l’appartenance plus ou moins directe au Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) des présidents des 121 commissions locales et consulaires récemment mises en place sur l’étendue du territoire national et dans les représentations étrangères afin de recenser les électeurs.

Au sujet de la polémique qui fait rage en ce moment, le candidat de l’opposition a exhorté le chef de l’Etat, Rose Rogombé, à régler au plus tôt la situation des ministres-candidats si «elle tient à préserver le peuple gabonais de tous dommages».

Il estime à cet effet que le candidat du PDG et ministre de la Défense nationale, Ali Bongo Ondimba, userait de son statut et de son influence pour espionner les autres candidats et obtenir des informations stratégiques sur eux. C’est d’ailleurs ce qui avait réuni 8 des candidats à l’élection présidentielle le 23 juillet dernier pour exiger la démission des ministres-candidats.

Pierre Mamboundou est enfin monté au créneau contre la prise en otage des médias publics par le candidat du PDG, dont toutes les manifestations politiques sont retransmises, à l'inverse des sorties officielles des autres candidats, en violation de l’article 95 de la Constitution nationale qui mandate le Conseil national de la communication (CNC) à veiller à l’équité dans le traitement des activités des partis ou associations politiques.

«Avec la diffusion des motions de soutien assurées exclusivement au même candidat sans que des dispositions similaires ne soient offertes à tous les autres candidats, nous pensons qu’il est temps de mettre un terme à cette pratique insidieuse», a ajouté le président de l’UPG.

«Pour montrer la gravité de la situation, il suffit de dire que la rétention d’un média des services publics constitue la preuve la plus emblématique du contrôle de ce dernier, aux abords de la période de campagne à l’occasion de laquelle il choisit de s’approprier les meilleurs plages horaires», dénonce enfin le candidat de l’ACR.

A moins de 15 jours de l’ouverture de la campagne électorale, le consensus national sur l’organisation de l’élection présidentielle est mis à rude épreuve et les autorités chargées de la transition devront répondre de ces accusations pour conserver la crédibilité de ce scrutin crucial pour la stabilité politique du pays.

Source : Gaboneco   
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