Dénonçant les conditions jugées scabreuses de préparation du scrutin présidentiel du 30 août prochain, conditions qui prépareraient le lit à un passage en force du candidat du parti au pouvoir le PDG, Ali Bongo Ondimba, près d’une quinzaine de candidats réunis au sein du collectif des candidats à la présidentielle, marquent leur détermination à faire entendre leur voix, par l’organisation d’une marche pacifique ce vendredi dans les rues de Libreville la capitale du pays.
Marche qui aura pour point de départ le carrefour Rio, épicentre des soulèvements de revendications d’ordre démocratique depuis le retour au pluralisme politique dans les années 1990. Le point de chute de cette marche pacifique sera le palais présidentiel, ou le collectif des candidats à la présidentielle du 30 août prochain, attendent depuis quelques temps d’être reçus par le chef de l’Etat par intérim Rose Francine Rogombe, suite à une demande d’audience antérieurement sollicitée aux fins de faire constater les irrégularités qui entacheraient l’actuel processus électoral.
Le collectif des candidats à la présidentielle du 30 août prochain au gabon, regroupe notamment Alliance pour le Changement et la Restauration dont le candidat est le leader du parti d’opposition, l’Union du Peuple Gabonais Pierre Mamboundou , l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement de l’opposant Zacharie Myboto. Autre parti d’opposition composant ce collectif, le Congrès pour la Démocratie et la Justice de Jules Aristide Bourdes Ogouliguende. L’on note également la présence au sein de ce collectif des candidats à la présidentielle, de près d’une dizaine d’indépendants, dont des anciens cadres du parti au pouvoir le PDG et qui ont décidé de se désolidariser, citons le Premier Ministre démissionnaire et ancien vice président du PDG Jean Eyeghe Ndong, et Casimir Oyé Mba, ancien hiérarque du PDG et ministre sortant en charge des hydrocarbures.
Cette plate forme politique de circonstance impulsée par l’opposition, tient visiblement à attirer l’attention de la communauté internationale, sur des griefs portant entre autre, sur des soupçons pesants de l’existence de centres parallèles d’inscription des électeurs qui auraient profité au camp au pouvoir, sur l’important retard qui serait accusé dans le processus d’ affichage de la liste électorale en vue de recueillir d’éventuelles réclamations, un processus d’affichage de la liste électorale qui devait selon ce collectif des candidats, intervenir le 30 juillet dernier avant la phase consistant à l’apurer.
Autre griefs énoncés, l’enregistrement massif des étrangers sur la dite liste électorale, la répartition illégale du temps d’antenne dans les médias publiques au profit du seul candidat de la formation au pouvoir le PDG, en plus, de l’exigence à cor et à cri, de la démission du gouvernement au nom de l’éthique politique, des deux ministres candidats à la présidentielle. Il s’agit de l’actuel détenteur du porte feuille de la défense, Ali Bongo Ondimba, porte étendard du parti démocratique gabonais le PDG au pouvoir, et du ministre en charge de l’enseignement technique et professionnelle, Pierre Claver Maganga Moussavou, qui défendra les couleurs du parti social démocrate PSD. La demande de ces démissions, fait l’objet de la collecte de plus de 3000 signatures à travers une pétition initiée par parti d’opposition, l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement(UGDD).
Un autre ancien hiérarque du PGD et candidat indépendant à ce scrutin, André Mba Obame, éminence crise du système Bongo-père et actuellement en froid avec Bongo-fils (Ali), déclare avoir mis fin le 4 août dernier à sa ‘’tournée citoyenne’’ entamée quelques semaines plus tôt, en raison de plusieurs tentatives d’entourloupe mêlées d’intimidations et de menaces physiques et verbales, qui seraient selon lui orchestrées par le gouvernement, tant à son encontre qu’à l’encontre de ses partisans. Des manœuvres dont la finalité serait selon André Mba Obame, l’obtention d’alibis visant à le disqualifier de la course à la présidence de la république, via la cour constitutionnelle.
Malgré les engagements pris par chacun des candidats, de préserver l’héritage de paix légué par feu le président Omar Bongo Ondimba, décédé le 8 juin dernier, les velléités de tension sont on ne peut plus perceptibles, au point que l’on ne semble pas loin du feu qui couverait sous la cendre. 23 candidats sont en lice, pour la présidentielle anticipée à un tour, programmée pour le 30 août prochain au Gabon
Source: KOACI
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