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26 mai 2011

OUATTARA OU LE DESPOTISME EN ACTION: VOUS AVEZ DIT «ADO SOLUTION»,«VIVRE ENSEMBLE»?

 

Photo : DR
 
 
Les ivoiriens traversent une très douloureuse tragédie depuis le 28 novembre 2010. Dans ces moments tragiques, leur président par effraction, depuis le 11 avril dernier, s’appelle «ADO SOLUTION». Ce fut en tout cas son slogan de campagne présidentielle. Peut-être savait-il qui allait faire une guerre, avec le soutien de sa sorcière nommée «communauté internationale», aux conséquences chaotiques pour les ivoiriens. C’était donc pour lui une façon de prévenir les ivoiriens et de les «rassurer» par ce langage mystique:«ADO SOLUTION». Ceux qui ont cru en la sincérité de ce slogan devraient prendre leur mal en patience. Ils ne devraient plus gémir ni se lamenter face à tous les problèmes et difficultés qui les assaillent. Ils ont la solution avec eux et pour eux: ADO solution est au «contrôle». Chanteront-ils l’hymne du désenchantement? Attendons pour voir et entendre….
Pour le moins qu’on puisse dire, ADO solution n’a pas de solution aux graves violations des droits de l’homme qui ont cours en Côte-d’Ivoire. Au contraire, il en ait responsable. L’État de droit est en dissolution. Le despotisme a pris corps et s’abreuve du sang des innocentes populations supposées lui être hostiles. C’est le règne du droit du plus fort, de la violence. L’oppression régnante est aveugle, parfois calculée et ciblée. Les victimes gémissent, crient et pleurent de douleurs. Mais leurs voix, loin de parvenir aux oreilles d’un libérateur, accompagnent la musique des kalachnikovs de leurs bourreaux dansant et festoyant en dévorant leurs proies. Autrefois, ceux qui parlaient d’exclusion se plaignaient d’être des victimes d’un supposé délit de faciès ou de patronyme lors des contrôles d’identité par les forces de l’ordre. Ces mêmes sont aujourd’hui des agents et incitateurs zélés de l’exclusion radicale, celle qui consiste a tuer impunément sur la base d’une appartenance ethnique ou politique différente de la leur.
Loukouahio est un village situé dans la sous-préfecture de Saïoua où règne l’injustice. Dans ce village, les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara, après avoir fait des victimes, exigent aux parents de chacune d’elles le paiement de la somme de 17000Fcfa pour leur enterrement sur leur propre terre. Le grand carrefour de Saïoua est devenu un passage à péage pour les rebelles: les piétons, les cyclistes, les motocyclistes et les automobilistes sont respectivement contraints à payer 200fcfa, 500fcfa, 1000fcfa et 1500fcfa. Au marché de Saïoua, un vieil homme, après avoir acheté des ignames avec un billet de 5000fcfa, a eu le malheur de réclamer sa monnaie. Il a été bastonné par des commerçants Haoussa (des nigériens, comme d’autres étrangers de la CEDEA, étant dans la logique selon laquelle le pouvoir de Ouattara est aussi leur pouvoir). Sa monnaie a été injustement confisquée. Depuis ce fait malheureux, les populations autochtones (les bétés) ne vont plus au marché sans avoir pris soin de préparer d’avance la monnaie.
Tous ces faits traduisent l’autre slogan de Dramane Ouattara, son «Vivre en semble»! C’est cela sa réconciliation! En réalité, sous ce mot de réconciliation, l’on a dessein de travailler à l’effectivité d’une résignation des opprimés en qui le ressentiment a déjà pris racine. Il est paradoxal et même absurde de dire vouloir la réconciliation et d’en saper le fondement.     

Auteur: ZEKA TOGUI

 
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