Ah, Ouattara ! Quel style ! Après IB, Chérif Ousmane, M. Frindéthié
Au moment-même où Soro Guillaume reprend les brides de la primature pour la seconde fois, une autre présence incommodante au sein de la galaxie ouattariste est sur le point d’être déplantée pour de bon. Peu importe que Ouattara fût en décembre 2007 le témoin et invité d’honneur au mariage de Chérif Ousmane dans la capitale burkinabé. Le temps est venu pour Chérif de partir, comme le temps vint pour Ibrahim Coulibaly (IB), garde du corps personnel des enfants de Ouattara, de partir. Et Ouattara prépare le départ de Chérif Ousmane en style. Cette fois-ci, c’est Human Right Watch, cette organisation connue pour ses accointances un peu trop particulières avec les Ouattara, qui s’en chargera, accusant nommément dans son dernier rapport Ousmane d’avoir personnellement exécuté ou ordonné l’exécution extrajudiciaire de plusieurs dizaines d’Ivoiriens fidèles au président Gbagbo. Ce qui fait sourire dans le rapport de HRW, ce n’est pas la réduction à la baisse du nombre des victimes de Chérif Ousmane – HRW nous a habitué à sa partialité en faveur de Ouattara. Ce qui fait vraiment sourire, c’est l’aisance avec laquelle le rapport de l’organisation semble disculper Ouattara lui-même, mettant ses tueries au compte de soldats indisciplinés, comme si les ordres d’exécutions extrajudiciaires ne venaient pas de Ouattara. Ce qui est curieux aussi, c’est la publication du rapport au moment où Soro Guillaume, qui à un moment fut accusé d’avoir attenté au poison à la vie de Chérif Ousmane, prend les rênes de la primature pour la seconde fois. Chérif Ousmane, ce chef de guerre ouattariste si adulé hier encore, est-il subitement devenu trop gênant ? Après tout, s’il venait à disparaître – de quelle manière que ce soit – qui se surprendrait à se plaindre de la disparition d’un tueur indexé par HRW – ou d’un autre chef de guerre qui en sait un peu trop ? Ah, Ouattara ! Quel style !
Auteur: M. Frindéthié