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POUR UN GABON MEILLEUR!
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POUR UN GABON MEILLEUR!
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5 novembre 2011

Lettre ouverte à monsieur Bruno Ben Moubmamba

Lettre ouverte à monsieur Bruno Ben Moubmamba
Vous n’allez pas vous demander pourquoi je vous adresse cette lettre ouverte, parce que nous nous parlons si souvent de la politique africaine, et surtout celle du Gabon, du Congo, bref…, toutes les questions inhérentes à la politique pratiquée en Afrique centrale sont des points sur lesquels nous analysons avec beaucoup de doigté. Mon premier contact avec vous remonte à 2009 lorsque, au bout de la ligne, je vous parlais déjà du livre que j’avais écrit sur le Gabon, livre portant le titre : «Du sang sur le mur du Gabon» dont j’avais même envoyé la page couverture au professeur Pierre André Kombila pour appréciation…

En ma qualité de militant des droits de l’homme et surtout en simple analyste des situations politiques en Afrique centrale, je me suis toujours penché du côté des peuples que l’on bâillonne à souhait par les tenants des pouvoirs politiques inhumains. Des colonialistes français de la françafrique associés à leurs valets locaux qui nous gouvernent depuis l’époque des indépendances jusqu’aujourd’hui en Afrique où l’on venait de célébrer son cinquantenaire d’existence qui a vu défiler plusieurs générations, c’est dire plus de 50 années, nous n’avons pas évolué d’un iota.

Mon constat est celui qui m’oblige à dire que si les Africains étaient vraiment unis, et jaloux de cette même indépendance, les blancs ne nous feraient pas souffrir dans nos pays où l’on assiste au pillage, au viol au vol et aux guerres, aux coups d’État et aux génocides décidés par les occidentaux avec la complicité des africains eux-mêmes.

Avons-nous la conviction sur le combat du développement dans nos pays ?
Savons-nous conserver les acquis de nos indépendances ?

Chacun de nous saura donner une réponse à ces questions.
Nous avons eu la maturité et surtout acquis l’intelligence de nous engager au développement de nos pays car nous sommes tous au top des mécanismes de l’évolution, mais nous ne parvenons jamais parce que nous ne sommes pas unis. Comment voulez donc qu’on réalise des victoires en rang dispersé ?

Nous savons bien parler avec éloquence dans la langue française et que partout, on excelle avec beaucoup de fierté en usant d’un langage muni d’un ton et d’un accent comme celui du blanc et surtout que nous savons lire et écrire dans cette même langue acquises à cause des rapports coloniaux que nous avons tissés avec l’occident.

Grande est l’admiration suscitée dans la quasi-totalité des pays africains surtout francophones d’avoir parmi nous des africains qui ont un parchemin élogieux ! Des docteurs, il y’en a des milliers dans chaque sous-régions d’Afrique.
La construction de nos pays nous interpelle en suivant les mécanismes établis dans chaque pays, surtout qu’aujourd’hui, la démocratisation de la vie publique semble gagner tous nos pays, provinces et villages.

Mais, en face de nous intellectuels, il y’a une population encore analphabète qu’on n’a pas parvenu à alphabétiser pour en faire un monde à part coupé du reste du monde, mais sur lequel nous soumettons notre complexe de supériorité. C’est finalement sur ce monde que nous nous basons pour réaliser nos desseins politiques en y allant pomper nos discours à peine mal compris par ce même monde qui nous admire dans notre arrogance et dans notre égoïsme même au niveau du savoir, parce que , comme je l’ai dit plus haut, nous avons été incapables de l’alphabétiser, Nous sommes incapables de lui apporter un modernisme en 50 ans d’indépendance. Ce monde n’est autre que celui qui est transformé en marchepieds des grands politiciens, de Libreville, de Brazzaville, de Yaoundé de Bangui, d’Abidjan, de Kigali, de Dakar de Conakry et j’en passe…. C’est un crime !

Tout en étant intellectuels, mais, tant de ratés constatés me permettent de dire sans ambages que nous ne savons pas avoir l’humilité de consulter la base militante de nos formations politique(le peuple) pour avoir leur avis, surtout pour le cas de l’UPG dont le leader respectable et charismatique venait de nous quitter. Je cite : monsieur Pierre Mamboundou.

Est-ce que la hiérarchie de l’UPG qui décide d’aller à l’élection législative, a-t-elle consulté le souverain primaire pour cette même fin ou bien parce ce qu’on parle un français académique ou parce qu’on est pressé d’aller occuper les bancs de l’assemblée pour des émoluments à gagner ou bien parce qu’on veut fouler du pied de simples règles d’usage ? On a lu votre déclaration dans Jeune Afrique sur ce point et vous y êtes favorable à cette même entreprise. Êtes-vous sérieux Ben Moubamba ? L’argument loufoque qui consiste à dire que si un parti n’est pas représenté à l’assemblée, est d’office sans voix dans le pays, est un argument totalement cynique pour faire croire à l’opinion que tout parti n’a plus droit d’existence, ne fut-ce qu’à organiser un meeting dans la rue, à son siège. Cet argument est plein d’escroquerie de la part du pouvoir. Et quel pouvoir ? Celui d’Ali Bongo issu de la fraude et du braquage électoral !

C’est ainsi que je viens d’apprendre le choix que vous venez de faire en intégrant les rangs de l’UPG dont le leader charismatique Pierre Mamboundou venait de nous quitter.

Votre liberté de choix étant garantie par la loi organique du Gabon, libre à vous d’y demeurer et pour cela, personne ne vous demandera des comptes. Mais seulement voilà...!

Cette attitude peut être qualifiée de repli identitaire et non pour poursuivre l’œuvre du président Pierre Mamboundou, mais pour causer aussi des frustrations à d’autres membres qui y sont depuis les premières heures de la création de l’UPG. Certes qu’en étant élu comme député dans votre circonscription, c’est une valeur ajoutée pour l’UPG qui aura un député supplémentaire : cependant toute cette stratégie serait bonne, si le pouvoir acceptait l’introduction de la biométrie à cause du tripatouillage qui est devenu comme un sport au PDG. Ainsi, l’attitude a observée est d’abord celle qu’ont voulue d’autres partis de l’opposition et la société civile représentée par le mouvement «ça suffit comme ça».

Ce n’est ni une façon de vous critiquer, loin s’en faut. Mais j’imagine que, même à partit du moment où vous êtes actif à parler de l’élection législative dans pareilles circonstances, sans au préalable observer le deuil de Pierre Mamboundou, certaines mauvaises langues ou mêmes, certains militants de l’UPG qui contestent formellement cette décision, peuvent vous accuser de profito-situationniste, à quelques heures seulement de la mort de son chef et de sa mise en terre pour décider faire une entrée à l’assemblée à travers une élection législative déjà critiquée. Sinon, on croira que vous le faite, non pas pour le bien du peuple ou de la circonscription électorale de votre choix, mais par calcul politicien.

C’est douloureux à vous le dire et, difficile sera votre tempérament à saisir la porté de ma réflexion ! Mais comme vous êtes enfant de Dieu comme moi, Il fallait bien que j’advienne à vous faire cette remarque pour que votre sens du devoir et votre conscience soient de plus en plus élevés au delà des limites de votre mérite bien poussé du reste en étant toujours une personne courageuse et bien cultivée de votre rang. 
Auteur: Gervais Mboumba, militant des droits de l’homme

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