13 janvier 2012
Gabon : Déclaration de l'opposition à la suite de la suspension de TV+ et du journal les echos du nord
Le Conseil national de la communication (CNC), en sa séance plénière extraordinaire tenue le 03 Janvier 2012, a décidé de la suspension des deux médias suivants : TV+ pour une durée de trois mois et le journal hebdomadaire ECHOS DU NORD pour une durée de deux mois.
Le motif que cette institution évoque est la diffusion par TV+ du discours de présentation de vœux à la nation de Monsieur André Mba Obame et la publication de cette information par le journal ECHOS DU NORD dans son édition du lundi 02 janvier 2012. Pour le conseil national de la communication la présentation des vœux à la nation est un acte républicain réservé au seul Chef de l’Etat.
Par la diffusion de ce discours le CNC dit s’appuyer sur les articles 94 de la constitution et 79 du code de la communication. Que disent ces deux articles ? L’article 94 de la constitution dispose que « la communication audiovisuelle et écrite est libre en République gabonaise, sous réserve du respect de l’ordre public, de la liberté et de la dignité des citoyens ». Quant à l’article 79 du code de la communication, il dit : « les informations diffusées par les chaînes de radiodiffusion et de télévision doivent être conformes aux exigences ci-dessus : éviter de porter atteinte à la sécurité, à l’ordre public, à l’unité nationale ; éviter la manipulation des consciences sous toutes ses formes ».
Au regard de ce qui précède, nous notons que le CNC a une lecture tout à fait spécieuse et orientée tant de la constitution gabonaise que du code de la communication. L’on est en droit de se demander en quoi la présentation des vœux est-elle un acte républicain réservé au Chef de l’Etat ? En quoi diffuser les vœux d’un citoyen troublerait-il l’ordre public ou encore constituerait-il une menace pour l’unité nationale ? Où est la manipulation des consciences ? En France sur qui nos institutions sont calquées, la présentation des vœux aux Français par les leaders des partis de l’opposition a été abondamment relayée par les médias.
Force est de relever ici que l’acte posé par le CNC obéit à des raisons inavouées visant à priver l’opposition de médias qui ont montré, avec quelques autres, leur indépendance d’un pouvoir usurpateur. Le CNC, depuis l’avènement de ce pouvoir, a multiplié des actes non pas de régulation mais de relai consistant à museler la presse libre et de liquider les moindres espaces de liberté. En deux ans nous relevons que les installations de la chaîne TV+ ont été bombardées par des militaires et son matériel confisqué sans que le CNC ne dise un mot.
Nous n’énumérerons pas ici les autres sanctions, menaces et formes de pressions qui ont pesé sur ce media et ses responsables. Quant à ECHOS DU NORD, c’est la deuxième sanction qui lui est infligée en l’espace de six mois toujours pour des raisons que l’institution de régulation ne saurait expliquer. Au cours du mois de juin 2011, le Directeur de la Publication de cet organe a été enlevé par des éléments de la Police Judiciaire après qu’il avait reçu, au mois de Mai 2011, des menaces d’un frère du président de la République. Tout cela pour avoir diffusé une information relative à l’acte de naissance de ce Président.
Fort de tout cela l’opposition gabonaise condamne ces actes de violation du droit des citoyens à l’information qui viennent déliter un climat politique et social déjà gangrené par les multiples illégalités de ce même pouvoir. Aussi, exige-t-elle la levée immédiate et sans condition de ces sanctions qui ne valorisent pas le Gabon et fragilisent la cohésion sociale.
L’Opposition appelle le CNC à se ressaisir et à jouer pleinement et objectivement son rôle : il doit notamment garantir l’accès équitable aux médias publics et promouvoir le débat démocratique contradictoire.
Nous attirons par la même occasion l’attention de la communauté internationale, à l’heure où le Gabon accueille l’un des plus grands rendez-vous sportifs, la Coupe d’Afrique des Nations, sur les violations des Droits des citoyens que continue de perpétrer le pouvoir aux travers des institutions désormais à sa solde.
Fait à Libreville, le 09 Janvier 2012
Le motif que cette institution évoque est la diffusion par TV+ du discours de présentation de vœux à la nation de Monsieur André Mba Obame et la publication de cette information par le journal ECHOS DU NORD dans son édition du lundi 02 janvier 2012. Pour le conseil national de la communication la présentation des vœux à la nation est un acte républicain réservé au seul Chef de l’Etat.
Par la diffusion de ce discours le CNC dit s’appuyer sur les articles 94 de la constitution et 79 du code de la communication. Que disent ces deux articles ? L’article 94 de la constitution dispose que « la communication audiovisuelle et écrite est libre en République gabonaise, sous réserve du respect de l’ordre public, de la liberté et de la dignité des citoyens ». Quant à l’article 79 du code de la communication, il dit : « les informations diffusées par les chaînes de radiodiffusion et de télévision doivent être conformes aux exigences ci-dessus : éviter de porter atteinte à la sécurité, à l’ordre public, à l’unité nationale ; éviter la manipulation des consciences sous toutes ses formes ».
Au regard de ce qui précède, nous notons que le CNC a une lecture tout à fait spécieuse et orientée tant de la constitution gabonaise que du code de la communication. L’on est en droit de se demander en quoi la présentation des vœux est-elle un acte républicain réservé au Chef de l’Etat ? En quoi diffuser les vœux d’un citoyen troublerait-il l’ordre public ou encore constituerait-il une menace pour l’unité nationale ? Où est la manipulation des consciences ? En France sur qui nos institutions sont calquées, la présentation des vœux aux Français par les leaders des partis de l’opposition a été abondamment relayée par les médias.
Force est de relever ici que l’acte posé par le CNC obéit à des raisons inavouées visant à priver l’opposition de médias qui ont montré, avec quelques autres, leur indépendance d’un pouvoir usurpateur. Le CNC, depuis l’avènement de ce pouvoir, a multiplié des actes non pas de régulation mais de relai consistant à museler la presse libre et de liquider les moindres espaces de liberté. En deux ans nous relevons que les installations de la chaîne TV+ ont été bombardées par des militaires et son matériel confisqué sans que le CNC ne dise un mot.
Nous n’énumérerons pas ici les autres sanctions, menaces et formes de pressions qui ont pesé sur ce media et ses responsables. Quant à ECHOS DU NORD, c’est la deuxième sanction qui lui est infligée en l’espace de six mois toujours pour des raisons que l’institution de régulation ne saurait expliquer. Au cours du mois de juin 2011, le Directeur de la Publication de cet organe a été enlevé par des éléments de la Police Judiciaire après qu’il avait reçu, au mois de Mai 2011, des menaces d’un frère du président de la République. Tout cela pour avoir diffusé une information relative à l’acte de naissance de ce Président.
Fort de tout cela l’opposition gabonaise condamne ces actes de violation du droit des citoyens à l’information qui viennent déliter un climat politique et social déjà gangrené par les multiples illégalités de ce même pouvoir. Aussi, exige-t-elle la levée immédiate et sans condition de ces sanctions qui ne valorisent pas le Gabon et fragilisent la cohésion sociale.
L’Opposition appelle le CNC à se ressaisir et à jouer pleinement et objectivement son rôle : il doit notamment garantir l’accès équitable aux médias publics et promouvoir le débat démocratique contradictoire.
Nous attirons par la même occasion l’attention de la communauté internationale, à l’heure où le Gabon accueille l’un des plus grands rendez-vous sportifs, la Coupe d’Afrique des Nations, sur les violations des Droits des citoyens que continue de perpétrer le pouvoir aux travers des institutions désormais à sa solde.
Fait à Libreville, le 09 Janvier 2012
Source: Gabonlibre.com
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