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POUR UN GABON MEILLEUR!
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29 février 2012

BON POINT À P.L. OVONO SUR LA CULTURE D'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES AXÉE SUR LA GESTION PAR LES RÉSULTATS

P.L. Ovono : "L’échec programmé du gouvernement de Raymond Ndong Sima: explication"
TEXTO DU JOUR : L’échec programmé du gouvernement de Raymond Ndong Sima: explication
 

Plutôt que de se polariser sur la politique de caniveau qui consiste à savoir si tel individu est fang ou punu, est originaire du nord, du sud ou de l’est, si tel piège contre tel adversaire politique va bien fonctionner pour l’affaiblir, arrêtons nous un moment sur les chances de réussite de l’équipe du nouveau premier ministre, équipe qui peut être qualifiée comme un bon crue, mais dont l’échec est à craindre principalement pour trois raisons:

Rappelons d’abord que le Gabon est une République avec une constitution qui codifie les rapports entre les différentes institutions. Dans cet ordre d’idée, le gouvernement et le parlement travaillent ensemble, celui-ci étant l’émanation de la majorité parlementaire.

Tout le monde a sans doute remarqué qu’il a fallu attendre l’entrée en fonction de la nouvelle assemblée nationale pour nommer ce gouvernement.

Pourtant, il se trouve que le parlement gabonais et notamment l’assemblée nationale n’est pas prête pour une culture de résultat favorable au développement du Gabon, les députés qui la compose sont en majorité des corrompus et des vieux roublards adeptes du tribalisme, du régionalisme, et de l’immobilisme ; ils feront obstacles à Raymond Ndong Sima, ce qui freinera le développement du Gabon , mais ça, ils n’en n’ont rien à cirer vu que ça fait 44 ans que les Nzouba, Assélé, Ngari, Andjembé, et consorts sont aux affaires et se sont accaparés les biens sociaux sans le moindre souci pour construire le Gabon.

Le deuxième petit caillou dans les chaussettes de Raymond Ndong Sima sera budgétaire. Sans une réelle réforme de la procédure budgétaire qui participe à la recherche du progrès et de la culture de résultat dans l’administration et les services publics, rien n’est possible. Il lui appartient donc d’introduire d’urgence une rationalisation des choix budgétaires c’est-à-dire de restructurer le budget sous forme d’un ensemble de programmes d’action et non plus selon l’approche traditionnelle en cours par ministère et par nature de dépense, et de fonder les décisions de dépense sur une prévision de leurs impacts socio-économiques. Cela accroitra l’efficacité de l’action publique dans tous les domaines (social, santé, transports, environnement, aides aux entreprises, etc.
Mais cette procédure doit être complétée par la programmation de la dépense.
Aussi convient-il d’inscrire de manière structurelle, la préoccupation des résultats au cœur de la discussion parlementaire. Ce qui signifie que les crédits doivent désormais être votés au parlement par missions (une mission comprend un ensemble de programmes concourant à une politique publique) constituées d’un ensemble de programmes (un programme regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre une action ou un ensemble cohérent d’actions relevant d’un ministère et auquel sont associés des objectifs précis, définis en fonction de finalités d’intérêt général, ainsi que des résultats attendus et faisant l’objet d’une évaluation).

Malgré les annonces, une telle réforme tarde à prendre corps en dépit des sommes colossales dépensées en séminaires par ce pouvoir.

Cependant, ce n’est pas tout que de procéder à des réformes si à des outils de contrôles existants on n’ajoute pas un véritable organe indépendant d’évaluation des politiques publiques. Ce qui suppose au préalable d’associer des indicateurs de résultats aux programmes, et procéder de façon systématique à l’évaluation de ces politiques pour vérifier la pertinence et la réussite des actions ; d’où la nécessité de l’institutionnalisation de l’évaluation des politiques publiques au Gabon.

De cela dépend la réussite du gouvernement de Raymond Ndong Sima, et la crédibilité des annonces de l’émergent en chef.

Mais au vu de la composition de l’actuelle assemblée nationale, avec Nzouba Ndama à sa tête, il est évident qu’Ali demeure prisonnier de ceux qui l’ont aidé à réaliser son putsch électoral de 2009, et ne soit pas au niveau pour relever ce défi.

 
Auteur: PETIT-LAMBERT OVONO - LE GABONOSCOPE
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