13 septembre 2012
APPEL À LA MISE EN PLACE D'UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE OU D'UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE!
LE DISCOURS D'ALI BONGO DEVANT LES DEUX CHAMBRES DU PARLEMENT: "JE NE VEUX PAS PERDRE LE POUVOIR"!
Chers lecteurs, la seule chose que nous pouvons retenir de l'adresse d'Ali Bongo à la session conjointe du parlement, est que parmi ses innombrables lieux communs rhétoriques, ce qu'il a voulu dire était en définitive très simple: il a voulu dire qu'il ne désirait pas mettre son pouvoir en danger en allant à une Conférence Nationale Souveraine. Le reste du discours ne mériterait aucun commentaire, puisqu'il a été fait de vieux slogans recyclés, d'arrogance, d'auto-importance et d’annonces non pertinentes à la résolution des problèmes de la population.
Avec la déclaration d'Ali Bongo de ne pas consentir à la Conférence Nationale Souveraine, le peuple gabonais a encore eu la preuve que, tout comme d'autres dictateurs, Ali Bongo s'accrocherait au pouvoir en dépit des souhaits et des désirs de la majorité de la population. Ce qu'Ali Bongo dit au peuple gabonais est: «Je suis au pouvoir et si vous le voulez, venez me le prendre!" Maintenant, il revient au peuple gabonais de réagir en conséquence. Dans son interview à Africa 24, l’activiste gabonais Marc Ona Essangui a expliqué succinctement la vacuité de la gouvernance d'Ali Bongo (voir la vidéo ci-dessus).
Ali Bongo voudrait que le peuple gabonais se dise que sa famille est indispensable et irremplaçable dans gouvernance du Gabon. C'est pourquoi il pratique la purge de toute personne qui pourrait être en désaccord avec lui ou même lui faire ombrage et préfère la compagnie de collaborateurs faibles d'esprit ou d’étrangers qui lui seraient totalement fidèles parce qu'ils ne se soucient pas du Gabon qui n'est pas leur pays.
Ali Bongo a dit clairement au peuple gabonais que la démocratie à part entière ne leur serait pas applicable ; que la véritable séparation des pouvoirs comme souhaitée par la majorité de la population ne se produirait jamais, tant que les rênes seront entre les mains de la famille Bongo ; que les gabonais vont continuer à assister à la concentration insidieuse du pouvoir autour d'Ali Bongo et que même officiellement à parti unique ou multipartite, le système politique gabonais va continuer à fonctionner selon les caprices des Bongos. Mais il revient aujourd’hui au peuple gabonais de finalement se décider à briser ce système, à l'endiguer une fois pour toutes.
Pendant combien de temps encore, va-t-on continuer à soumettre le peuple gabonais à l'humiliation d'être gouverné par des gens qu'il ne choisit pas? Il est grand temps pour que ceux qui connaissent au mieux ce système, ceux qui ont les moyens, les connaissances et la capacité de faire tomber ce régime, le fasse. Le temps n'est plus aux discours et aux promesses; non, en fait, ceux qui veulent aider le peuple devraient ranger leurs discours et leurs promesses et diriger à plein temps leurs efforts vers la mise en œuvre d'un changement de régime au Gabon. Pour l'opposition gabonaise, il est certainement agréable d’entendre que des enseignements ont été tirés des leçons du passé, de ce passé non censuré, de ce passé non sélectif, ce passé récent ; même s'il est parfois honteux et pénible. Mais maintenant, le temps est venu pour cette opposition de prouver qu'elle soit vraiment engagée à faire ce qu'elle peut pour que le changement parvienne au Gabon. Le temps est précieux et il ne faudrait pas laisser Ali Bongo en gagner, l'opposition devrait réagir immédiatement.
Comme le disent beaucoup d'entre nous depuis longtemps, c'est un exercice futile d'essayer de s'engager dans un dialogue constructif avec un dictateur, en particulier quand celui-ci croit détenir toutes les cartes en mains et pense pouvoir se permettre de jouer les durs et refuser la liberté de choix à la population. Ainsi présenté de ce fait, l'opposition ou plus exactement ceux qui au sein de l'opposition croient fermement qu’Ali Bongo doit partir, devraient élaborer et présenter au peuple gabonais un modèle de résistance et de conquête du pouvoir qui serait réalisable, compréhensible et logique aux yeux de tous. Les Gabonais ont déjà compris que la victoire contre des adversaires aussi solidement enracinés que le sont les Bongos au Gabon, nécessiterait de la persévérance et de la persistance. Ali Bongo n'a pas de considération pour le peuple gabonais et il est temps que les gabonais lui expriment la réciprocité.
Quelle est la portée d'un discours prononcé par un monarque devant un parlement représentant, en termes réels, seulement environ 10% de la population? Quelle était la responsabilité du monarque envers un tel parlement? On ne peut ni qualifier ni parler de ce schéma en terme de démocratie. Ali Bongo n'a de comptes à rendre à personne; ce qui signifie que son régime n’a cure des élections ou même de l'opinion publique. Il est temps pour les gabonais de reprendre leur pays, de sorte qu'un système de gouvernement qui est limité par la règle du droit et est tenu responsable devant ses habitants, puisse être établi.
Source: Charlie M. - Le Gabon énervant
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