19 janvier 2013
Une prestation audacieuse par des citoyens gabonais
Chers lecteurs, les choses changent dans notre pays et elles changent irrémédiablement. Le documentaire, "Reportage Sur Les Biens Mal Acquis des Présidents Africains: Pièces Á Conviction", diffusé mercredi dernier sur la chaîne de télévision française France 3, a démontré que si, dans le passé, d'autres documentaires de ce type avaient été produits, ce blog est d'avis que c'est la première fois qu'un tel documentaire met le citoyen gabonais au centre de la problématique et va directement au Gabon interviewer les gens et se faire une idée réelle de la difficulté des conditions sur le terrain. Ce documentaire montre aussi qu'il est possible pour un groupe déterminé de citoyen de travailler avec succès dans la clandestinité, avec des journalistes étranger, à l'insu des services de renseignement du régime, pas un mince exploit dans un pays comme le Gabon. Mais surtout, ce documentaire permet à tous les citoyens gabonais pour mesurer l'incroyable engagement de Marc Ona Essangui, Gregory Ngbwa Mintsa et Jean Christophe Owone Nguema, qui ont mis leur sécurité a l'épreuve et pris des risques personnels incroyables afin que la souffrance des populations gabonaises puisse être exposée au monde entier.
La percussion de ce documentaire et son énorme résonance, si nous en croyons les courriers qui nous sont fait à ce sujet, vient de l'authenticité du socle sur lequel il repose. Personne ne peut contester le bien-fondé des témoignages de Marc Ona Essangui, Gregory Ngbwa Mintsa et Jean Christophe Owone Nguema, car ce sont des témoignages que se font les gabonais entre-eux quotidiennement. Le documentaire est aussi narré selon une cadence et une présentation qui renvoient bien les réalités gabonaises; en ce sens que les absurdités que vivent les gabonais au quotidien sont mises en évidence. Par exemple, la journaliste française nous dit avoir elle-même été témoin pendant son séjour à Libreville d'une coupure d'eau d'une semaine et les images accompagnatrices nous montrent des files de gabonais bidons à la main, à la recherche du précieux liquide dont on nous précise qu'il coule partout au Gabon, sauf des robinets. La figure de style a la précision d'un laser. Surtout qu'entre temps, Marc Ona Essangui a été filme a Paris, devant certaines des somptueuse demeures appartenant au clan Bongo. Le clivage de niveau de vie entre les prédateurs et les populations est hymalayesque. Quand le même Marc Ona Essangui qui s'est fait dire à Paris par un des employés a la réfection de l'hôtel particulier Pozzo Di Borgo, acheté pour 100 million d'euros par Ali Bongo, qu'il ont cherché en vain un repreneur en France, personne n'étant disposé a dépenser et le prix d'achat et celui des réfections; se retrouve devant un terrain vague a Libreville expliquant que les crédits ont été alloués mais les travaux jamais exécutés, quoi de plus implacable?
C'est Jean-Christophe Owone Nguema qui amène la journaliste clandestinement à Oyem, la capitale du Woleu Ntem, pour lui montrer les conditions de vie là-bas. Le point central de cette visite étant que le plus grand hôpital de la province ne dispose pas d'eau courante. Certains ont de façon prévisible fait remarquer que le choix d'Oyem n'aurait pas été judicieux au regard des autres provinces. Ce blog est d'avis qu'il s'agit là d'une critique ratée puisque toutes les provinces rencontrent des problèmes similaires à ceux qui ont été montrés à Oyem et à ce titre, cette ville pourrait être représentative de l'ensemble du Gabon. Ce qui est important, est que Jean-Christophe Owone Nguema ait été en mesure d'articuler le fait qu'Ali Bongo ait hérité et perpétué la culture de gaspillage des ressources du pays et du pillage de son économie, tout en oppressant les populations.
L'intervention de Gregory Gregory Ngbwa Mintsa est plus philosophique. Il a, d'une manière convaincante, souligné le fait que ces dictateurs qui pillent leurs propres peuples au point de leur priver d'un niveau de vie décent, d'une capacité pour l'éducation, la santé, le logement, etc., sont tout aussi criminels que ceux qui s'attaquent à leurs peuples avec des armes à feu. Le résultat est le même, les gens finissent par mourir, soit parce qu'ils se font tirer dessus par les forces de sécurité du régime, ou à cause de trop de misère, c'est la même finalité. Que peut dire le régime Ali Bongo en réponse à cela, si ce n'est qu'observer un silence prévisible?
Ce documentaire nous montre que le régime Bongo est de moins en moins en mesure de contrôler la façon dont les choses se passent dans le pays et aura beaucoup de difficultés à contrer ce qui a été présenté par France 3. Le régime ne peut plus tromper personne. Le peuple gabonais en a assez d'un système qui fait la suppression de l'opposition et se maintient au pouvoir à l'aide d'élections truquées. L'état policier qui soutient la dictature est en désuétude. Lentement mais sûrement, le désir de liberté au Gabon devient plus fort que la capacité de répression du régime. La fin ne peut être que proche.
Source: Charlie M. - Le Gabon énervant
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