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12 juin 2013

Gabon: crimes rituels - la liste des personnalités soupçonnées dans Affaire du camerounais «Amadou Yogno» se rallonge

Gabon - Cameroun - crimes rituels : La liste des personnalités soupçonnées dans Affaire du camerounais «Amadou Yogno» se rallonge   

L’ancien ministre délégué à la Communication et actuel directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag) Rigobert Ikambouayat Ndeka a été entendu vendredi dernier.

Des sources gabonaises, le tribunal de première instance de Lambaréné, chargé du dossier, poursuit les auditions des principaux suspects et arrive presque au terme de cette première étape. Rigobert Ikambouayat Ndeka, ancien ministre délégué à la Communication et actuel directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag), moult fois cité nous indique le site gabonais Gabon review comme commanditaire de crimes rituels, aussi bien dans l’affaire du transporteur camerounais tué et soustrait de certains de ses organes le 21 janvier près de Ndjolè, que dans plusieurs autres affaires de crimes rituels, a été entendu le vendredi 7 juin à Lambaréné.

Son passage devant le juge d’instruction intervient après ceux d’autres personnalités de la ville de Booué comme lui : Raphaël Ngazouzet, ministre délégué au Budget ; Raymond Ngombéla, député de la commune de Booué ; Thomas Mellion, sénateur de la même localité, et Jean Mindoumbi, ancien ministre, ancien député puis sénateur, aujourd’hui ambassadeur au ministère des Affaires étrangères. Rien n’a été noté de l’audition de Pascal Désiré Missongo, ancien ministre, ancien député puis sénateur, aujourd’hui haut magistrat siégeant au palais de justice de Libreville, également cité dans l’affaire Amadou Yogno.

Selon des sources judiciaires gabonaises reprise par la presse de ce pays,  Rigobert Ikambouayat Ndeka a décliné la ligne de défense déjà développée dans un droit de réponse servi à l’hebdomadaire gabonais Echos du Nord.  Le patron des ports et rades du Gabon avait en effet écrit qu’il «n’existe pas le moindre indice matériel ou même intellectuel qui viendrait corroborer, ne serait-ce qu’un début de soupçon envers ma personne», soulignant que «jusqu’à ce jour, il n’existe aucune preuve à charge contre celui que, en publiant sa photographie à la une de votre journal, vous avez déjà choisi comme commanditaire». Il faisait alors allusion à la livraison du journal qui avait titré à la une, le 29 avril, «Crimes rituels : Ikambouayat, Nzouba et Ona Ondo doivent s’expliquer».

Comme dans son plaidoyer pro domo dans Echos du Nord, Rigobert Ikambouayat Ndeka, niant les faits qui lui sont attribués, a soutenu devant les juges de Lambaréné qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’une cabale orchestrée par ses adversaires politiques de la localité de Booué, résolus, selon lui, à avoir sa tête. Et de prendre, comme il l’avait déjà écrit dans sa réponse au journal sus cité, l’exemple d’un éco-garde perdu en forêt dont la disparition lui avait déjà été attribuée et malheureusement démentie par les faits lorsque l’éco-garde a été retrouvé. «On n’a pourtant aucune souvenance que la disparition de l’éco-garde lui ait été attribuée. Tout le monde accusait plutôt l’Agence des parcs nationaux», fait remarquer un cadre de l’administration publique ressortissant de Booué.

Ikambouayat Ndeka, arrivé à Lambaréné en compagnie de l’un de ses avocats,  a clamé son innocence jusqu’au bout, rappelant aux magistrats qu’il n’a jamais été cité par les détenus préventifs comme étant le commanditaire de l’assassinat d’Amadou Yogno ou encore moins de tout autre crime rituel. Il aurait soutenu mordicus que les aveux mettant en cause ses proches incarcérés à la prison centrale de Lambaréné ont été obtenus sous la torture. A ce sujet, il a brandi aux magistrats la lettre écrite par un certain Sembé Hindzé, présenté comme cerveau de l’affaire, dans laquelle celui-ci indique que deux gendarmes de la brigade de Setrag à Ndjolé lui avaient remis une liste des noms à citer en échange d’une disculpation.
L’enquête et l’instruction du dossier vont donc se poursuivre. Ikambouayat Ndeka a été laissé en liberté provisoire mais, selon une source proche du tribunal de Lambaréné, il devrait être, très prochainement, convoqué à la barre.

Source: Vivien Tonfack - La Nouvelle Expression
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