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POUR UN GABON MEILLEUR!
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POUR UN GABON MEILLEUR!
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30 décembre 2013

GABON: LETTRE OUVERTE DU BRILLANT JOURNALISTE J. MOULENDA À L'IMPOSTEUR ET VOLEUR ALI BEN BONGO 9%

  1. Notre compatriote Jonas Moulenda vient d’adresser une lettre que nous reproduisons ci-dessous, à Ali Bongo. Même si le contenu de la lettre appartient à son auteur et à lui seul, pour éviter au courageux Jonas Moulenda des mauvaises interprétations de sa pensée, nous voulons apporter notre grain de sel à son texte en précisant que lorsque notre compatriote écrit du cas Accrombessi et de ce que l’on appelle la «légion étrangère», ce n’est pas là une attaque ad hominem contre les Gabonais ayant une origine étrangère ou contre les communautés étrangères installées au Gabon. Les Gabonais refusent que leur destinée soit conduite par des gens connaissant peine le Gabon, n’ayant rien partagé avec les gabonais, arrivés au Gabon par génération spontanée et dont la principale préoccupation semble le pillage tous azimuts du pays. C’est cette «légion étrangère» prédatrice dont s’entoure Ali Bongo, que les gabonais rejettent. Il ne s’agit point de reflexe xénophobe, mais de patriotisme.

    Voici la lettre

    Lettre au Chef de l'Etat

    Monsieur le président,

    Dans quelques jours, vous passerez dans la joie, je l’espère, la fête de la Saint-Sylvestre. A l’aube de la nouvelle année, je ne peux que vous souhaiter mes vœux les meilleurs en mon nom propre et en celui du journal Echos du Nord. « La meilleure preuve d’amour qu’on puisse apporter à une girafe est de lui tricoter un foulard », disait mon grand-père.

    Je souhaite que l’année 2014 soit meilleure que 2013 dans notre pays. Mais cela ne sera possible que si vous menez une action plus résolue pour résoudre les problèmes qui turlupinent le peuple gabonais, à savoir le chômage, la cherté de la vie, l’insécurité, les crimes rituels, les injustices sociales, etc. Ces maux peuvent, à terme, provoquer des troubles. A partir de ce moment, même un compagnon concupiscent profitera de la confusion pour vous ravir le pouvoir. Mon aïeul disait : « Si un cabri te regarde dans les yeux sans respect, il finit par enlever ton igname braisée du feu ».

    Monsieur le président, je vous exhorte donc à rendre féconde la paix du Gabon que vous avez entre vos mains en la redistribuant à tous les citoyens. Quelles que soient les influences que vous pouvez subir, vous devez d'abord penser à votre paix intérieure, à celle de vos descendants et de tous les autres citoyens de ce pays. Vous ne devez donc pas poser des actes qui peuvent avoir une incidence sur la postérité. Mon grand-père disait: « La poule qui est accompagnée de ses poussins ne traverse pas le feu.»

    S’agissant des injustices, il serait souhaitable que vous cessiez de nommer des expatriés dans les instances décisionnelles de l’Etat, sous le fallacieux prétexte d’un manque de compétences nationales. En agissant de la sorte, vous créez des frustrations et attisez les rancœurs. Mon grand-père disait:« Qui nourrit les chiens des voisins mécontentent les siens.» Monsieur le président, n’y a-t-il pas un Gabonais de pure souche pour être votre directeur de cabinet à place du Béninois Maixant Accrombessi ?

    Les Béninois vous auraient-il accepté directeur de cabinet de Yayi Boni ? Un effort de mémoire me permet, en effet, de me rappeler du sort qu’ils avaient été réservé au marabout malien Mohamed Cissé, que le président Kérékou avait nommé au poste de ministre d’Etat. Ce dernier était retourné dans son pays dans un cercueil. Je ne dis pas qu’il faut que les Gabonais réservent le même sort à M. Accrombessi mais il est temps que vous le remplaciez par un Gabonais de pure souche. Ce n’est pas de la xénophobie, loin s’en faut. « Tant que le chien n’est pas mort, la chèvre ne peut pas porter le grelot, » disait encore mon papy. M. Accrombessi peut continuer à vous servir ailleurs. Il peut, par exemple, gérer vos affaires puisque vous êtes un président-commerçant.

    Un autre problème que vous vous devez de résoudre en 2014 est le nombrilisme qui est un trait de caractère chez vos compagnons politiques et vous-même. En fait, vous vous comportez comme si le Gabon était votre titre foncier, gérant le pays seuls, sans associer toutes les intelligences. Cela vient de se vérifier avec les dernières élections locales. Pour parvenir à leurs fins, vos compagnons ont usé de moyens les plus sordides. Mais les Gabonais en ont marre ! Tôt ou tard, ils finiront par faire sauter le verrou. Mon grand-père disait:« Si un aveugle te menace de lapidation, c’est qu’il a déjà un pied sur un caillou. »

    Chaque fois que vous vous trouverez avec vos compagnons dans vos messes basses, dites-vous que si vous êtes des rois aujourd'hui à cause des parcelles de pouvoir que vous occupez, vous pourrez devenir vulnérables demain quand vous ne serez plus aux affaires. A partir de ce moment, les citoyens que vous narguez aujourd'hui pourront vous régler des comptes. C'est encore mon aïeul qui disait: « Quand l'eau monte, les poissons mangent les fourmis. Quand l'eau baisse, les fourmis mangent les poissons.»

    Vous avez le pouvoir de sortir notre pays de l’ornière. Malheureusement, vous l’utilisez à d’autres fins. Même les forces de sécurité et de défense profitent de leur statut pour menacer la population de mort, voire passer à l’acte. Finalement, Al Moutanabbi n’avait pas tort, lui qui disait: « Chaque fois que le temps a fait croire un bâton, au bout du bâton, l'homme a mis une lance. » Monsieur le président, il est de choses qui paraissent négligeables, mais lourdes de conséquences. «Le morceau de bois qui renverse la pirogue n'est pas forcément gros,» disait encore mon aïeul.

    Votre pouvoir passe le plus clair de son temps à persécuter ceux qui ne sont pas ses chantres. Dois-je comprendre par là que vous voulez créer un pays où ne vivraient uniquement que des béni-oui-oui ? Certains de vos proches vont jusqu’à planifier l’assassinat de certains journalistes parce qu’ils sont des empêcheurs de tourner en rond. Mais nous nous en tamponnons le coquillard ! « Quand les chats se mettent à prédire, les souris se mettent à rire,» disait d’ailleurs mon grand-père.

    Si vous ne voulez pas des critiques acerbes, ne posez pas des actes qui vous y exposent. Il est inutile de persécuter ceux qui vous aident à vous redresser. Quels que soient vos appétits boulimiques du pouvoir, n'oubliez pas que la patrie est notre matrice commune la plus chère. Car, l'on n'est bien que chez soi. Si vous transformez le Gabon en un champ de bataille, vous ne vous sentirez pas en paix même en territoire étranger où vous pourrez être amenés à vous réfugier. « Vous pouvez arracher l'homme du pays, mais ne pouvez pas arracher le pays du cœur de l'homme,» a dit John Dos Passos.

    Monsieur le Président, je n'avais nullement l'intention de faire un procès en sorcellerie à qui que ce soit. J'ai juste voulu attirer votre attention sur les problèmes qui préoccupent les Gabonais. Si cela me vaut un bouillon d'onze heures de la part de ceux qui seront gênés aux entournures, je m'inclinerai. « Le fruit qui a la tête en bas n'a pas peur de tomber,» disait mon grand-père.

    Auteur : Jonas Moulenda
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