(Photo: archives)
Les pauvres émergents vont être obligés, comme sur l’image que nous vous présentons ci-dessus, de casser toutes les calculatrices, pour éviter que les gabonais pensants ne leur rappellent leurs mirobolantes prédictions mensongères sur l’état de l’économie et des finances du pays, mais surtout sur leur mode de gestion des finances publiques. En effet chers lecteurs, au sortir de son dernier Conseil des Ministres, le régime Ali Bongo vient d’annoncer la réduction des prévisions budgétaires pour l’année en cours de près de 400 milliards de francs CFA, soit environ 15% du total de ce budget.
Nous allons passer outre les futiles raisons que les émergents ont avancé pour justifier cette réduction, car ces raisons sont imaginaires dans leur ensemble, la réalité étant que les finances publiques soient exsangues car ne résistant pas aux multiples ponctions et désordres financiers en tout genre que leur font subir Ali Bongo et sa clique. Les caisses de l’Etat sont vides et dans ces cas-là, on doit tout revoir à la baisse. Au Gabon, personne ne vous dira officiellement ce genre de vérité, et ceux qui osent peuvent se retrouver les intestins dehors comme notre très valeureux Albert Ondo Ossa, qui le premier avait eu le courage de dire au Gabonais que les finances publiques étaient à sec et que le pays fonctionnait d’emprunts à court termes en emprunts à court termes.
Les émergents viennent aussi d’inventer une nouvelle doctrine économique; celle qui veut que la croissance économique rime avec l’assèchement des finances publiques. C’est la théorie économique du monde à l’envers. Dans les pays normaux, quand l’économie est annoncée en croissance, les recettes de l’Etat par effet d’entrainement augmentent, cette augmentation conduit aussi inévitablement à un accroissement du budget car ces recettes doivent être réinvesties au service de la population. Mais ça c’est dans les pays normaux ! Par contre, au pays des Bongo, les chiffres officiels publiés par le régime nous disent que la croissance économique a été de 6,7% en 2010, de 7% en 2011, de 6% en 2012 et de 5,5% en 2013. Devant une telle santé économique, on aurait été en droit de penser que les caisses de l’Etat se retrouveraient rembourrées; mais nous faisons face à tout le contraire d’une santé financière robuste. Le Gabon est le seul pays au monde où la croissance économique continue s’accompagne d’un appauvrissement persistant des populations et de difficultés croissantes de l’Etat à honorer ses engagements. Voilà une étude de cas que l’on devrait potasser dans les plus grandes Business Schools du monde : comment devient-on plus pauvre en période de croissance économique ? Ils sont forts ces émergents !
Un régime habitué à tricher à tous les niveaux, pensera forcement qu’il peut aussi tricher avec l’économie. Qu’il peut balancer de faux chiffres sur la croissance, sur les budgets, sur les recettes et les dépenses, et que puisque de toutes les façons ce sont eux qui contrôlent tous les leviers du pays, les Gabonais n’y verront que du feu. Mais le problème est que si on peut truquer une élection et s’imposer président même si tout le monde sait qu’Ali Bongo est un président d’opérette, on ne peut pas truquer une économie. On ne peut pas prétendre que les réfrigérateurs des Gabonais soient pleins quand la réalité est que ceux-ci soient désespérément vides. On ne peut pas dire que les Gabonais aient l’eau et l’électricité quand la réalité est que même à Agondjé chez bien des émergents, l’eau potable coulant du robinet tient souvent du miracle. On ne peut pas convaincre les Gabonais d’un assainissement des dépenses de l’Etat quand ils voient de leurs propres yeux l’argent du Gabon se volatiliser dans les facéties de Richard Attias, et les fantaisies d’Ali Bongo qui n’arrête plus de flamber avec l’argent public.
Le plus désolant dans tout ça, est que le régime est tellement inepte, qu’à chaque fois qu’il cherche à communiquer sur l’économie et à présenter au public ses prévisions chiffrées, on a l’impression que ses chiffres aient été tirés au dés, au hasard ; on a la certitude que leurs prévisions de croissance sont régulièrement surévaluées comparées aux données internationales. Au final, les émergents, en voulant tromper le peuple avec des faux chiffres, ne trompent qu’eux-mêmes qui les trafiquent, car le peuple Gabonais sait désormais que l’empereur est nu. Quand Ali Bongo parlait des 5000 logements, il pensait certainement que les Gabonais allaient oublier… ; où en sommes-nous aujourd’hui ? Où sont les universités promises dans les provinces ? Où sont les barrages hydroélectriques promis ? Où est la zone industrielle de Nkok ? Où est la croissance économique ? Où sont les dividendes de cette croissance élaborée à grand renfort de mensonges pour sauver le soldat Ali Bongo? Pourquoi tous les indicateurs économiques sont en sens contraire de ceux auxquels on devrait s’attendre dans un pays en croissance ?
Casser la calculatrice; affaiblir l’école gabonaise ; pour qu’on ne sache plus compter ni les chômeurs, ni les mécontents, ni l’argent public détourné, ni les grévistes, ni les indemnités impayées, ni la contestation étudiante. Sous les Bongo, on peut dire que le Gabon n’est plus riche que de ses souvenirs. Vivement qu’Albert Ondo Ossa se rétablisse vite pour nous expliquer tout ça ! La manière dont les émergents se moquent des chiffres est à vous écœurer des mathématiques…
Source : Charlie M. - Le Gabon énervant
