POUR UNE VERITABLE POLITIQUE DE SANTE AU GABON (PARTIE I)
INTRODUCTION
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : « le concept de santé est un état de complet bien-être physique, mental et social ». En ce sens, la santé déborde très largement le domaine de la médecine pour englober dans ses ambitions utopiques tout l’humain.
Toutefois, si tel est l’entendement de l'OMS du concept de « bonne santé », la situation empirique au Gabon est, elle, globalement celle-ci : les hôpitaux publics ne sont que des mouroirs car sans médicaments, sans personnel qualifié, sans matériel adéquat avec des femmes qui fécondent à même le sol…
Les inégalités sociales se sont accentuées au sens où il y'a existence, au Gabon, d’un certain dualisme. D’un côté, il y’a un secteur privé caractérisé par d’unités sanitaires modernes (polyclinique Chambrier, EL RAFA …) équipées de médicaments et autres matériels adéquats, un personnel compétent… De l’autre, il y’a le secteur public caractérisé par d’unités sanitaires rudimentaires (hôpital général de Libreville…) avec son lot de problèmes (manque de médicaments de base ou génériques et autres matériels adéquats, surpeuplement de services, carence qualitative et quantitative de personnel, déboursement élevé, par les gabonais, des sommes d’argent pour leurs consultations médicales… ).
Dans ce contexte, ces inégalités en matière sanitaire ont conduit à une augmentation phénoménale de la mortalité et notamment de celle infantile dont le taux de 15,6‰ se révèle paradoxalement plus fort que ceux des pays (moins riches en termes de revenu per capita) comme le Ghana (12,7‰), le Cameroun (11,8‰), le Costa Rica (3,8‰).
Par ailleurs, son espérance de vie de 52 ans se révèle être également plus faible que celles des pays supra cités (54,6ans pour le Ghana, 57 ans pour le Cameroun et 67 ans pour le Costa Rica).
Le système sanitaire est dans un tel état de dégénérescence qu’une véritable politique de santé s’impose, dans ce pays, pour améliorer le capital sanitaire (humain) gabonais, déficitaire qualitativement et quantitativement.
Cette politique de santé doit comporter des objectifs de nature qualitative et quantitative qui se voudront concrets et ambitieux, réalistes et réalisables, appropriés dans le temps, et traduits dans des actions susceptibles de prévenir, de soigner ou de guérir les maladies, imperfections organiques, fonctionnelles ou psychiques qui peuvent compromettre, limiter ou interdire l’activité familiale, professionnelle ou sociale d’un individu.
Elle doit également recouvrer l’ensemble des moyens juridiques (lois et règlements), institutionnels, humains, techniques, économiques, financiers et budgétaires susceptibles d’empêcher l’apparition des maladies ou faire régresser celles qui se sont déclarées dans une perspective très large de protection de la santé publique.
Dans ce cadre, les assurances sociales auront à jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de l’état de santé de la population.
A l’instar du système de protection socio-sanitaire allemand mis en œuvre par O. Bismarck à la fin du 19ème siècle, il se devra être généreux quant à ses prestations et généralisé à l’ensemble de la population.
Le droit à la santé de toutes les populations gabonaises (urbaines et rurales) y sera un droit fondamental tel que reconnu internationalement par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Devant générer des coûts de financements importants, l’essentiel de ses ressources de financement proviendra des cotisations sociales obligatoires et non principalement de l’impôt.
Jacques Janvier Rop's Okoué Edou
Docteur en Economie et Finance Internationales
Enseignant-Chercheur à l'Université de Rimouski (Canada)
Intellectuel et écrivain gabonais
Opposant au régime criminel et kleptocrate de O. Bongo