Ali Bongo 9% et ses collaborateurs
Chers lecteurs, la photo qui illustre ce billet n’est pas fortuite, mais destinée à susciter en vous une interrogation. Celle de savoir si oui ou non, le Gabon est un pays sous occupation? C’est une question très sérieuse dans la mesure où sans langue de bois, cette photo nous renvoie l’image d’un somalien, d’un béninois, d’un nigérian et d’un coréen, tranquillement vautrés au sommet de l’état gabonais. Alors, ce blog vous pose la question de savoir: et les gabonais dans tout ça? Ils sont où les gabonais? Quand un gabonais moyen regarde cette photo, se sent-il des attaches avec ces personnages? s’imagine-t-il que son destin est lié au leur?
Soyons sérieux un instant; le terme «peuple» fait partie intégrante du droit national et international. Quand on dit «peuple gabonais», cela doit pouvoir signifier quelque chose. Les 4 individus sur la photo, sont-ils issus du «peuple» gabonais? Si oui, suivant quels critères? La notion de peuple gabonais est-elle une réalité ou simplement un leurre? Depuis le temps des Lumières en France, le concept de peuple désigne «un bloc» uni, une masse, un groupe vivant au sein d'un territoire. Les sociologues nous disent que ce groupe est marqué par l'histoire et un idéal commun. De tout temps, les nouveaux arrivants ont toujours intégré des groupes préexistant, mais ces nouveaux arrivants se devaient de bâtir une histoire commune avec le peuple d’accueil avant d’être accepté et de prétendre jouer les premiers rôles dans les communautés d’accueils.
Aristote est celui qu'il faut relire pour comprendre ce qu’est un peuple; car il rejetait l'idée d'une cité trop unie autour de familles favorisant les services au nom de l’amitié ou de la consanguinité. Pour lui, l'idée d'origine ethnique n'était pas essentielle; l'excellence primait au sein du peuple et les plus talentueux devaient remonter à la surface. Toutefois, il avait une conception intégrationniste du rôle joué par le xenos (étrangers) dans la cité. Pour Locke, pour que les xenos perdent leur spécificité étrangère au sein d’un peuple, ils doivent s’engager positivement pour être «acceptés». De même, il leur faut se plier à la «majorité», donc à l'autochtone qui lui-même n'est pas juridiquement tenu à l'hospitalité à l’égard des xenos, mais plutôt à la «tolérance». Chers lecteurs, comme vous le constatez, Aristote et Locke auraient pu être des Africains car les concepts qu’ils ont développés cadraient avec la manière de recevoir les étrangers qu’avaient nos ancêtres.
Mais au Gabon, les quatre individus sur la photo se sont pliés à quelles exigences auprès de la majorité gabonaise pour justifier le rang social qui est le leur? Qui plus est, le peuple gabonais assiste avec horreur et effroi à la reconfiguration des structures étatiques et administratives du pays, qui à la longue deviennent l’incarnation cauchemardesque de la négation de la souveraineté de ce peuple. En effet, personne ne saurait nier aujourd’hui l’évidence même d’une Sous-représentativité des gabonais historiquement nationaux (communément appelés gabonais d’origines), voire même leur absence, de toutes les arcanes incarnant le réel pouvoir au Gabon. Les désormais maitres des lieux, comme indiqué sur la photo, sont béninois quand ils ne sont pas somaliens, britanniques, français, etc. Les gabonais devant se soumettre au quotidien, aux volontés de ce consortium multinational qui se distingue par un mépris révoltant du Gabonais associé à un pillage systématique du pays.
Sous l’impulsion de ce groupe que le peuple gabonais appelle affectueusement «la légion étrangère», on remarque une nette fracture qui va en s’approfondissant de plus en plus, entre la masse populaire et l’establishment politique et économique au pouvoir. Le peuple gabonais a le sentiment de vivre sous occupation, car il n’est plus libre que d’une chose, celle de subir et d’obéir. On lui impose des lois iniques, des licenciements abusifs, la censure et la répression. Le Gabon, comme tout territoire occupé, devient la République du silence. On y est libre que de dire du bien d’Ali Bongo et de son programme de l’émergence.
Loin d’accepter cette sombre période que vit le peuple gabonais, des courageux compatriotes se proposent d’organiser une Conférence Nationale Souveraine pour permettre au citoyen gabonais de redéfinir sa liberté et d’en finir avec son nouveau statut de citoyen de seconde zone dans son propre pays.
Auteur: Charlie M. - Le Gabon énervant!
