POUR UN GABON MEILLEUR!

Mon blog a pour objectif d'exposer mes réflexions sur les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels du Gabon, mon cher pays.

03 juillet 2009

LETTRE DU DR. D. MENGARA A L'ATTENTION DE MR P. MAMBOUNDOU, PRESIDENT DE L'UPG

Lettre du Dr. Daniel Mengara à Pierre Mamboundou: “Appel à une large concertation nationale des forces vives de l’opposition et de la société civile gabonaises”

Dr. Daniel Mengara [1]

Dr. Daniel Mengara

Bureau du Président

Pierre Mamboundou
Président de l’Union du Peuple Gabonais (UPG)
Libreville, Gabon

N/R : BDPGN/USA/DIR/PR/DM/090703/001

OBJET : Appel à une large concertation nationale des forces vives de l’opposition et de la société civile gabonaises

Monsieur le Président,

Ayant pris connaissance du calendrier électoral proposé par votre parti, calendrier rendu public le 27 juin 2009 dans le communiqué final du Conseil de votre Secrétariat Exécutif, je tiens, par cette lettre, à vous signifier mon entière adhésion et celle de mon mouvement le BDP-Gabon Nouveau à ladite proposition. Ce calendrier représente une bonne partie de ce que les mouvements ou associations responsables devraient exiger des autorités intérimaires en vue d’une élection transparente et crédible au Gabon. Et je partage avec vous l’opinion selon laquelle le calendrier proposé par le Ministère de l’intérieur est non seulement irréalisable, mais également, dirai-je, hautement fantaisiste et irresponsable car porteur des germes de la division, de la dissension et, même, de la violence politique.

Comme je l’avais dit à Paris le 20 juin 2009 lors de ma déclaration de candidature, il était impératif que Mme Rogombé, Présidente par intérim du Gabon chargée de veiller au respect des procédures commandées par la Constitution, ne précipite ni ne bâcle la transition. J’avais également annoncé que le BDP-Gabon Nouveau était pour une transition minimale de 6 mois à un an si l’objet d’une telle transition était de s’attaquer en profondeur, et une bonne fois pour toutes, aux maux qui empêchent une alternance démocratique crédible au Gabon depuis 1990.

C’est dire, Monsieur le Président, qu’il y a urgence.

Urgence d’abord parce qu’il nous semble que, depuis le départ, le processus intérimaire actuel a souffert de plusieurs vices de forme qui en ont fait un processus hautement anticonstitutionnel, c’est-à-dire, hors-la-loi. Vous aurez sans doute constaté, comme moi, que Mme Rose Rogombé, Présidente de la République par intérim, depuis sa prestation de serment le 10 juin dernier, n’a respecté aucune des dispositions constitutionnelles relatives au processus intérimaire : je dis bien aucune.

Et j’en veux pour preuve les constats suivants :

1) Dès le jour de sa prestation de serment, Madame la Présidente par intérim aurait dû exiger immédiatement la démission du gouvernement, exactement comme l’avait indiqué la Cour constitutionnelle dans une décision rendue publique par le journal L’Union le vendredi 12 juin 2009,  décision qui confirmait pour tous que « les fonctions du gouvernement cessent automatiquement à l’issue de la prestation de serment du président de la République élu ou désigné ». Or, ce n’est pas ce qui s’est passé. Le processus a traîné en longueur  et Mme la Présidente par intérim a même dû faire face à un cas inadmissible d’insubordination de la part d’un Premier ministre qui s’est presque refusé à une démission immédiate de son gouvernement. Cette démission n’a finalement été donnée que 9 jours plus tard. Pourtant, rien n’empêchait la Présidente par intérim d’exiger cette démission le jour de sa prestation de serment, puis de reconduire le même gouvernement le même jour, sans que cela constitue un crime contre la Constitution, donc contre le peuple gabonais. Pourquoi semble-t-elle montrer une propension à bafouer inutilement la Constitution alors que des outils lui sont disponibles qui lui permettent de faire ces choses en toute légalité ?

2) Dès le jour de sa prestation de serment, Madame la Présidente par intérim aurait dû, comme il se doit, prendre possession du Palais Présidentiel de la République, qui aurait par conséquent dû devenir son lieu de résidence et de travail obligatoire dès la prise de fonction. Pourtant, on a vu la famille Bongo continuer à occuper ces lieux comme si Omar Bongo était encore en fonction, confinant anticonstitutionnellement la Présidente en exercice à une situation de marionnette de la famille Bongo qui, de notre point de vue, était inadmissible.

3) Dès le jour de sa prestation de serment, Madame la Présidente par intérim aurait dû immédiatement annoncer le calendrier électoral. Elle ne l’a pas fait. Pire, dans le méli-mélo fait d’arbitraires dans lequel elle s’est engagée en complicité avec le régime bongoïste qu’elle dirige actuellement, tout le processus intérimaire a été conditionné non seulement aux obsèques de feu Monsieur Bongo, mais également au principe d’un deuil national de 30 jours qui n’est nulle part validé par la Constitution gabonaise. J’ai beau lire la Constitution, je n’y vois nulle part inscrit que la mort d’un Président suspend la Constitution pendant 30 jours pour permettre la tenue de son deuil. Je n’y lis pas non plus que la mort d’un Président constitue un cas de force majeur menant à la suspension de la Constitution. Aujourd’hui, au moment où j’écris cette lettre, tous les délais constitutionnels ont été bafoués. Ni les 30 jours minimum (7 jours seulement restent de ce minimum)  ni les 45 jours maximum (ne restent plus que 22 jours sur ce maximum) n’ont été respectés et aucune explication cohérente n’a été donnée, en dehors de l’arbitraire qui consiste à imposer les délais d’un deuil national arbitraire et inutile sur le processus constitutionnel. Pourtant, au vu de la réalité de l’impossibilité d’une élection crédible dans les 30 à 45 jours, tout ce que la Présidente par intérim avait à faire, pour rester dans la loi, était de demander une prorogation de la période de transition près la Cour constitutionnelle.

Ce sont-là, Monsieur le Président, des manquements extrêmement graves de la part de Mme Rose Rogombé qui, pour des raisons que j’ignore encore, a préféré et préfère encore agir hors du cadre constitutionnel alors même qu’il lui aurait suffi de solliciter le conseil de la Cour constitutionnelle en vue de la validation, par la loi, de tout ce qu’elle a entrepris jusqu’à présent. Je ne parlerai même pas de l’illusion de concertation qu’elle a entretenue ces jours-ci. Tout le monde sait qu’une concertation aussi exclusive, organisée à la va-vite et centrée autour de personnes et de structures associatives et politiques triées sur le volet sur la base de critères arbitraires, ne correspond aucunement à l’esprit de réconciliation nationale que le pays veut voir résulter de la transition actuelle.

Vous me permettrez, encore une fois, de préciser que mon mouvement est en parfaite harmonie avec la nécessité d’une prorogation des délais constitutionnels en vue d’une élection fiable. Mais ce que nous ne sommes pas prêts à cautionner, c’est le silence de la classe politique et associative gabonaise sur ces crimes contre la Constitution, surtout quand on sait que de tels vices étaient facilement évités par une simple requête de prolongation près la Cour constitutionnelle ! Notre mouvement étant un mouvement hautement légaliste, nous insistons sur la nécessité d’observer les injonctions de la loi. Nous ne pouvons, à ce titre, cautionner un processus intérimaire bâclé car basé sur l’arbitraire et des violations flagrantes de la Constitution à la fois sur le fond et sur la forme, tout comme nous refusons que des lois décidées arbitrairement dans le code privent des compatriotes de leur droit au passeport ou à la candidature. Du moment que la Constitution ne prévoit que deux limitations à la candidature (clauses d’âge et de citoyenneté), il serait mal venu que des articles obscures cachés dans le code électoral priment sur la Constitution.

Il est à ce titre étonnant que l’UPG comme d’autres groupes de la société civile établis sur le terrain n’aient pas fait front, sur le principe, et interpellé le gouvernement sur la nécessité de respecter les principes de loi commandés par la Constitution.

Le gouvernement, il nous semble par ailleurs, a failli au respect de la loi quand, dans un premier temps, il refusa de reconnaître une vacance du pouvoir au Gabon qui nous avait pourtant semblé évidente dès le 6 mai 2009, vacance dont mon mouvement essaya, seul, de demander le constat dès le 15 juin 2009 dans une lettre adressée au diverses institutions de la République. Mon mouvement fut également le seul à s’essayer à un meeting public le 23 mai pour réclamer un débat sur la vacance effective du pouvoir au Gabon. Vous êtes sans doute au courant que ce meeting fut interdit par un gouvernement gabonais qui se retrouva bien embarrassé quand l’histoire donna raison au BDP-Gabon Nouveau le 8 juin suite au constat de décès d’Omar Bongo. Le gouvernement intérimaire a failli ensuite quand, dans un second temps, il a entériné les multiples violations de la Constitution décrites ci-dessus sans qu’une réaction notable de la classe politique et civile gabonaise n’en condamne la criminalité.

C’est à ce titre, Monsieur le Président, que, tout en saluant la proposition calendaire de l’UPG et tout en partageant tous les principes y relatifs, le BDP-Gabon Nouveau, par ma voix, trouve tout de même problématique que l’UPG ait limité ses revendications au seul problème du calendrier et des listes électorales. Le BDP-Gabon Nouveau pense que la simple révision des listes électorales ne constitue aucunement une garantie de transparence électorale. Il faut, en sus de cela, intégrer des paramètres supplémentaires sans lesquels l’élection anticipée de 2009 ne passerait pas le test de la légitimité et de la crédibilité.

Il est, par conséquent, important d’évacuer, tout de suite et au préalable, certains des mythes que les Gabonais qui veulent le changement se construisent malheureusement au détriment de la vérité.

Le premier mythe à évacuer est celui qui consisterait à croire, comme certains l’ont suggéré, qu’il suffirait pour toute l’opposition de s’entendre sur une candidature unique pour que le miracle du changement s’opère. J’appelle cela un fantasme. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’histoire électorale récente (élection de 2005) ou lointaine (depuis 1990) nous enseigne la futilité d’une telle procédure. Je pourrais longuement m’étendre là-dessus, mais je m’arrêterai à deux considérations parmi les plus importantes.

Le mythe de la candidature unique de l’opposition : Ce mythe est irréalisable. D’abord parce qu’il serait illusoire de croire que Pierre Mamboundou pourrait se retirer de la course au profit de Paul Mba Abessole ou que Paul Mba Abessole pourrait se retirer de la course au profit de Ben Moubamba ou que ce dernier pourrait renoncer à ses ambitions au profit de Daniel Mengara. Du moment que le potentiel d’une telle entente est pratiquement nul à cause des ambitions des uns et des autres (sans que cela soit forcément un fait négatif en soi), il est important que tous les acteurs politiques qui ont des visées présidentielles laissent cette décision au seul peuple qui, lors de la campagne, saura, de par lui-même, déterminer la viabilité politique des candidats, forçant tout le monde à la réalité d’un candidat dominant derrière lequel tous les autres, après évaluation réaliste de leurs chances, s’aligneront naturellement. Autrement dit, privilégier l’effacement artificiel de certains candidats avant le test du terrain ne peut que scléroser le débat politique dont le pays a grandement besoin, et mener, paradoxalement, aux querelles de leadership que nous essayons pourtant d’éviter. Ce qu’il faut, par contre, c’est une unité des candidats de l’opposition basée non pas sur l’adoubement d’un candidat unique, mais sur la mise en place d’un front commun visant à réclamer, pour tous les candidats, la justice et les conditions de la transparence électorale, de manière à amener aux conditions objectives de crédibilité et de légitimité de l’élection qui, dès lors, permettront tout simplement au meilleur de se détacher, forçant les autres au ralliement pour la victoire finale.

Ensuite parce qu’il vous souviendra que l’élection présidentielle de 2005 fut sans doute, dans l’histoire politique du Gabon depuis 1990, la plus propice au changement. Elle le fut parce que c’était l’élection présidentielle qui, depuis 1993, a connu le plus petit nombre de candidats. Ces derniers furent en 2005 au nombre de trois seulement : Omar Bongo (au pouvoir), Pierre Mamboundou (opposition) et Zacharie Myboto (opposition).  Ce que cela veut dire c’est que, s’il y a bien une élection au cours de laquelle le nombre limité de candidats aurait dû profiter à l’opposition, c’était bien celle-là. Il m’est même possible de dire ici qu’en 2005, Pierre Mamboundou était, en fait,  SEUL, face à Bongo et SEUL candidat crédible de l’opposition face à Omar Bongo (Zacharie Myboto ne faisant pas le poids).

Pourtant, Monsieur Mamboundou, vous perdîtes cette élection où vous fûtes pourtant pratiquement seul face à Omar Bongo. Après, donc, avoir perdu deux élections présidentielles successives, Monsieur le Président, ne convient-il pas, finalement, d’en tirer des leçons pratiques ? Ces mêmes causes qui vous ont fait perdre en 1998 et 2005 vous semblent-elles aujourd’hui évincées ? Suffit-il aujourd’hui de simplement participer à une énième élection pour pouvoir la gagner quand on sait que les causes de vos échecs précédents sont toujours là ?

Autrement dit,  Monsieur le Président, je puis vous assurer que pour juger de la crédibilité d’une élection, ou du moins pour se donner les chances de gagner des élections face à un régime quadragénaire qui se refuse depuis 42 ans à la démocratie, le simple fait d’avoir des listes électorales fiables ne suffit pas. Et le simple fait d’avoir un seul candidat de l’opposition ne suffit pas. Les mêmes causes menant toujours aux mêmes effets, ce qui a fait que, en 2005, vous perdiez l’élection alors que vous étiez quasiment seul face à Omar Bongo, fera que le candidat unique de l’opposition perde encore en 2009. Pourquoi ? Tout simplement parce que le même système qui a fait vos échecs précédents est toujours en place. Il faut donc pousser plus loin l’analyse et penser aux stratégies qui amèneraient à la défaite de ce système, avant l’élection, en vue de la transparence électorale absolue.

Le mythe de l’élection et des urnes comme voie du changement au Gabon : Le second mythe à briser est de continuer à croire, malgré les évidences de l’histoire, que c’est par les urnes que l’opposition gagnera l’élection au Gabon. C’est là le fantasme qui a fait que beaucoup aient cru, en 2005, qu’il suffisait de participer à une élection perdue d’avance pour la gagner, alors que tout le monde savait que le système institutionnel qu’Omar Bongo s’était concocté en prévision des élections de 2005, système encore en place aujourd’hui, avait été formaté pour ne laisser aucune chance de victoire électorale à l’opposition. Par ailleurs, vu que feu Monsieur Bongo avait obtenu, ou s’était octroyé, un score de 79,2% aux présidentielles de 2005, face à Pierre MAMBOUNDOU 13,6% et Zacharie MYBOTO 6,6%, dans un contexte d’abstention record où près de 80% des Gabonais sont restés chez eux, cela veut dire que les Gabonais ne font plus confiance aux urnes comme méthode de changement. Pire, une abstention de 80% en 2005 voulait également dire que ni Omar Bongo ni Pierre Mamboundou n’avaient pu mobiliser des populations totalement désabusées, qui ont ainsi préféré voter CONTRE les trois candidats en lice, traduisant ainsi une crise de confiance aiguë entre la classe politique gabonaise et le peuple. Ce n’est donc pas par les urnes que l’opposition gagnera l’élection anticipée de 2009, sauf si l’opposition s’en donne véritablement la chance.

Cette chance passe par deux formules très simples :

1) Toutes les forces vives de l’opposition et de la société civile gabonaise doivent cesser, immédiatement, toute négociation avec le pouvoir en place. Continuer à négocier avec ce régime aura comme effet pervers de valider toutes les décisions que ce régime imposera, y compris un calendrier électoral fantaisiste, ce qui forcerait l’opposition et la société civile à se plier à un processus que nous savons pourtant tous tronqué, bâclé et orienté vers la seule finalité qui intéresse ce régime : c’est-à-dire conserver le pouvoir à tout prix. Il est donc impératif que l’opposition rompe immédiatement toute négociation avec le régime bongoïste et s’établisse immédiatement en contre-pouvoir avec des contre-propositions fermes.

2) Toutes les forces vives de l’opposition et de la société civile gabonaise doivent, par la suite, se coaliser en un bloc uni, non pas autour de questions de leadership ou de candidature unique (ce qui est un faux problème), mais autour d’une plateforme commune de revendications, je dirai même une plateforme commune d’exigences visant à forcer le gouvernement à l’acceptation du canevas élaboré par l’opposition et la société civile. Par ces exigences, l’opposition et la société civile refuseraient non seulement de cautionner le processus électoral actuel, mais s’activeraient en même temps pour empêcher la tenue de toute élection au Gabon qui ne tienne compte de sa plateforme d’exigences.

Quelle serait cette plateforme ? Cette plateforme s’articulerait autour des principes suivants :

a) Exiger un recensement général de la population par l’entremise de l’ONU avant l’élection : pour une élection crédible, un recensement de la population gabonaise s’impose, non seulement pour la fiabilité de l’électorat, mais également pour faciliter la transition vers les procédés biométriques qui rendraient les listes électorales plus crédibles.

b) Exiger que l’élection soit organisée par l’ONU : il faut confier à des mains tierces et neutres l’organisation d’une élection dont la légitimité et la transparence, donc le résultat, seraient toujours mises en doute si elle était organisée par le régime en place.

c) Rétablir le scrutin à deux tours : c’est la seule garantie de victoire pour l’opposition. Le scrutin à deux tours permet au peuple de trier lui-même les forces politiques et d’établir naturellement dans l’opposition un leader sur la base du vote au premier tour. Ainsi, si aucun candidat n’est élu au premier tour (ce qui sera probablement le cas à cette élection vu la pléthore de candidats qui s’annonce en 2009), l’opposition se rassemblera forcément au second tour derrière le candidat le mieux placé. Dans ce cas de figure, même si le candidat bongoïste obtenait 20% au premier tour et le candidat de l’opposition le mieux placé 10%, l’effet de reports de votes et de voix au second tour donnera 80% au candidat de l’opposition et limitera le régime à son maximum de 20% atteint au premier tour, assurant ainsi une victoire sans faille de l’opposition. C’est dire que l’éventualité d’une victoire de l’opposition passe forcément par un second tour d’élection. Aller à une élection à un seul tour comme en 2005 produira forcément la victoire du régime et la défaite de l’opposition.

d) Ramener le mandat présidentiel de 7ans à 5 ans  et rétablir la limite de deux mandant successifs maximum : ceci ramènera l’esprit de la Conférence Nationale de 1990.

e) Rétablir les équilibres entre les divers pouvoirs pour assurer l’état de droit et, en fin de compte, réorganiser totalement le Gabon conformément au modèle de Constitution et de réforme institutionnelle proposé par la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National (voir http://www.coalitiondurefus.org [3]) à Bruxelles les 30 et 31 mai 2009.

f) Exiger la mise en place d’un gouvernement de transition inclusif de toutes les tendances de la société civile et politique qui, pendant une période de 6 à 12 mois, mettrait en place les conditions de la transparence en collaboration avec l’ONU.

Le BDP pense que l’opportunité que la transition actuelle offre aux Gabonais est celle de la Réforme, c’est-à-dire un nouveau départ pour le Gabon. Faisons maintenant tout ce qu’il y a à faire en matière de réforme pour que demain, notre nation n’ait plus à négocier ou se battre continuellement sur ces mêmes questions sempiternelles, permettant ainsi aux institutions ainsi requinquées de se situer dans une dynamique qui faciliterait le développement durable au Gabon.

Le BDP-Gabon Nouveau pense que, pour faire table rase du passé et pour permettre au pays de se doter, une bonne fois pour toutes d’un système démocratique qui garantirait à la fois des élections transparentes et un état de droit en bonne et due forme, il faut à l’opposition et à la société civile s’établir en bloc crédible face au pouvoir et imposer la réforme institutionnelle avant l’élection.

La plateforme de l’opposition doit ainsi, au minimum, se constituer avec comme objectif d’obtenir :

Le report des élections en vue d’une transparence électorale basée sur le recensement de la population, des listes électorales fiables à base biométrique et l’organisation de l’élection par l’ONU. Le gouvernement gabonais ne doit pas être seul à déterminer le processus électoral sans associer l’opposition et l’ONU.

La prise en compte de la Diaspora dans le processus de transition actuel et dans les élections : Il est hors de question que l’on veuille exclure certains acteurs politiques ou associatifs de la Diaspora en les privant du droit au passeport ou du droit de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle anticipée de 2009.

La Réforme constitutionnelle et institutionnelle au Gabon avant l’élection : Réformons maintenant pour éviter la guerre et les divisions plus tard.

Un deuxième tour pour les élections présidentielles anticipées de 2009 : le potentiel d’élire un président avec seulement 10% des votes est trop grand au cours de cette élection. Même s’il faut organiser un référendum pour valider la réforme constitutionnelle et contourner les limitations dues au processus intérimaire, il faut le faire. Il vaut mieux remettre à plat tout le système institutionnel gabonais maintenant par une transition réformatrice de 6 mois à un an que tout bâcler et risquer les conflits et les divisions plus tard. Au besoin, l’opposition et la société civile se doivent de s’activer  pour imposer une Conférence Nationale souveraine dont le but serait d’entériner les réformes, mener au référendum et ainsi valider la révision de la Constitution. L’argent à perdre d’abord pour un référendum, ensuite pour une vraie élection suite à la transition, n’est rien face à ce que le pays perdrait si la violence contestataire ou la guerre civile s’établissait au Gabon.

C’est pour cette raison que je vous invite instamment, Monsieur le Président, à prendre sur vous, en tant que grand frère et aîné biologique et politique de nous tous, de convoquer sans délai une concertation nationale de l’opposition et de la société civile en vue de l’élaboration d’une plateforme de revendications pour la transparence électorale immédiate au Gabon, et ce en amont des élections, avec comme injonction au gouvernement de ne point s’avancer vers l’imposition unilatérale d’un chronogramme électoral qui, au vu de ce que le Ministre de l’intérieur a proposé le 1er juillet, ne peut que être fantaisiste et irresponsable. En fait, du moment que Mme la présidente Rogombé et son gouvernement se sont, depuis le 10 juin, plongés dans l’illégalité en ne respectant aucune des clauses de la Constitution, autant, dans ce cas, mettre la Constitution de côté et s’accorder sur un consensus national pour la réforme profonde des institutions, avec, au bout, un référendum comme outil de validation. L’élection qui s’en suivrait, 6 mois à un an plus tard, n’en serait que plus légitime, plus fédératrice, plus patriotique et plus réconciliatrice car basée sur un contrat social et politique qui soit le résultat d’une concertation nationale et non de tractations de palais visant à la compromission, encore une fois, et une fois de trop, de la destinée du Gabon.

Je serai prêt à me joindre à cette concertation nationale des forces vives de l’opposition et de la société civile gabonaises, qu’il nous faut établir au plus tard dans les deux semaines suivants ce message. Il est temps, Monsieur le Président, de dire, ensemble, enfin, le slogan qui est nôtre : « Plus jamais ça. Plus maintenant. Pas cette fois. »

Dans l’attente de votre adhésion à ces principes d’unité et de concertation en vue du salut national immédiat, je vous prie, Monsieur le Président, d’agréer mes salutations les plus distinguées.

Fait à West Orange (New Jersey USA), le 3 juillet 2009

Dr. Daniel Mengara
Président
BDP-Gabon Nouveau

Ampliations :

  • - M. Jean-François Ndongou, Ministre de l’intérieur

  • - Ambassades (Etats-Unis, France, Afrique du Sud, UE, UA, Royaume Uni, etc.)

  • - Madame Rose Francine Rogombé, Présidente intérimaire de la République

  • - M. Léonard Andjembé, Président intérimaire du Sénat

  • - M. Guy Nzouba Ndama, Président de l’Assemblée Nationale

  • - Madame Marie Madeleine Mborantsuo, Présidente, Cour Constitutionnelle

  • - Médias

BDP-Gabon Nouveau
P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey, 07052, USA
Tel: 973-447-9763
Fax: 973-447-9763

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MR L'AFFAIRISTE ET FELON KOUCHNER, LES GABONAIS N'ONT QUE FOUTRE DE VOS ESPERANCES. GARDEZ-LES POUR VOTRE PARASITE PAYS!

Gabon: M. Kouchner espère “pas plus” d’un mois de retard pour la présidentielle

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a espéré jeudi que l’élection présidentielle au Gabon, qui doit désigner le successeur d’Omar Bongo, n’aurait “pas plus” d’un mois de retard.

“J’espère, maintenant avec un petit retard par rapport aux 45 jours qui était prévu pour l’élection présidentielle, qu’il y aura peut-être un mois, autour d’un mois de retard”, a indiqué M. Kouchner à Dakar, lors d’une conférence de presse au terme de sa visite au Sénégal.

“J’espère que cela ne sera pas plus. La France n’a pas de candidat, la France soutient que les Gabonais doivent décider eux-mêmes dans le jeu des partis et en toute liberté. C’est fini le temps où la France avait des candidats”, a-t-il assuré.

“La France n’a pas de candidat au Gabon, c’est l’affaire des Gabonais. La France n’a pas de candidat au Gabon, nous l’avons affirmé et le président de la République Nicolas Sarkozy l’a dit très clairement”, a-t-il insisté.

D’après la Constitution gabonaise, le scrutin doit avoir lieu 45 jours au plus tard après la prise de fonction du président par intérim, intervenue le 10 juin, sauf “cas de force majeure”.

La présidente du Gabon par interim Rose Francine Rogombé a envisagé pour sa part un délai qui pourrait être de 60 jours, dans un entretien jeudi avec Radio France Internationale (RFI).

“S’il se trouvait que les 45 jours ne suffisent pas, on pourrait voir avec la Cour constitutionnelle, avec les institutions qui sont autorisées à constater le cas de force majeure”, a-t-elle déclaré.

Selon elle, le délai doit être “pas trop court parce qu’il ne faut pas donner l’impression qu’on veut bâcler et pas trop long, sinon on rentrerait dans l’illégalité”.

Interrogée sur l’option d’un délai porté à 60 jours prônée par le Parti démocratique gabonais (PDG), Mme Rogombé a répondu: “Oui, on peut”.

L’opposition gabonaise, qui a été reçue fin juin par la présidente par intérim, estime de son côté qu’il faut “cinq à six mois” pour organiser une élection présidentielle.

Le président gabonais Gabon Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans et doyen des chefs d’Etat africains en exercice, est mort le 8 juin à l’âge de 73 ans.

Source: AFP

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28 juin 2009

UNE BELLE CONTRIBUTION DU CITOYEN DAVID MBADINGA AU DEBAT RELATIF A L'ELECTION PRESIDENTIELLE FUTURE

L'opposition gabonaise ne doit pas, une fois de plus, tomber dans le piège tendu par le pouvoir PDG, sur la fixation de la date de l'élection présidentielle. Elle doit exiger un certain nombre de préalables parmis lesquels:

1) la révision du dernier recensement de la population dont le résultat publié par le Ministère de la Planification était différent de celui de la Cour Constitutionnelle (pédégiste) avec un écart de plus de 300 000 habitants et dont le lien avec la liste électorale est plus qu'évident;

2) la mise à plat de la liste électorale dont l'élaboration doit être confiée, à l'instar de la Côte d'Ivoire, à un prestataire international agréé. Son travail sera soumis à la validation conjointe de la majorité et de l'opposition. Nota: les étrangers ayant la nationalité depuis 1990 doivent être éliminés de la liste (faux actes de naissance distribués massivement, attribution collective de la nationalité par décret présidentiel);

3) opération d'identification de la série des faux passeports, faux permis de conduire et fausses cartes d'identité établis pour les besoins de la cause par le PDG dont certains ont été présentés en direct à la télévision lors de l'élection présidentielle de 1998 par moi-même alors directeur de campagne du candidat Pierre Mamboundou, du HCR;

3)la numérotation des urnes à partir des centres et des bureaux de vote préalablement identifiés, pour éviter les bureaux pirates et le bourrage des urnes;

4) la désignation à parité des présidents des bureaux de vote pour éviter que le pouvoir PDG n'en désigne seul et ne perpétue la pratique qui consiste à permettre aux seuls présidents de bureaux de vote le transfert des urnes, sous escorte militaire, des centres de vote vers les commissions de centralisation des résultats, l'opposition y étant toujours empêchée ou exclue;

5) la désignation à parité des présidents des commissions électorales;

6) prévoir une copie du procès verbal à toutes les parties présentes dans le bureau de vote, procès verbal signé par tous;

7)établissement d'un bulletin unique et vérification du nombre de bulletins en fonction du nombre de bureaux de vote, si l'argument des délais trop court écarte l'idée du biométrique;

8) vérification préalable que l'encre est indélébile;

9) vérification que le nombre de cartes d'électeurs est égal au nombre d'électeurs en conformité avec la nouvelle liste électorale;

10)interconnexion par les moyens NTIC des commissions provinciales (9) de centralisation des résultats pour réduire les risques de manipulation des résultats issus des urnes;

11)obtenir le principe de l'égalité de traitement par les médias;

12) interdire l'utilisation des moyens financiers, humains, matériels et autres de l'Etat par le ou les candidats du PDG;

13) obtenir le financement équitable de la campagne pour tous les candidats retenus;

14) obtenir que toutes ces dispositions soient applicables partout où se déroulera l'élection;

15) éloigner les forces de sécurité des bureaux de vote, les tenir à une distance à convenir;

16) doter tous les centres de vote d'un branchement électrique pour l'éclairage, au besoin par des petits groupes électrogènes;

17) obtenir, même si c'est difficile, qu'on revienne à une élection à deux tours et que les tribunaux administratifs connaissent du contentieux électoral comme premier recours et que la cour constitutionnelle reste le dernier recours;

Nota: liste non exhaustive des préalables de l'opposition, si tant est qu'il en existe encore, à compléter par tous ceux qui aspirent à une élection transparente dans notre pays.

Et ce n'est qu'après la satisfaction de tous les préalables que des candidatures pourraient être déclarées. Car on ne doit pas aller à une élection perdue d'avance, sauf à vouloir cautionner une mascarade électorale en servant de marche pied.

David MBADINGA
Homme politique gabonais

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25 juin 2009

APPEL A LA LEVEE IMMEDIATE ET INCONDITIONNELLE DU BLOCUS MILITAIRE AUTOUR DU SIEGE DE L'UPG

Gabon- Présence militaire aux abords du siège de l’UPG : Le ministère de la Défense doit s’expliquer

   

Tard dans la nuit de mercredi, les militants de l’Union du Peuple Gabonais (UPG-opposition) présents au siège national de leur parti à Libreville ont été surpris par le positionnement de deux automitrailleuses et d’une vingtaine de militaire armés devant leur siège. Ces militaires qui ont été postés au siège de l’UPG à 22 heures par le Chef d’Etat-Major des Armées le Général ELLA EKOGHA  aurait été déployés sur ordre du ministre Ali Bongo. Alors que la veille, Pierre Mamboundou dénonçait la préparation d’un coup de force que le ministère de la Défense s’est empressé de démentir qu’est qui pourrait justifier une telle opération puisqu’il n’y a pas péril en la demeure ?

La Direction de l’Union du Peuple Gabonais (UPG-opposition) et l’opinion attendent les explications du ministère de la Défense nationale sur l’opération qui a conduit au positionnement devant le siège du principal parti d’opposition gabonaise de deux autos mitrailleuses type RAMTA équipées de Canon de 12, 7mm et immatriculés 150798 et 150799, de 8 hommes équipés de fusils d'assaut de type FAMAS d'une portée de 5, 56 mm , et d’une vingtaine de militaires en treillis. A l’Union du Peuple Gabonais les responsables s’interrogent sur le but de cette présence militaire surtout après que le ministère de la Défense ait démenti les déclarations de Pierre Mamboundou qui dénonçait la préparation du coup de force auxquelles quatre généraux aurait été associés. «Pourquoi ont-ils attendu la nuit pour se déployer ? » s’est offusqué un Secrétaire politique de l’UPG.

Convoqué par le Président de l’UPG, le Chef d’Etat-major des Armées, le Général ELLA EKOGHA a déclaré agir sur instruction du Ministre de la Défense Nationale, Ali BONGO ONDIMBA, qui selon lui tient à assurer la sécurité des hommes politiques en cette période sensible. Ce qui est surprenant c’est qu’au moment où les militaires se positionnaient au siège de l’UPG, aucune présence militaire n’était signalée devant les sièges des autres partis politiques ou même aux résidences des autres leaders politiques. Il convient également de signaler que l’Union du Peuple Gabonais (UPG) n’a adressé aucune demande de sécurisation de son siège contrairement aux affirmations des militaires.

Des explications sont donc attendues  de la part du ministère de la Défense nationale commanditaire de ce déploiement. L’opinion doit savoir pourquoi seul l’Union du Peuple Gabonais (UPG) a vu des militaires se positionner autour de son siège. Le ministre Ali Bongo serait également bien inspiré d’expliquer aux gabonais les raisons pour lesquelles les responsables de l’UPG n’ont pas été informé de ce déploiement militaire. Pierre Mamboundou est-il le seul homme politique gabonais dont on doit assurer la sécurité et la protection ? Pourquoi ceci intervient après la dénonciation par Pierre Mamboundou de la préparation d’un coup de force que le SGA du ministère de la Défense Barthélemy Mapangou s’est pourtant empressé de démentir ? Autant de questions auxquelles  le ministre Ali Bongo se doit de répondre puisque le Général Ella Ekogha a clairement signifié qu’il agissait sous ses ordres.

Auteur : Alfred MBA ASSEKO
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24 juin 2009

CHERS COMPATRIOTES, PREPAREZ-VOUS A PRENDRE LE DESTIN DE VOTRE PAYS EN MAINS ET A FOUTRE LE BONGOÏSME DEHORS

Déclaration du Président de l'Union du Peuple Gabonais (UPG)

Mesdames, Messieurs,
Chers compatriotes,

Comme vous le savez, notre pays vit le deuil du Président de la République, décédé le 8 juin à Barcelone, et inhumé dans la terre de ses ancêtres à Franceville, le 18 juin 2009.

En honorables citoyens, vous vivez ce deuil dans le recueillement, la dignité et l’honneur.

Mesdames, Messieurs,

Notre loi fondamentale, a prévu en cas d’empêchement définitif du Président de la République, un dispositif, qui a permis à Madame Rose Francine ROGOMBE d’assurer les hautes fonctions de l’Etat, pendant la période définie par la Constitution.
Télécharger

Dans le même temps, les informations en notre possession nous conduisent aujourd’hui, à prendre la responsabilité de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, l’existence d’une action militaire en préparation.

Cette action séditieuse, qui ne bénéficie pas de la caution de certaines forces, restées fidèles à la défense de l’ordre républicain, serait conduite par quatre généraux d’active des forces armées gabonaises, qui chercheraient à s’assurer la contribution de certaines personnalités administratives et politiques.

Avec l’appui des bandes armées venues de l’extérieur, contactées après l’attaque d’un pays étranger, et actuellement positionnées au Nord de Libreville, les tenants de l’opération séditieuse, qui répondraient aux noms de code anagramme BERNI, BRENI, NIBER, RENBI et IBERN, entendent s’entourer de la contribution de tous les services de gardiennage de la place, en plus des officiers des différentes forces qui leur seraient fidèles, qu’ils s’activent à identifier sur des listes attendues instamment sur la table de leur commettant.

Mesdames, Messieurs,

Devant la gravité des faits, qui nous commande de rompre le silence, notre foi dans les valeurs démocratiques nous autorise à renvoyer les auteurs de la sédition devant les dispositions de l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, qui édictent, je cite, que la garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique.

Cette force est instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

J’appelle l’ensemble des forces armées à défendre l’ordre républicain, et particulièrement la Garde Républicaine, en laquelle Monsieur le Président de la République a toujours fondée sa pleine et entière confiance.

En même temps, j’appelle les pays amis du GABON, particulièrement la FRANCE, le MAROC, le TOGO, la République Démocratique du CONGO, le Congo, l’ensemble des pays limitrophes, ainsi que l’opinion internationale, notamment l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’Organisation des Nations Unies, à aider le Président de la République à préserver l’ordre républicain.

Quant à vous, chers compatriotes ;

Je vous invite, dans le recueillement, la dignité et l’honneur, à contribuer au maintien de la stabilité de notre pays, que nous a léguée Son Excellence Omar BONGO ONDIMBA, aujourd’hui disparu.

Au nom de la continuité de l’Etat, J’invite chaque gabonais, qu’il soit en ville, en campagne, au bureau, à l’usine, à l’école, à l’université, dans les casernes, à accompagner la transition jusqu’à son terme normal.

Que Dieu bénisse le GABON.

Je vous remercie.

Fait à Libreville, le 23 juin 2009

Le Président
Pierre MAMBOUNDOU

Source: UPG

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22 juin 2009

UN BEL ARTICLE DE MARIE-LOUISE ETEKI OTABELA REPRIS POUR VOUS, CHERS COMBATTANTS POUR UN GABON MEILLEUR

Irai- je cracher sur vos tombes ?

Je n’ai pas fermé l’œil dans la nuit de mardi dernier devant le concert des hommages rendus au président du Gabon. De la part des autres présidents africains - toujours en exercice - et de la France qui l’a imposé au peuple gabonais pendant plus de 40 ans, on comprend. Comme dit Eva Joly : “ Bongo a servi la France, pas ses citoyens ”. Mais des autres chefs d’Etats, Etats-Unis (!) Nations-Unies, on n’a rien compris. Même Hugo Chavez y a été de son couplet ! Combien de personnes ont le courage comme ce Gabonais sur Stv2 de dire que la mort du président Bongo, c’est une délivrance et pour son pays et pour le continent africain tout entier ? Rouge est le sang des Noirs.

Hitler, ami de la France
Pourtant en 2001, Noël Mamère apprenant l’assassinat de Joseph Kabila nous a répondu au téléphone que : “ De ce côté-là de l’Atlantique, ils pensaient que c’est une bonne chose chaque fois que le monde se débarrasse d’un “ dictateur ” ”. Bongo n’a pas été juste un dictateur. En écoutant tous ces griots chanter ses louanges, une lecture me vient à l’esprit : Boris Vian publie “ J'irai cracher sur vos tombes ” en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Le roman devient très vite un best-seller mais est jugé tellement subversif qu'il est interdit en 1949. Il faut dire qu'il est déconseillé aux âmes sensibles : sexe, pédophilie, violence, meurtres (les derniers chapitres sont particulièrement atroces), le cocktail est explosif et ne laisse pas le lecteur indemne. J' irai cracher sur vos tombes est un roman d'une noirceur abyssale, cru et sans concession, qui s'articule autour du récit d'une vengeance qui fait froid dans le dos ”(1). Toute la question à propos de la vie et de la mort du Gabonais est de savoir qui se venge de qui ?
Voilà un homme qui en voulait probablement à la terre entière d’être si mal loti par la nature. Un mettre trente les bras levés parmi les “ grands ” de ce monde, pire, il n’avait dans aucun domaine le 10è du génie d’un Napoléon. Et pourtant tous les médias sont mis aujourd’hui dans l’obligation de l’encenser plus ou moins grossièrement ! C’est cette image que les Français glorifient depuis toujours : celle d’une Afrique monstrueuse ! Dès lors que vous êtes un Africain “ normal ”, les Blancs vous détestent et décident que vous n’êtes pas représentatif. De là à sauter le pas en politique…L’Afrique ne doit être représentée que par l’anormalité, pour tout dire, l’animalité. Dès qu’il y a quelque chose de bon, de bien sur cette terre, ça ne doit pas être Africain. Mais qu’est-ce qu’on leur a fait pour mériter une haine si ontologique ?
Omar Bongo n’était pas juste un dictateur mais un égocrate comme tous ceux que la France impose aux pays africains depuis 50 ans. Quand nous dénonçons leurs crimes (2) contre nos peuples, cela ne choque personne. Monsieur Fillon, Pm des Français parle de caricature, de préjugés, bref c’est nous qui fabulons. Mais quand une député européenne de la France estime que “ si Bongo a bien servi les intérêts de la France, notamment avec la manne pétrolière, il n’avait pas le souci de ses concitoyens, ” alors il y a comme une onde de honte qui passe sur la glorieuse France .Qu’est-ce qui aurait pu pousser d’honorables résistants à déclarer que Hitler était un ami de la France ? Si non la conscience qu’il y a encore des témoins de cette tragique histoire de l’Afrique, des gens qui pourraient bien un jour confondre certains bénéficiaires des largesses des présidents africains. Tous ces gens qui ont bâti leur fortune, leur pouvoir et souvent même leur puissance sur le sang des Africains ! A chacun ses amis : Bongo n’était pas des nôtres.

Bongo, un verrou sur l’Afrique
Quand le racisme s’allie à la haine de soi, cela donne non pas le style glacial et concis, de Lee Anderson, le héros de Boris Vian mais un personnage folklorique à l’image du “ président africain ” créé de toutes pièces par les Occidentaux qui ont monté une machination froidement calculée. Ils ne lésinent pas sur nos moyens pour arriver à leurs fins : faire main basse sur les richesses africaines et bloquer définitivement le développement économique et humain de tout un Continent. Voilà pourquoi “ l’ambivalence du personnage met mal à l'aise, il inspire à la fois dégoût et pitié. Cruel, manipulateur, séducteur et pervers, on comprend néanmoins les raisons de sa rage lorsque son passé brisé par le racisme est évoqué. Car “ J'irai cracher sur vos tombes ” est avant tout une violente dénonciation de l'intolérance et de la ségrégation raciale. L'intrigue repose sur la couleur de la peau de Lee : il a du sang noir, mais sa peau claire et ses cheveux blonds lui permettent de s'immiscer au sein de la bourgeoisie blanche et de perpétrer sa vengeance de la façon la plus horrible qui soit. Aux grands maux, les grands remèdes : Boris Vian n'hésite pas à choquer le lecteur pour mieux convaincre ”(3). Voilà pourquoi le discours que la France met actuellement dans la bouche de certains Africains nous choque et en même temps nous convainc que le verrou vient de sauter…
Avec un Pib égal à celui du Portugal, il faut que tous les Africains sachent que Bongo a construit cinq kilomètres de routes par an dans son pays ! Qu’il laisse le taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde ! Que “ la manne pétrolière n’a pas profité aux Gabonais : elle nous a profité, ” dit Eva Joly presqu’en s’excusant ! Qu’il a institutionnalisé l’homosexualité d’Etat au Gabon et que le peu d’enfants nés sous son règne dans son pays, lui sont souvent attribués. Qui ne connaît des histoires folles sur ses mœurs sexuelles et les fameuses montres de Bongo…Il marquait au fer rouge tout ce qu’il touchait, comme du bétail. Il y a quelques années, ne s’est-il pas fait livrer des mannequins blanches à domicile alors que l’on soupçonnait déjà qu’il ne mourrait pas d’un banal cancer, de quoi déjà ? Combien d’Africains, combien de Gabonais savent à quel prix ce scandale fût couvert…par ses amis français !
J’écoutais ce matin encore sur une des télévisions financées probablement par Bongo, une spécialiste expliquer que la plupart des personnes qui ont subi des violences (sexuelles) dans leur enfance en arrivent souvent à des comportements d’autodestruction qui relève de cette haine de soi. Et parmi ces comportements, il y a la prostitution. Sans vouloir faire de la psychanalyse à la petite semaine, il faut peut-être se dire que si tant de gens en arrivent à regretter Bongo, si tant de d’honorables Français vont aller pleurer sur sa tombe le 18 Juin (!!!), c’est au-delà d’une “ grande dette ” de la France à l’ Afrique. Ils vont faire le déplacement pour pleurer sur leur misère personnelle. Et l’autre qui parlait “ d’amour et de paix ” à propos de Bongo, il n’a certainement pas lu Tolstoï…

Entre Barak Obama et Ben Laden
“ Ce livre est terrible, parfois même choquant, et à la fois, il nous fascine, on continue à le lire avec un grand plaisir. Boris Vian a la faculté de nous emporter dans son roman, et nous fait passez des moments forts à chaque ligne tout aussi agréable que malheureux . On prend le parti d'un assassin... C'est fou ! C'est Boris Vian ! ” Omar Bongo ne fut ni un Sage, ni un grand président. J’ai entendu des commentaires incroyables : que Bongo aurait préparé sa succession ! La grosse blague. Que la passation de pouvoir s’est faite selon la Constitution ! Il y aurait donc une Constitution au Gabon ? Que l’Opposition gabonaise (comme celle du Cameroun, on connaît la chanson !) ne serait qu’un ectoplasme ! Heureusement un Gabonais a rassuré les invités de Thierry Ngongang au moins sur ce point …
A notre connaissance, le Mouvement “ Bdp ”(4) existe depuis bien des années et il n’a pas dit son premier mot. En bons Bantous, on nous conseille de laisser passer le deuil. On aurait souhaité que cette terre du Gabon qu’il a tant maudite, allant jusqu’à traiter son peuple de “ chiens ”(5) lui soit épargnée et que comme d’autres de ses compères, sa dépouille reste en terre étrangère et pourquoi pas au Panthéon ou du moins au Père Lachaise pour services rendus. Cela aurait été la seule façon honorable de ne pas continuer à souiller la terre de nos ancêtres. Malheureusement à ce jour, l’Afrique n’a pu produire que Barak Obama, trop gentil, le président tout sourire comme les Blancs les aiment. Si on me demandait mon avis, je dirais comme l’ami Shanda (6) “ une si grande honte, sagesse et puissance de pacotille, des maladies douteuses, des morts que l’on cache, des mythes de succession dans la stabilité : un discours pour nègres. ” Attendons voir, un Ben Laden peut en cacher un autre. Si non, j’irai cracher sur leurs tombes.

http://mle.blogspirit.com
mle_otabela@hotmail.com

notes
1. Cette critique est inspirée du commentaire d’une internaute sur le net.
2. Eteki Otabela M.L. : Le totalitarisme des Etats africains, le cas du Cameroun , l’ Harmattan Paris 2001; revoir notre commentaire dans notre livre à sortir chez l’ Harmattan : une religieuse occidentale en mission au Gabon nous assurait que le totalitarisme au Gabon est bien pire que celui que nous décrivons au Cameroun…
3. idem1
4. le Mouvement “ Bongo doit partir ”, bdp a été le code discret entre Gabonais sur le Net…
5. Dans une des interviews de Bongo passée à la télé dans l’actuel concert des louages : le président interviewé sur les Gabonais qui jugent sa politique, répond : “ les Chiens aboient la caravane passe ” !
6. Cf. Le papier de Shanda Tonme ds Le Messager du mardi 9 Juin : De Mobutu à Bongo et la suite…

La chronique de Marie Louise Eteki-Otabela/LeMessager

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20 juin 2009

PAUVRE GABON!ON REPREND LES MÊMES ET REBELOTE. J'APPELLE A L'UNITE DE L'OPPOSITION POUR METTRE LE BONGOÏSME HORS D'ETAT DE NUIRE

Composition du Gouvernement de la République gabonaise

   

PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

Jean ÉYÉGHÉ NDONG: (Reconduit)

VICE - PREMIERS MINISTRES:

Georgette KOKO : (Reconduite) Vice premier Ministre, Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable

Paul MBA ABESSOLE : (Reconduit) Vice premier Ministre, Ministre de la Culture et des Arts de l’Education populaire, de la Refondation et des Droits de l’Homme

Honorine DOSSOU NAKI : (Reconduite) Vice - Premier Ministre, Ministre du Contrôle d’Etat, des Inspections, de la Lutte contre la Corruption et l’Enrichissement illicite.

MINISTRES D’ETAT

Casimir OYE MBA : (Reconduit) Ministre d’Etat, Ministre des mines, du Pétrole, des Hydrocarbures

Paul TOUNGUI : (Reconduit) Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l’Intégration régionale

François ENGONGAH OWONO : (Reconduit) Ministre d’Etat, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Prévoyance sociale et des Relations sociales

MINISTRES :

Idriss NGARI : (Reconduit) Ministre de la Santé publique et de l’Hygiène publique:

Jacques ADIAHENOT : (Reconduit) Ministre de la Marine Marchande, de la Navigation intérieure et des équipements Portuaires:

Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU : (Muté) Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle des jeunes et de l’Insertion des jeunes

Ali BONGO ONDIMBA (Reconduit) : Ministre de la Défense nationale

Sylvestre RATANGA : Reconduit) Ministre des Transports et de l’Aviation civile

André Mba OBAME : (Muté) Ministre de la Coordination et du Suivi de l’Action Gouvernementale

Emile NDOUMBA (Muté) Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Evaluation des politiques publiques

André KOMBILA KOUMBA : (Muté) Ministre Ressources hydrauliques et des Nouvelles énergies

Pierrette DJOUASSA (Reconduite) Ministre de la Justice Garde des Sceaux

Richard Auguste ONOUVIET (Reconduit) Ministre de la Décentralisation et de la Politique de la Ville

René NDEMEZO’O OBIANG (Reconduit) Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Loisirs, chargé de Vie associative, porte parole du Gouvernement

Paul BIYOGHE MBA (Reconduit) Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Sécurité alimentaire et développement rural.

Franck Emmanuel ISSOZET-NGONDET (Muté) Ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions constitutionnelles

Martin MABALA (Muté) Ministre le l’Economie forestière, des Eaux et de la Pêche

Jean-François NDONGOU (Muté) Ministre de l’Intérieur, des Collectivités Locales de l’immigration et de la Sécurité, chargé de la Protection civile

Angélique NGOMA (Reconduite) Ministre de la Famille, de la promotion de la Femme et de la Protection de la Veuve et de l’Orphelin:

Blaise LOUEMBE (Reconduit) Ministre de l’Economie, des Finances, du Budget, de la Programmation des investissements chargé de la Privatisation

Michel MENGA M’ESSONE (Reconduit) Ministre de l’Education Nationale et de l’Instruction civique

Denise MEKAM’NE (Reconduit) Ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité et de la lutte contre le Sida

Laure Olga GONDJOUT (Reconduite) Ministre de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’information

Flavien NZENGUI NZOUNDOU (Reconduit) Ministre des Travaux Publics, des Infrastructures et de la Construction

Vincent ESSONO MENGUE (Reconduit) Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de la lutte contre la Pauvreté

Anaclet BISSIELOU (Reconduit) Ministre du développement, de la Performance publique, de la Prospective et de la statistique

Josué MBADINGA
(Reconduit) Ministre du Logement, de l’Habitat et de l’Urbanisme

Patrice TONDA (Reconduit) Ministre du Commerce et de la Promotion de l’Industrie, chargé du NEPAD

Yolande BIKE (Reconduit) Ministre du Tourisme et des Parc Nationaux:

Alain MENSAH ZOGUELET (Reconduit) Ministre de la Fonction Publique:

Fabien OWONO NGOUA
(Reconduit) Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et du développement technologique:

MINISTRES DELEGUES

Paul BOUDOUNGOU LATHA (Reconduit) Ministre Délégué auprès du Vice premier Ministre, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable

Sylvain MOMOADJAMBO (Reconduit) Ministre délégué auprès du Ministre des mines, du Pétrole, des Hydrocarbures

Noël Nelson M’ESSONO (Reconduit) Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l’Intégration régionale

Norbert DIRAMBA (Reconduit) Ministre délégué auprès du Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Prévoyance sociale et des Relations sociales:

André Christ NGUEMBI
(Reconduit) Ministre délégué auprès Ministre de la Marine Marchande, de la Navigation intérieure et des équipements Portuaires

Charles MBA
& Solange MABIGNATH (Reconduit) Ministres délégués auprès du Ministre de l’Economie, des Finances, du Budget, de la Programmation des investissements chargé de la Privatisation

Hugues Alexandre BARRO CHAMBRIER
(Reconduit) Ministre Délégué auprès Ministre du développement, de la Performance publique, de la Prospective et de la statistique

Philipe NZENGUE MAYILA (Reconduit) Ministre Délégué auprès du Ministre de la Santé publique et de l’Hygiène publique

Jean Mari KOUMBA SOUVI
(Reconduit) Ministre délégué auprès du Ministre de l’Intérieur, des Collectivités Locales de l’immigration et de la Sécurité, chargé de la Protection civile

Théophile MBA NDEME
(Reconduit) Ministre délégué à l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et du Développement technologique

Célestin BAYOGHA
(Reconduit) Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Economie Forestière, des Eaux et de la Pêche

Maître Fabien MERE
(Muté) Ministre délégué aux Travaux Publics

Alexis BOUTAMBA (Reconduit) Ministre délégué auprès du ministre de la Décentralisation et la ville

Source: A. Mba Asséko - UPG

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19 juin 2009

La France et le double langage : violences potentielles au Gabon

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Image Exemple(...) Cette réalité, s'ajoutant à d'autres épisodes, renvoie au rayon des illusions perdues nombre de promesses parisiennes de rompre avec les mauvaises habitudes de la France dans ses ex-colonies. Mais elle est surtout porteuse de violences potentielles, car la population gabonaise n'a nullement l'intention de se laisser imposer - par Paris ou qui que ce soit d'autre - une succession héréditaire de type monarchique. Que la France poursuive ce double langage, et le Gabon risque de s'ajouter à la Côte d'Ivoire ou au Togo sur la liste des dérapages africains sanglants. Le défi est, précisément, de l'éviter (...)

La mort du président gabonais Omar Bongo, pivot de l'influence française sur le continent africain, met Paris au défi : l'ancienne puissance coloniale sera-t-elle capable de se tenir à la bonne distance dans la bataille pour la succession du"doyen de l'Afrique" ? De la réponse à cette question dépend la crédibilité de la France, mais aussi la paix civile au Gabon.

L'affaire n'est pas aisée, tant ce pays apparaît comme une caricature de ces liens incestueux et de cette fausse indépendance de la "Françafrique". Pendant les décennies de règne d'Omar Bongo, la France a soutenu un régime autoritaire et prédateur, sans pitié pour les opposants, dont les barons ont capté les dividendes du pétrole, arrosé les partis politiques français, massivement investi dans l'immobilier de luxe à Paris et laissé le peuple dans la misère. Sortir de cette complicité ne sera pas simple non plus, tant sont ambivalentes les attentes à l'égard de la France, dont les Gabonais attendent la protection et l'aide, tout en refusant l'ingérence.

Nicolas Sarkozy, en affirmant à Libreville que "la France n'a pas de candidat" pour l'après-Bongo, a prononcé de justes paroles. La mort du vieux potentat a ouvert d'immenses espoirs au sein d'une population qui, satellite et Internet aidant, sait parfaitement qu'elle vit en dehors des normes de la démocratie.

Mais la promesse de neutralité du président français masque des réalités plus inquiétantes. M. Sarkozy entretient des relations avec deux des enfants d'Omar Bongo, dont Ali, candidat à la succession, qu'il a reçu à l'Elysée en décembre, alors que chacun connaissait déjà la dégradation de l'état de santé de son père. Le président de la République utilise aussi les services de Robert Bourgi, dernier héritier des réseaux gaullistes de Jacques Foccart, qui se présente volontiers comme faiseur de roi. Or celui à qui M. Sarkozy donne du "cher Robert" a mis son entregent au service d'Ali Bongo.

Cette réalité, s'ajoutant à d'autres épisodes, renvoie au rayon des illusions perdues nombre de promesses parisiennes de rompre avec les mauvaises habitudes de la France dans ses ex-colonies. Mais elle est surtout porteuse de violences potentielles, car la population gabonaise n'a nullement l'intention de se laisser imposer - par Paris ou qui que ce soit d'autre - une succession héréditaire de type monarchique. Que la France poursuive ce double langage, et le Gabon risque de s'ajouter à la Côte d'Ivoire ou au Togo sur la liste des dérapages africains sanglants. Le défi est, précisément, de l'éviter.

Source : Le Monde

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18 juin 2009

Gabon - France : Bongo, bon gars du Gabon ?

Le président du Gabon est mort. Autour de ce décès, on assiste à une indulgence quasi obscène des médias occidentaux (à quelques exceptions dont Libération NDLR) et un chapelet d’indécentes éloges de la part de la classe politique français (en dehors du propos très critique d’Eva Joly sur le bilan des années Bongo), de ses amis, proches ou lointains, sans aucun égard pour le peuple gabonais qu’il a martyrisé quarante-deux ans. Si l’on cite un à un les attributs que ses thuriféraires lui accolent au lendemain de sa mort, on peut légitimement se demander de qui l’on se moque.

«Le sage».

Cet autocrate a manqué de sagesse lorsqu’il s’est agi de gérer la manne pétrolière de son pays. Dans les années 60, le Gabon était membre de l’Opep mais si on le compare à Dubaï, c’est un vaste bidonville où le peuple croupit dans la misère et regarde les 10 000 à 15 000 profiteurs du régime (acheté par le génie corrupteur de cet autocrate) se gaver de l’argent du pétrole et du bois et regardant de loin l’étalage des propriétés privées de la famille Bongo, au Gabon, au Maroc et en Europe.

«Le doyen».

Pour sa longévité aux affaires. Dans ce cas, Fidel Castro serait encore plus «doyen» que lui. Par ailleurs, aurait-on qualifié Georges Pompidou (devenu président français en 1969, soit deux ans après l’accession à la présidence gabonaise d’Omar Bongo) de doyen s’il s’était accroché au pouvoir jusqu’en 2009 ? Imagine-t-on un seul instant Helmut Schmidt, Margaret Thatcher ou un autre chef de gouvernement européen ainsi s’éterniser au pouvoir ? Les aurait-on qualifiés de doyen ? Seul le regard condescendant que les hommes politiques européens portent sur l’Afrique permet de justifier qu’un autocrate comme Bongo quitte la scène
sous un tel cortège de louanges.

«L’ami de la France»

était l’ennemi de son propre pays qu’il a maintenu dans la pauvreté, au point de ne pouvoir y construire un hôpital décent (sa femme étant décédée le 14 mars dans un hôpital marocain et lui-même dans un établissement hospitalier espagnol deux mois plus tard). Combien de Gabonais qui vivent dans les matitis (favelas de Libreville) peuvent se payer des soins à l’étranger ?

«Le facilitateur de la paix dans de nombreux conflits en Afrique».

Encore une flibusterie, quand on sait que Bongo et son régime ont soutenu les sécessionnistes du Biafra au début des années 60 (bilan, entre un et trois millions de morts) ou les attaques de Bob Denard contre le régime de Mathieu Kérékou au Bénin quelques années plus tard. Bongo a aussi permis la déstabilisation de plusieurs autres régimes africains. Il a géré de main de maître la transmission monarchique entre Eyadema et son fils Faure Gnassingbé au Togo. Dans son pays, il a muselé la presse, détruit des stations de radio au bulldozer, éliminé physiquement des opposants.

Aujourd’hui, on veut nous présenter Bongo comme un héros. On minimise désormais le fait qu’il a pillé son pays, que sa défunte femme possédait 50 comptes à l’étranger, on appelle à une transition en douceur pour que se perpétuent les souffrances du peuple gabonais. Tout se passe comme si, même la mort ne pouvait pas arrêter le système Bongo.

Pourtant, sa disparition physique devrait constituer une vraie bouffée d’oxygène pour les centaines de milliers de Gabonais qui n’ont jamais pu bénéficier de la nature généreuse de leur pauvre petit pays riche pris en otage par Bongo et ses amis. Ces milliers de personnes à qui on impose la paix des pauvres.

Non, au Gabon, Bongo n’était pas un bon gars.

Source: Camer.be

© Libération : EYOUM NGANGUÈ journaliste camerounais, fondateur de l’association des journalistes africains en exil.

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17 juin 2009

UN TRES GRAND BRAVO AU Dr D. MENGARA MINKO POUR SA LETTRE OUVERTE A MME LA PRESIDENTE PAR INTERIM DU GABON ROSE FRANCINE ROGOMBE

Lettre Ouverte du Dr. Daniel Mengara à Madame Rose Francine Rogombé, Présidente par intérim de la République gabonaise: « Affirmez vos prérogatives, Madame, ou démissionnez si vous n’êtes pas capable »

Daniel Mengara [1]

Dr. Daniel Mengara, Président, BDP-Gabon Nouveau

Dans une lettre ouverte à Mme Rose Francine Rogombé, Présidente par intérim de la République gabonaise, le Dr. Daniel Mengara interpelle la nouvelle présidente de la République par intérim du Gabon, lui enjoignant de ne pas rater le coche de l’histoire et de favoriser une transition démocratique immédiate au Gabon qui ne soit ni bâchée ni précipitée.  « Affirmez vos prérogatives, Madame, ou démissionnez si vous n’êtes pas capable », lance-t-il à la chef de l’Etat gabonaise par intérim.

Ci-dessous le contenu de la lettre

Bureau du Président


BONGO DOIT PARTIR

Son Excellence Mme Rose Francine Rogombé
Présidente intérimaire de la République
Libreville, Gabon

N/R : BDPGN/USA/DIR/PR/DM/090617/001

OBJET : Lettre Ouverte du Dr. Daniel Mengara à Madame Rose Francine Rogombé, Présidente par intérim de la République gabonaise: « Affirmez vos prérogatives, Madame, ou démissionnez si vous n’êtes pas capable »

Madame la Présidente,

C’est avec consternation, mais également une profonde déception, que je me trouve aujourd’hui obligé, au nom du BDP-Gabon Nouveau et du peuple gabonais, de vous rappeler à vos obligations en vous demandant d’affirmer, immédiatement, vos prérogatives de Présidente de la République du Gabon. La nature intérimaire de vos fonctions ne vous dispense aucunement, Madame, du devoir de faire triompher les prérogatives constitutionnelles qui sont aujourd’hui vôtres, aux fins de sortir le Gabon du bourbier politique dans lequel il se trouve.

Il me semble que la manière avec laquelle vous avez géré l’intérim du pouvoir jusqu’à présent, et, donc, manqué d’affirmer les injonctions de la Constitution, s’est révélée émaillée de vices de procédure et de forme qui sont non seulement autant de violations de la Constitution, mais également autant de signes qui trahissent un manque de caractère et de courage préoccupants. Vous semblez même avoir compromis l’avenir du Gabon en vous préoccupant plus d’un deuil national de 30 jours dont les Gabonais, franchement, n’ont que faire, que de l’urgence de la mise en place de la transition démocratique que les Gabonais attendent. Ceci est inacceptable.

Laissez Omar Bongo aux morts et à Dieu, Madame, et occupez-vous des vivants qui, eux, attendent des soins et meurent actuellement dans les hôpitaux-mouroirs du Gabon, parce que sans médecins et sans médicaments. Occupez-vous des enfants affamés dont les parents sans emploi attendent en vain le développement économique depuis 42 ans.

De quels vices de procédures et de quelles violations de la Constitution parlé-je ?

1) Dès le jour de votre prestation de serment, Madame, vous auriez dû exiger immédiatement la démission du gouvernement actuel. Ce gouvernement n’étant pas le vôtre, mais celui de votre prédécesseur, il était important que vous exigiez sa démission et formiez, de préférence, une toute nouvelle équipe. Comme l’a confirmé la Cour constitutionnelle dans une décision rendue publique par le journal L’Union du vendredi 12 juin 2009,  « les fonctions du gouvernement cessent automatiquement à l’issue de la prestation de serment du président de la République élu ou désigné ». Vous n’avez pas fait appliquer ces injonctions. Pourquoi ?

2) Dès le jour de votre prestation de serment, Madame, vous auriez dû prendre possession du Palais Présidentiel de la République, qui aurait par conséquent dû devenir votre lieu de résidence et de travail obligatoire dès la prise de fonction. Omar Bongo étant mort, nous nous demandons ce que la famille Bongo fait encore en ces lieux. Vu que la plupart des membres de cette famille et les autres bongoïstes en tous genres qui s’y trouvent encore n’avaient que des fonctions politiques, toutes ces fonctions auraient dû prendre fin avec le décès d’Omar Bongo. Le fait que les enfants Bongo soient encore maîtres du Palais présidentiel et que vous, en tant que Présidente de la République, soyez réduite à les regarder faire, est un affront intolérable envers la Constitution et les prérogatives présidentielles qu’elle vous confère. C’est donc un affront à l’encontre du peuple. Quand allez-vous faire cesser ce désordre ?

3) Dès le jour de votre prestation de serment, Madame, vous auriez dû immédiatement annoncer le calendrier électoral. La technicité de la Présidence par intérim au Gabon est telle qu’elle ne vous permet aucune marge de manœuvre. Vous êtes, de par votre statut actuel, une sorte de « Madame élections » ou de « Présidente électorale ». C’est là, en fait, votre toute première priorité. Le fait que vous ayez déjà, depuis votre prestation de serment, fait perdre au pays 8 jours sur les 30 à 45 commandés par la Constitution est un fait hautement préoccupant. Allez-vous nous dire, Madame, que vous allez maintenant mener la nation à un processus électoral bâclé en seulement 22 ou 37 jours, sans avoir au préalable dit à qui que ce soit comment vont se dérouler les élections et à quel moment le processus électoral va commencer ? Que nous préparez-vous comme surprise, Madame ?

4) Vous avez, Madame, laissé Pascaline Bongo et sa famille vider les coffres-forts dans lesquels Omar Bongo gardait les milliards en cash avec lesquels il corrompait la classe politique gabonaise et organisait la mafia franco-gabonaise. On nous dit que des milliards se trouvaient dans ces coffres au moment de sa mort. Ces milliards et coffres-forts auraient dû être bloqués et la famille Bongo privée d’accès à la Présidence tant qu’un huissier de justice n’aurait pas, dans le cadre d’une Commission d’évaluation et d’enquête, fait l’état des lieux au palais Présidentiel et différencié les biens qui appartenaient à Monsieur Bongo de ceux qui appartenaient à l’Etat. Vu que vous avez quasiment hérité des mêmes pouvoirs étendus que ceux qui ont permis à Omar Bongo de faire la pluie et le beau temps au Gabon pendant 42 ans, pourquoi n’utilisez-vous pas ces pouvoirs pour remettre de l’ordre dans la famille Gabon et faire respecter non seulement la Constitution, mais aussi les prérogatives qui viennent avec les hautes fonctions que vous occupez ?

Madame la Présidente, les seuls faits ci-dessus évoqués devraient suffire pour vous montrer pourquoi nous vous demandons aujourd’hui même d’affirmer votre personnalité et de sortir de l’emprise des Bongo. La Constitution vous y autorise. Affirmez donc vos prérogatives, Madame, ou démissionnez si vous n’êtes pas capable.

Au cas où vous ne le saviez pas, Madame, le BDP-Gabon Nouveau a souhaité, et organisé, votre arrivée au pouvoir parce que nous savions que c’était la seule manière de barrer, constitutionnellement, le chemin à la famille Bongo qui essaie, depuis la suspension subite des activités présidentielles de Monsieur Bongo le 6 mai, de s’instituer en famille monarchique maîtresse absolue du Gabon. Nous avions tout simplement pensé qu’en faisant tout pour que vous arriviez au pouvoir, l’application des procédures intérimaires serait suffisante pour barrer, même à titre temporaire, le chemin aux velléités de prise de pouvoir antidémocratique d’Ali Bongo et de sa sœur.

Il vous souviendra, en effet, Madame, que le BDP-Gabon Nouveau fut le seul mouvement politique gabonais qui avait, dès le 15 mai, c’est-à-dire 9 jours après la « disparition » mystérieuse d’Omar Bongo de la scène publique, fait du sujet de la vacance du pouvoir son cheval de bataille. C’est ainsi que nous avons pu susciter dans le pays le débat sur la vacance du pouvoir présidentiel au Gabon en écrivant aux diverses institutions de la République, y compris le Sénat que vous présidiez encore, pour leur demander de constater cette vacance.

Tandis que toute la classe politique et civile gabonaise continuait à garder un mutisme inquiétant sur ce sujet, le BDP-Gabon Nouveau monta de nouveau au créneau dans la semaine du 18 mai en distribuant 10.000 tracts dans les quartiers de Libreville, aux fins d’inviter les populations à un meeting du 23 mai au Carrefour Rio, meeting qui avait pour but, une fois de plus, de demander publiquement aux institutions qui en ont les prérogatives de constater la vacance du pouvoir au Gabon. A cette époque, le BDP-Gabon Nouveau savait déjà que Monsieur Bongo ne reviendrait pas vivant au Gabon. Cependant, ce que nous voulions surtout, c’était rapidement provoquer au Gabon le débat sur la vacance du pouvoir aux fins justement de forcer les institutions gabonaises à la reconnaissance de cette vacance.

Pourquoi était-il si important pour le BDP-Gabon Nouveau de voir la vacance du pouvoir reconnue et Rose Francine Rogombé devenir Présidente du Gabon par intérim ?

Tout simplement parce que nous savions que si ce débat devenait réalité, et la vacance constatée, le régime serait obligé de donner le pouvoir à la Présidente du Sénat, c’est-à-dire à vous, Madame Rogombé. Nous ne voulions tout simplement pas laisser à Ali Bongo et à ses complices le temps de préparer le coup d’état ou, à défaut, la modification de la Constitution qu’ils mijotaient. Ainsi, malgré l’interdiction de notre meeting de Rio du 23 mai par le Ministre de l’intérieur, nous avons, toujours dans le cadre de notre « stratégie du mouton », récidivé en annonçant le 31 mai que le BDP-Gabon Nouveau allait envoyer une délégation en Espagne le 13 juin 2009, aux fins d’établir la vérité sur l’état de santé de Monsieur Bongo.

Ce que la plupart des Gabonais ne savaient pas est que, détenant de source sûre un certain nombre d’informations, le BDP-Gabon Nouveau se préparait à aller annoncer, devant la clinique Quiron à Barcelone, qu’Omar Bongo était mort. Nous avions ainsi eu l’intention de mettre fin aux mensonges du gouvernement une bonne fois pour toutes. Nous soupçonnons que ceux qui, dans le régime, contrôlaient l’information sur la mort de Monsieur Bongo ont eu vent de notre plan et se sont donc sentis obligés de reconnaître, comme nous le voulions, le décès d’Omar Bongo, enclenchant ainsi le processus intérimaire que nous demandions depuis le 15 mai.

Autrement dit, toute la stratégie du BDP-Gabon Nouveau depuis le 15 mai consistait à « canaliser » rapidement le régime Bongo, comme un troupeau de moutons (d’où la stratégie dite « du mouton »), vers l’obligation de reconnaître la vacance du pouvoir au Gabon. Ceci faisant, nous avons pris de court Ali Bongo et ses amis en les privant du temps dont ils avaient besoin pour leur plan de prise de pouvoir au Gabon par des voies autres que celles des urnes. Aujourd’hui, sauf cas de coup d’état direct contre le pouvoir intérimaire de Rose Rogombé, il serait difficile de voir comment Ali Bongo pourrait arriver au pouvoir sans passer par une élection. Notre premier objectif, celui d’obliger le régime à passer par des élections est donc atteint. Un jour, les Gabonais nous en remercieront car, quels que soient les risques de fraude électorale, une élection porte toujours en elle le potentiel d’une révolution. C’est donc désormais aux Gabonais de s’organiser pour que, cette fois-ci, personne ne leur vole cette élection.

Il s’en suit donc, Madame la Présidente, que votre présence à la tête de l’Etat aujourd’hui grâce au travail stratégique de notre mouvement implique que vous ne deveniez point la marionnette de la famille Bongo. Les prérogatives de Présidente de la République que la Constitution actuelle vous donne sont telles que vous avez pleinement le droit, le pouvoir et le devoir:

1) d’exiger la démission immédiate de tous les membres du gouvernement Eyegue Ndong, y compris celle d’Ali Bongo et d’André Mba Obame, les mauvais enfants gâtés de la République. Du moment, par ailleurs, où il n’y a aucune obligation pour vous de les reconduire, vous avez, Madame, la possibilité de nettoyer le pays de tous ces bongoïstes qui détruisent l’âme du peuple gabonais depuis 42 ans. Faites du neuf, Madame, et osez le changement. La Diaspora gabonaise toute entière vous soutiendra et vous aidera à moderniser le Gabon, pourvu que vous sachiez vous allier leurs intelligences en vue d’un Gabon Nouveau. A vous toute seule, Madame, vous seriez, avec l’aide du peuple gabonais, capable de sauver le Gabon de la gangrène bongoïste. Vous en avez le pouvoir, assumez-le.

2) de faire que la transition actuelle soit une véritable transition démocratique qui ne soit ni précipitée ni bâclée. La seule manière de le faire, Madame, serait de réunir, immédiatement, toute la classe politique et associative gabonaise, aux fins de développer une entente autour de la nécessité de réformer les institutions avant la tenue des élections anticipées prévues pour dans quelques semaines. Il y a quelques jours, la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National, dont le BDP-Gabon Nouveau fait partie en tant que membre signataire, vous a fait parvenir une proposition de Constitution [3] et un Plan de Paix et de Réconciliation Nationale [4] qui constituent de bons exemples de ce que les Gabonais attendent de vous, c’est-à-dire :

- la mise en place, avant l’élection, d’une Constitution moderne et démocratique qui serait soumise au peuple par référendum aux fins de rendre réelles un certain nombre de réformes capables de stabiliser et d’optimiser le système politique gabonais, notamment par une modernisation démocratique qui, entre autres, réduirait les pouvoirs du Président de la République, remplacerait le Sénat par des parlements et gouvernements provinciaux, renforcerait les pouvoirs du Premier ministre et de l’Assemblée nationale, rendrait la justice indépendante du pouvoir exécutif, renforcerait l’équilibre des pouvoirs, ramènerait le mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une fois et ré-instituerait le mode de scrutin à deux tours ;

- la mise en place d’un gouvernement de transition et d’union nationale sans exclusive qui aurait pour tâche, pendant une durée de six mois ou même d’une année, d’organiser une vraie transition démocratique par la mise en place des réformes nécessaires en vue de la démocratisation immédiate du pays et la tenue d’élections transparentes entièrement supervisées et organisées par l’ONU ; le Plan de Paix et de Réconciliation Nationale soumis à votre attention par la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National contient des détails importants sur la manière dont une telle transition devrait être menée.

- la possibilité de réconcilier les Gabonais dans le cadre d’une Commission de la Vérité, de la Repentance et de la Réconciliation Nationale (COVERRNA). Le Plan de Paix et de Réconciliation Nationale soumis à votre attention par la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National contient, là encore, des détails importants sur la manière dont une telle commission pourrait être mise en place.

Madame la Présidente,

Le moment est venu pour vous d’arrêter ces tergiversations anticonstitutionnelles qui, plus le temps passe, vous rendent complice de l’agression des bongoïstes à l’encontre de la Constitution gabonaise, donc du peuple gabonais. Malgré votre appartenance au régime Bongo, je vous ai toujours prise pour une femme de principes et de caractère. Votre accession à la magistrature suprême n’est pas historique uniquement sur la base de votre féminité, elle l’est aussi sur la base de la chance historique que vous avez, de par vos prérogatives sous la Constitution actuelle, de balayer d’un revers de la main les crimes bongoïstes qui ont fait subir une insoutenable agonie à notre pays pendant près de 42 ans. Nous ne vous demandons pas la chasse aux sorcières. Nous demandons la Réforme démocratique sur base de consensus national. Le Plan de Paix de la Coalition, et la proposition de nouvelle Constitution [3] faite par cette Coalition, participent de cet élan pour la paix et la réconciliation nationale.

Parce que le Gabon n’est pas une monarchie, et parce que de nombreux Gabonais, y compris ceux du BDP-Gabon Nouveau et de la Diaspora gabonaise tout entière, sont prêts à vous soutenir si vous affirmez, dès maintenant, les prérogatives qui vous sont commandées par la Constitution, nous vous saurions gré, Madame, de mettre fin, ici et maintenant, à l’intolérable agonie du Gabon. Les Gabonais ne sont pas prêts à accepter une présidence héréditaire au Gabon et s’opposeront de toutes leurs forces à une autre prise de pouvoir par la famille Bongo car les Gabonais sont fatigués d’attendre. Ils sont fatigués de mourir. Ils sont fatigués d’un pays où des Présidents, après avoir pillé leur pays pendant plus de quatre décennies, vont mourir à l’étranger loin des leurs, comme des chiens, et dans la honte et l’humiliation la plus totale, parce que le sous-développement qu’ils ont imposé à leur pays aura fini par les rattraper au moment où ils n’ont pu trouver sur place aucun hôpital capable de les soigner quand ils en avaient urgemment besoin. Imaginez les milliers de Gabonais qui, eux, meurent chaque année dans des conditions animalières dans les hôpitaux-cimetières du Gabon, sans toutefois pouvoir, eux, s’offrir le luxe de s’exiler en Espagne ou au Maroc pour des checkups annuels ou le suivi médical lié au cancer ou au SIDA !

Madame la Présidente, si vous ratez le coche de l’histoire en n’organisant pas, immédiatement, une transition démocratique telle que celle qui vous a été proposée par la Coalition Gabonaise du Refus et de Salut National, vous risquez d’être entraînée dans le sillage anti-démocratique de ceux qui, derrière et autour de vous, fomentent la mort du Gabon. Et lorsqu’ils auront accompli leurs forfaits, ils vous en feront porter la responsabilité car c’est sous votre autorité qu’ils tireront demain à balles réelles sur les Gabonais révoltés. Ne le leur permettez pas.

Au contraire, saisissez ce moment pour rassembler les Gabonais autour du plan de réforme, de paix et de réconciliation nationale que la Coalition du Refus et de Salut National vous a transmis, et évitez, ainsi, à votre pays des souffrances supplémentaires. 42 ans de bongoïsme et de dictature, cela suffit. Les Gabonais veulent la démocratie. Donnez-la leur, vous en avez le pouvoir.

La mort d’Omar Bongo, aussi douloureuse soit-elle pour les membres de sa famille qui en pleurent la disparition, et aussi libératrice soit-elle pour ceux qui en saluent l’avènement parce que, pendant 42 ans ils ont souffert dans leur être et dans leur âme, demeure, pour le peuple gabonais, une rare opportunité de renouveau et de redressement national.

Ne décevez pas, Madame la Présidente, ces attentes.

Fait à West Orange, New Jersey (USA), le 17 juin 2009

Dr. Daniel Mengara
Président, BDP-Gabon Nouveau

Ampliations :

  • - Madame Rose Francine Rogombé, Présidente intérimaire de la République

  • - M. Léonard Andjembé, Président intérimaire du Sénat

  • - M. Guy Nzouba Ndama, Président de l’Assemblée Nationale

  • - Madame Marie Madeleine Mborantsuo, Présidente, Cour Constitutionnelle

  • - Ambassades et Représentations diplomatiques au Gabon

Source: BDP-Gabon Nouveau

Posté par okouetch à 11:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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