21 mars 2009
BUREAUCRATIE - SECURITE DE L'EMPLOI - ABUS DE POUVOIR DES FONCTIONNAIRES
Le mot « bureaucratie » est polysémique. En politique, il désigne la forme d’État où le pouvoir est exercé et transmis par l’appareil administratif à lui-même. Dans ce cadre, l’administration se voit déléguer de nombreuses parcelles de pouvoir et aura la mainmise sur maints secteurs de l’activité humaine (politique, droit, économie).
Ce sens politique de « bureaucratie » rejoint celui courant pour désigner l’organe administratif du gouvernement associé à la croissance de l’État ainsi que aux nombre et pouvoirs élevés des bureaucrates (fonctionnaires).
Depuis quelques temps, les activités des gouvernements sont devenues tellement vastes et complexes que les pouvoirs ne sont plus vraiment exercés par les élus et les tribunaux mais par les fonctionnaires qui en sont ainsi investis d’un pouvoir discrétionnaire considérable.
Ainsi, devant la difficulté de rédiger, d’interpréter ou d’exécuter des lois portant sur des questions techniques ou compliquées (énergie atomique, réforme fiscale…), les représentants élus sont souvent amenés à déléguer les pouvoirs de le faire aux fonctionnaires. De même, face au manque de temps d’instruire les affaires nécessitant une interprétation de la loi, face à la carence de connaissances optimales pour comprendre et interpréter correctement les lois, les juges sont souvent contraints aussi de déléguer aux fonctionnaires le pouvoir d’adopter des règlements ayant force de loi, de les exécuter et d’imposer des sanctions à ceux qui ne les respectent pas. Enfin, les politiciens élus ne connaissant pas aussi bien que les fonctionnaires l’objet et les répercussions des nombreuses lois proposées, ils s’en remettent le plus souvent à l’avis des bureaucrates.
De la sorte, en plus de détenir le pouvoir administratif, les fonctionnaires exercent également des pouvoirs de nature politique, législative et judiciaire jadis entièrement exercés par les corps politiques, législatifs et les tribunaux.
C’est cela qui a souvent fait dire péjorativement au peuple que la « bureaucratie » était une organisation administrative caractérisée par la routine, la lourdeur, la complexité et surtout un pouvoir excessif de ses agents. Pour lui, les fonctionnaires, du fait de leur position collective d’autorité, concentrent tellement de pouvoirs entre leurs mains au point qu’ils s’en servent à leur avantage ce, d’autant plus que le trait de « carrière » de la bureaucratie leur garantit une certaine sécurité professionnelle.
Cette caractéristique de « carrière » de la « bureaucratie » offre aux fonctionnaires des garanties qui ont pour effet de maximiser leur sécurité professionnelle (sécurité d’emploi, promotion, salaire). Elle les préserve de toute ingérence politique au sens où les élus s’interdiront de politiser l’administration quant au recrutement ou à la promotion du personnel selon des critères d’allégeance partisane que de mérite ou de compétence. Ainsi, c’est cette trop grande sécurité de l’emploi et concentration des pouvoirs des fonctionnaires qui affaiblit l’autorité dans une bureaucratie et renforce son sens péjoratif ce, en violation de la conception wébérienne d’autorité rationelle-légale de « bureaucratie ».
En effet, à partir des formes d’autorité « traditionnelle » (elle se fonde sur les coutumes fortement ancrées dans les mentalités, l’autorité n’étant plus dans la personnalité du leader mais dans le rôle que le reconnaît la tradition) et « charismatique » (c’est l’acceptation par tous de la supériorité d’une personnalité, d’un leader providentiel dont les qualités transcendantes de leader sont reconnues) de « bureaucratie » non intéressantes individuellement à ses yeux, M. Weber arrive à la conclusion que la « bureaucratie » doit reposer sur une autorité rationnelle-légale pour être la meilleure forme de structure organisationnelle. Par « rationnelle », il entend adéquation des moyens aux fins et par « légale », il entend respect des règles comme seule source d’autorité.
Pour lui donc, seul dans ce contexte, l’administration publique devrait évoluer pour être efficiente pour autant aussi qu’elle repose sur les principes de formalisation des règles (définition des tâches, rapports d’autorité, plans de carrière, modalités de sanctions…selon le principe de suprématie du droit), de spécialisation (définition stricte des tâches pour une meilleure complémentarité des emplois, utilisation optimale de l’expertise des spécialistes), de hiérarchie (stricte dépendance de chaque niveau inférieur par rapport au niveau supérieur), de codification des relations avec l’extérieur (équité dans le traitement des personnes, honnêteté, continuité, efficacité…).
En dehors de ce cadre d’autorité rationnelle-légale de la bureaucratie, les fonctionnaires qui ont beaucoup de pouvoirs ne peuvent pas ne pas en abuser. Aussi, pour lutter contre cette situation, il importe de procéder au renforcement de l’autorité, à l’expansion du marché et de la participation, au durcissement de la justice administrative.
Somme toute, malgré toutes les mesures visant à réduire le pouvoir détenu par les fonctionnaires et à prévenir son abus, force est tout de même de reconnaître que la bureaucratie a fait ses preuves et qu’il doit être évité de lui imputer systématiquement les défauts de conception d’une organisation et les conséquences d’une mauvaise gestion. Il suffit de l’inscrire dans un cadre rationnel, légal ou constitutionnel, d’état de droit fort pour que les fonctionnaires s’y conforment au risque d’être lourdement sanctionnés au cas échéant.
Jacques Janvier Rop's Okoué Edou,
Doctorant en Administration Publique (Evaluation des Programmes Publics)
17 mars 2009
SANS COMMENTAIRE(S)
Sujet : Bonjour papy…
De : JASMINE Soleine BONGO
Vers : x@xx
Bonjour Papy,
Ici à l’école à Monréal, des amis m’ont posé beaucoup de questions suite au drame qui secoue notre famille. Ils ne comprennent pas que tu veuilles encore continuer à aller au bureau alors que tu es fatigué et que yaya Edith vient de te laisser.
Ils m’ont demandé beaucoup des choses.
Par exemple, quel est le contrat que tu as signé avec le Gabon pour que tu ne veuilles vivre sans le poste de président ?
Ils ont aussi voulu savoir si c’est toi le seul qui peut toujours être président au Gabon ? Ils ont même demandé si tu étais né président, ou si grand-papy Ondimba avait été lui aussi président, au point que tu ne veuilles pas à ton tour vivre loin de cette fonction ?
Ils m’ont posé plein de questions et je n’ai pas pu les répondre.
Je leur ai promis cependant que je t’écrirais une lettre pour te demander pourquoi effectivement tu ne penses pas démissionner.
Yaya Edith est partie. Pourquoi ne prends-tu pas à ton tour ta retraite ?
Moi j’ai peur, car l’un d’entre eux est même allé jusqu’à me poser la question : Mais que faut-il que le peuple dise encore à ton grand-père pour qu’il comprenne qu’il est venu le temps pour lui d’aller se reposer ? Et aussi, quelle preuve lui faut-il encore pour qu’il comprenne que son temps de repos a sonné ?
Il y a même un, le plus méchant de la classe, un garçon de la famille d’un ministre qui habite à côté de tonton Ngari à Libreville, qui a plein de boutons à la figure, qui m’a raconté que dans la tradition, quand quelqu’un perd sa femme ou son mari, on le soustrait de la vie pendant un bon moment pour faire le deuil et se libérer de l’esprit de la personne avec laquelle on avait partagé beaucoup de choses.
Et il m’a même dit que c’est ce que tu avais fait après le décès de papy Rawiri, en te rendant en Inde laver le corps, et se libérer des pactes occultes qui te liaient avec lui.
Ça m’a surpris parce que maman m’avait dit que vous étiez parti en Inde pour aller vous baigner à la plage.
Je lui ai donc répondu au garçon qu’il mentait.
Et puis, je voulais te demander, c’est quoi les pactes occultes, papy ?
Le garçon a parlé, parlé, parlé. Il disait beaucoup de choses dont je me souvenais plus. Il a ajouté qu’en Inde, il s’agissait d’un ami. Or ici il est question de ta femme ! Il a dit que pour Rawiri, tu n’avais aucune réelle liaison pour observer un long deuil qui t’aurait éloigné du pouvoir. Mais que là, il s’agissait de ta femme, papy. Il s’agit d’une femme, d’une jeune femme, qu’il a dit, que tu nous as tous présenté à tous tes petits-enfants, et que nous avons tous aimé.
Il a dit qu’il s’agit aussi d’une fille, d’une petite fille, la fille de ton grand ami, papy Nguesso. Et même, il ne s’agit pas de n’importe quelle fille de tonton Sassou. Il a dit qu’il ne s’agit pas de tat Claudia, la belle-fille de papy Lemboumba, ni encore d’autres filles de papy Denis. Il a dit qu’il s’agit quand-même de yaya Edith, une femme qui t’a beaucoup aimé et qui a beaucoup aimé notre famille, sa famille d’adoption, les enfants, les petits-enfants et les arrières petits enfants Bongo.
Il a ajouté que même si il est vrai que toi tu ne l’aimais pas. Même si mamy ne l’aimait pas. Et même si aucune des tata gabonaises ne l’aimaient pas, que ce soit tata Chantal, tata Angélique, tata Marie-Madeleine ou même tata Paulette. Même si toutes ces tata ne l’aimaient pas parce qu’elles disaient qu’elles leur avaient pris le mari, mais toi papy, toi tu ne dois pas les suivre.
Il a parlé, parlé. Mais à la fin, j’ai commencé à voir qu’il avait peut-être raison papy !
J’ai appelé tous les autres au States et en Suisse, et nous avons décidé de te donner notre avis. En tant que la plus grande de tes petits-enfants, ils m’ont tous demandé de t’écrire.
Nous voulons que tu honores la mémoire de yaya Edith et que tu ailles te reposer au village à Bongoville, papy. Tous tes petits-enfants sont tous d’accord pour ça.
Nous ne voulons pas te voir mourir au palais comme les autres présidents. Nous ne voulons pas que tu finisses comme papy Eyadema qui était mort dans un avion, ni comme papy Lansana qui était décédé à la maison.
Nous voulons aussi te voir un jour jouer avec nos enfants.
S’il te plaît papy, va te reposer.
Et puis, regarde combien tu es de plus en plus fatigué. Sans parler de ta prostate que maman disait que les médecins n’arriveraient plus à soigner dans peu de temps.
Souvient-toi de ce que tu nous disais quand on était petits pendant que yaya Edith vivait encore. C’est toi qui nous racontais que tout homme vit et travaille pour s’occuper d’abord de sa femme. Maintenant que yaya Edith est partie, pour qui voudrais-tu encore travailler papy ?
Avec l’argent que tu nous as réservé, aucun membre de notre famille n’aura plus besoin de travailler. Tu n’as donc plus besoin de vouloir t’occuper ni te préoccuper de nous. Tu n’as plus besoin d’assurer notre confort comme tu le dis souvent.
Et puis, tu n’es plus forcément obligé de le faire. Il ya tonton Ali qui nous a dit que l’autre jour que le président Sarkozy veut que ce soit lui qui te remplace. Laisse alors la place à tonton Ali, si tu as peur qu’on perde nos privilèges.
Tonton Ali est très gentil, il est aussi gentil comme toi.
L’autre jour, il nous disait même que quand il va te remplacer, il allait construire un MACDO à côté du Mbolo pour que nous ne soyions plus obligés de prendre l’avion pour aller manger le BIGMAC à Joburg.
Je sais que tu crains que tonton Ali et maman se chamaillent pour te remplacer, mais nous avons dit à maman que c’est mieux que ce soit tonton Ali, parce que nos copains de la sablière nous ont dit que les autres ne veulent pas voir une femme faire le discours que tu fais souvent à noël à la télé. Et nous avons dit à maman que c’était vrai.
Et puis, si tu veux, maman pourras gérer avec tonton Ali si tu n’es plus là. Tu n’as donc rien à craindre.
Je crois que j’ai trop parlé papy, je commence à avoir mal aux doigts.
Voici le message de tes petits-enfants et arrières petits-enfants ont voulu te transmettre, papy :
Laisse le pouvoir et va maintenant te reposer à Bongoville.
Yaya Edith vient de mourir et toi-même tu es de plus en plus fatigué.
Tu n’as plus besoin de travailler pour nourrir ta femme car elle n’est plus là.
Nous tes petits-enfants nous te le demandons PAPY.
Pour le bien de notre famille et pour le bien de notre pays.
Merci papy.
Jasmine Bongo
07 mars 2009
Tempête sur la Françafrique
Les affaires françaises de «Papa» Bongo
Immeubles particuliers, apparte- ments à la dizaine, voitures de luxe... Une plainte en justice accuse le président gabonais et d'autres chefs d'Etat africains d'avoir accumulé des fortunes en France en détournant l'argent public de leurs pays. Depuis, Omar Bongo ne décolère pas contre Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner Olivier Toscer raconte les coulisses de ce dossier explosif
Famas à la hanche et 357 Magnum au poing, six policiers emmenés par un magistrat gabonais s'engouffrent dans une maison du centre de Libreville. Il est 8h30 du matin dans la capitale gabonaise, ce 31 décembre 2008 : Gregory Ngbwa Mintsa, le maître des lieux, est à peine surpris. Il a osé défier Omar Bongo. Voilà l'addition. «Je vous préviens, on n'est pas dans un film, ici !», lui lance le substitut du procureur. La perquisition est menée tambour battant. Et à l'africaine. La chambre et le bureau sont retournés, les ordinateurs confisqués. Mais les pandores, peu rompus aux nouvelles technologies, oublient d'embarquer le disque dur amovible.
Gregory Ngbwa Mintsa se retrouve, menottes aux poignets, dans les locaux de la police judiciaire gabonaise. Cet opposant déclaré au régime de «Papa» Bongo a commis un crime de lèse-majesté : le 2 décembre der nier, il a porté plainte devant la justice française pour «détournement de fonds publics» contre le président gabonais et plusieurs de ses collègues chefs d'Etat africains ! Arrêté en même temps que cinq autres personnes, accusées de «complot contre l'Etat», il va rester sept jours en garde à vue. Et tant pis si le Code de Procédure pénale gabonais n'en autorise que deux. Il passera encore cinq autres jours dans une cellule de la très peu confortable prison centrale de Libreville, avant d'être finalement libéré. Il est aujourd'hui interdit de sortie du territoire et ses communications placées sous la haute surveillance de la police.
Patrimoine mal acquis
Un dangereux comploteur, ce haut fonctionnaire du ministère de la Culture gabonais, en disponibilité depuis quatre ans ? C'est évidemment la thèse de la police gabonaise. «On me reproche notamment d'être allé à la délégation de l'Union européenne pour toucher un gros chèque destiné à soudoyer le maximum de Gabonais afin qu'ils se joignent massivement à ma plainte en France. Du grand n'importe quoi !», raconte-t-il. Téléguidé par l'«étranger», Ngbwa Mintsa, par ceux qui veulent la peau de Bongo, par les «anciens colonisateurs qui se croient tout permis», par les ennemis de la Françafrique, voire la CIA ou les Américains ? Défense et argumentaire classique à Libreville. Gregory Ngbwa Mintsa est certes opposant au régime. Il travaille effectivement main dans la main avec des ONG françaises. Comment faire autrement ? On voit mal les juges de Libreville se mettre en tête d'aller fouiller les comptes du «président à vie» ! Le dissident s'est donc associé, depuis le Gabon, à une offensive lancée de Paris. Basée sur une idée simple, comme souvent les grandes utopies : obtenir des chefs d'Etat africains ayant trop longtemps confondu le Trésor public de leur pays avec leur cassette personnelle, qu'ils restituent à leur peuple, un patrimoine si mal acquis. Bref, qu'ils rendent l'argent !
«Cadeautés» par le patriarche
Ce projet fou est né dans le cerveau dun drôle d'avocat du barreau de Paris, Me William Bourdon. Chevelure en bataille, cravate de travers, fièvre du passionné, à 56 ans, il a déjà ferraillé contre le groupe Total pour obtenir l'indemnisation de «travailleurs forcés» sur un pipe-line de Birmanie et attaqué en justice Pinochet. Il défend des survivants tutsis et accuse des militaires français d'être les «complices» des génocidaires du Rwanda. Au Palais de Justice, il passe parfois pour une espèce de Don Quichotte exalté. Comme si cela ne lui suffisait pas, il a rajouté la Françafrique à son tableau de chasse. Il en rêvait depuis longtemps. C'est en mars 2007 que l'occasion s'est présentée grâce à un rapport du Comité catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) sur la fortune des dictateurs. Plusieurs dignitaires d'Afrique noire, propriétaires d'immenses fortunes immobilières à Paris, y sont épinglés. Me Bourdon, qui préside aussi Sherpa - une ONG de juristes internationaux -, y trouve la matière pour bâtir une plainte pour «recel» et «détournements de fonds publics». Gonflé, il vise nommément dans sa procédure Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Blaise Compaoré (Burkina Faso), José Eduardo Dos Santos (Angola) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) : des chefs d'Etat aussi indéboulonnables que richissimes. «La France ne peut pas rester ad vitam æternam une terre d'accueil pour l'argent volé aux Africains», s'insurge l'avocat. Car, il en est sûr, ce n'est pas avec leur fortune personnelle, gagnée à la sueur de leur front, que ces potentats ont acheté leurs villas avec piscine ou leurs rutilantes Rolls-Royce.
A cette époque, Gregory Ngbwa Mintsa ne connaît pas encore William Bourdon. Il n'entrera en scène que plus tard. Mais le rapport du CCFD fait désordre et le parquet de Paris ne peut pas faire autrement que de confier une enquête préliminaire aux policiers de l'Office central pour la Répression de la Grande Délinquance financière (OCRGDF). Objectif : identifier le patrimoine des dignitaires africains et de leur famille, puis vérifier la façon dont tout ce beau monde achète ses biens en territoire français. Les investigations vont prendre six mois. L'enquête se révèle particulièrement édifiante pour le clan Bongo. Les flics français ont identifié pas moins de 39 propriétés appartenant à l'un ou l'autre de ses membres, dont dix-sept résidences de luxe sont inscrites au nom du seul Omar Bongo dans les très chics 7e et 16e arrondissements parisiens et sur la Côte d'Azur.
Tous les membres de la famille semblent avoir été «cadeautés» par le patriarche. Investisse ment dans la pierre (hôtels particuliers et appartements pour l'épouse, les enfants, les petits-enfants) ou véhicules haut de gamme, payés cash : en 2006, Ali, le fils, ministre de la Défense en exercice, achète, par exemple, une Mercedes Classe R pour 67 900 euros dont 20 000 versés en grosses coupures. Précision : en France, la loi interdit de régler en espèces des achats supérieurs à 3 000 euros... Plus prudente peut-être, Pascaline, directrice de cabinet de son père Omar Bongo, utilise, elle, une société fiduciaire de Genève, la Stilaume Ltd, pour assouvir sa passion automobile. Conclusion pudique de la police dans une note de synthèse en date du 9 novembre 2007 : «Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique» (sic).
«Taxe révolutionnaire»
D'autres chefs d'Etat africains sont dans la ligne de mire de la plainte dite des «biens mal acquis». Teodoro Nguema, par exemple, dit «Teodorin», fils du président de la Guinée équatoriale, au pouvoir depuis près de trente ans. L'héritier roule carrosse - au sens propre comme au sens figuré - entre Paris et la Californie. Officiellement, il reçoit un traitement de 4 000 euros par mois en tant que ministre de l'Agriculture et des Forêts de son pays. Mais, en enquêtant sur son train de vie hors du commun, les policiers français sont tombés sur un parc automobile à faire pâlir les plus fortunés des rois du pétrole ou des oligarques russes : Ferrari, Mase rati et autres Rolls-Royce, toutes achetées en France via des comptes offshore, alimentés par une entreprise publique équato-guinéenne. Il y en a pour plus de 5 millions d'euros. Aux Etats-Unis, «Teodorin» s'est également fait remarquer en acquérant une résidence de luxe à Malibu et un jet privé Gulfstream. Le tout pour la modique somme de 70 millions de dollars (54,3 millions d'euros). Il est depuis sous le coup d'une enquête des Douanes et du ministère de la Justice américain. Selon un rapport d'étape, daté du 4 septembre 2007, que «le Nouvel Observateur» a pu consulter, «Teodoro Nguema a imposé sur le bois une lourde taxe révolutionnaire en insistant pour que les paiements en argent liquide ou en chèques (...) soient faits directement à lui.» Et les enquêteurs de soupçonner «extorsion, vol de fonds publics ou autres pratiques corrompues».
Suite à la plainte de William Bourdon, le patrimoine de Sassou Nguesso, l'homme fort du Congo, et de ses proches a aussi été passé au crible par les enquêteurs français. Il révèle les mêmes habitudes bling-bling que ceux de ses homologues gabonais ou équato-guinéen : hôtels particuliers à Paris et dans la banlieue chic, constitution, par Wilfried, un neveu, d'un parc d'Aston Martin - la marque préférée de James Bond - financé via une coquille financière luxembourgeoise.
Et pourtant... Quand, fin 2007, le parquet de Paris prend connaissance du résultat des investigations policières autour des trois chefs d'Etat, le ministère public préfère classer le dossier sans suite ! «Infraction insuffisamment caractérisée», décrète le parquet. La Françafrique peut dormir tranquille ? C'est compter sans Me Bourdon. Pour relancer la machine judiciaire, il lui faut trouver des plaignants. La très sérieuse ONG anticorruption Transparence International est partante. Mais il doit aussi convaincre des victimes en chair et en os d'ester en justice. Des citoyens africains qui paient leurs impôts, qui s'estiment lésés par le pillage de leurs chefs d'Etat. Et surtout qui n'aient pas froid aux yeux.
Violent incendie
Au Gabon, Gregory Ngbwa Mintsa est de ceux- là. Et le clame haut et fort. Le bal des pressions «amicales» peut commencer. «On m'a d'abord proposé de l'argent ou n'importe quel nouveau poste dans l'administration, raconte-t-il. J'ai même eu droit à un entretien avec le président en personne.» En octobre 2008, le ministre de l'Intérieur du Gabon le convie en effet au palais présidentiel. «Voici un de ceux qui vous embêtent», lance-t-il en l'introduisant auprès de Bongo.
Du haut de ces quarante ans de règne (un record mondial), Bongo est exaspéré par ces plaintes à répétition. Et encore plus par ce qu'il prend pour de l'apathie de la part des autorités françaises «amies». Sous Chirac, il avait déjà eu droit à l'affaire Elf. Il avait vite fait comprendre qu'il ne fallait pas trop le chatouiller. Dans ses éditos fleuris du journal «l'Union», il vitupérait contre la «gonzesse norvégienne, Eva Joly, qui sent la morue»... Il y a un an, il avait aussi réussi, grâce à son entregent, à obtenir la peau de Jean- Marie Bockel, le secrétaire d'Etat à la Coopération trop hostile à la Françafrique. Ces derniers mois, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, n'a cessé de lui assurer qu'il n'était pour rien dans les dernières tracasseries judiciaires. Ce qui l'a agacé un peu plus. Son entourage ne se serait pas fait prier pour faire circuler, depuis des semaines, des documents gênants sur les activités de consultant de «Bernard K». Un coup de semonce adressé à la France ? Malgré tout, aujourd'hui la plainte contre lui prospère. En tout cas, elle n'est pas définitivement enterrée. Aurait-il perdu de son influence ?
Ce jour d'octobre 2008, en vieux sage, le président gabonais en est donc réduit à écouter les doléances du dissident Gregory. Pour mieux essayer de le retourner. «Il m'a expliqué à quel point son entourage était nuisible et préoccupé seulement par l'argent, raconte l'opposant. Il m'a même juré qu'il avait décidé de prendre des mesures contre tous ces gens qui ne veulent pas travailler.» Pas dupe, Gregory Ngbwa Mintsa maintient sa plainte. «Les menaces ont alors commencé.» A l'entendre, le ministre de la Défense, un ancien camarade de lycée, le prévient qu'une barbouze française lui avait proposé de «régler son cas sans laisser de traces». Plus pittoresque, des fétiches ont été placés devant sa porte. La Fondation Omar Bongo Ondimba pour la paix, l'outil de propagande officiel du régime, a également porté plainte en diffamation contre lui. A Libreville, manifestations et pétitions de militants pro-Bongo multiplient les protestations contre «les incitations insurrectionnelles des ONG françaises et de leurs complices gabonais». Pour Ghislain Etoughet, président de la Codep, une coalition progouvernementale créée pour l'occasion, «en quarante ans de pouvoir, le président peut tout à fait avoir acquis ses biens avec ses propres économies». Pourtant, selon l'avocat parisien d'Omar Bongo, Me Patrick Maisonneuve, le salaire officiel du président gabonais s'élève à «environ 20 000 euros par mois». Un salaire de cadre dirigeant. Pas de milliardaire.
Gregory Ngbwa Mintsa attend aujourd'hui que la justice française se prononce sur la recevabilité de sa constitution de partie civile. Si elle y consent ?- la décision est attendue à la fin du mois -, il sera le seul plaignant personne physique. «Les autres Africains qui s'étaient associés à notre démarche ont dû renoncer face aux pressions», relève la uriste Maud Perdriel- Vaissière de l'ONG Sherpa. «Evoquer des pressions dans ce dossier relève de la diffamation pure et simple», conteste de son côté, Me Maisonneuve, le défenseur de Bongo. Une certitude pourtant : soutenir de trop près la plainte contre les potentats africains peut porter malheur.
Le 21 janvier dernier, au Congo, un violent incendie se déclenche dans la mai son d un dénommé Bruno Jacquet Ossebi. Avec sa femme et ses deux petites filles, il périt dans les flammes. Le même jour, à Orléans cette fois, un autre incendie ravage la maison de Benjamin Toungamani. Ce ressortissant congolais, vivant en France, s'en sort lui avec une intoxication au monoxyde d'azote. Coïncidence troublante : les deux sinistres ont touché le même jour deux acteurs de la plainte contre les chefs d'Etat africains. Avant de décéder, Ossebi avait en effet sollicité l'ONG Sherpa pour se porter partie civile. Toungamani, lui, s'était associé à la procédure dès le début, avant de se désister suite à une série de menaces sur sa famille. «Depuis le départ, il y a dans ce dossier un climat pesant, très désagréable», dit William Bourdon. Un parfum de mort aussi maintenant.
Gregory Ngbwa Mintsa
Depuis qu'il a osé s'associer à la plainte contre les chefs d'Etat africains, les ennuis pleuvent sur l'opposant gabonais Gregory Ngbwa Mintsa. Outre une plainte en diffamation déposée par le ministre de l'Intérieur d'Omar Bongo en personne, il a été mis en examen notamment pour «propagande orale ou écrite en vue de l'incitation à la révolte contre les autorités» et incarcéré pendant dix-sept jours.
Denis Sassou Nguesso
Denis Sassou Nguesso, président du Congo (ci-dessus), possède notamment un hôtel particulier au Vésinet, une banlieue chic de Paris. Les enquêteurs ont établi que onze membres de sa famille détenaient pas moins de dix-huit propriétés de luxe en France et ont identifié 112 comptes bancaires à leur nom dans les établissements hexagonaux.
Omar Bongo
En quarante ans de règne, Omar Bongo a toujours soigné ses relations avec les autorités françaises quelles qu'elles soient. Le président gabonais a été le premier chef d'Etat a rendre visite à Nicolas Sarkozy, à l'Elysée, le jour même de son investiture, le 26 mai 2007.
Edith Lucie Bongo
En février 2004, la présidente Edith Lucie Bongo, épouse du président du Gabon, s'offre une limousine :Maybach 57 pour la coquette somme de 326 752 euros. La facture n'est pas réglée sur son compte bancaire personnel mais par un chèque de la Paierie du Gabon, l'équivalent du Trésor public, ouvert auprès de la Banque de France. Un peu comme si, en France, la Direction générale des Impôts offrait une voiture de luxe à Carla Sarkozy...
Teodoro Nguema
En novembre 2007, tracfin, l'organisme de lutte contre le blanchiment, dénonçant auprès du parquet de paris les flux financiers suspects qui avaient permis au fils du président de la guinée équatoriale, Teodoro Nguema de s'offrir trois Bugatti Veyron, la voiture la plus chère du monde, vendue 1 million d'euros pièce.La justice n'a pas jugé bon d'enquêter plus avant.
Le ministère de la Justice américain
Comme le montre cette demande d'entraide judiciaire, le ministère de la justice américain enquête activement sur Teodoro Nguema, qu'il suspecte de blanchiment,.En septembre 2007, dans la plus grande discrétion, les magistrats américains sont venus à Paris pour examiner certaines transactions bancaires passées via des agences parisiennes de Natixis et Fortis France.
Olivier Toscer
Le Nouvel Observateur
06 mars 2009
POUR UNE VERITABLE POLITIQUE D'EDUCATION ET/OU DE FORMATION AU GABON
La nouvelle politique d’éducation (formation) aura essentiellement pour missions de permettre l’accès de tous les citoyens gabonais à un "SMIC culturel", de favoriser la mobilité sociale ou de l’emploi et enfin, de réduire les inégalités.
Elle sera investie de missions qui auront toutes un caractère social affirmé : élever le niveau général des connaissances de la population, permettre la socialisation des jeunes et favoriser la mobilité sociale et l’emploi.
Dans ce cadre, elle va englober les maternelles, écoles primaires, collèges et lycées, universités et grandes écoles.
Elle sera un tel enjeu décisif que ses acteurs seront nombreux, son financement coûteux et la maîtrise de son efficacité indispensable à la cohésion sociale.
1- Le développement de la préscolarisation : la maternelle
Le développement de la préscolarisation part du principe que le contact précoce entre l’enfant et la maternelle est un facteur de réussite scolaire de ce dernier.
Dès lors, les nouvelles autorités publiques gabonaises se devront de systématiquement mettre en œuvre les infrastructures indispensables au développement de la préscolarisation.
Il est souvent observé que le taux de redoublement dans le primaire était plus élevé chez les élèves qui n’avaient pas été préscolarisés par rapport aux enfants ayant bénéficié d’une préscolarisation.
Cette école maternelle doit constituer le pilier du système scolaire : l’accueil de la petite enfance de 2 à 5 ans.
Elle permet le développement d’une intelligence sens-motrice à travers le jeu et à partir d’un mobilier adapté à la taille des enfants et pouvant être déplacé.
Ainsi, les raisons de la promotion de cette préscolarisation des enfants de 2 à 5 ans tiendront au développement (futur) de l’emploi féminin et aux effets positifs susmentionnés.
Dans ce dernier cas, l’enseignement préscolaire est perçue comme un facteur favorisant la réussite scolaire ultérieure : des analyses réalisées, çà et là dans le monde, par de nombreux sociologues révèlent l’importance de cet enseignement sur le taux de réussite.
La préscolarisation joue un rôle positif dans la carrière scolaire des enfants, notamment pour ceux issus des couches sociales défavorisées et plus encore pour ceux d’origine migrante.
En maternelle, les difficultés éprouvées par certains enfants peuvent être précocement détectées et il peut, dès lors, leur apporter une attention particulière.
L’enseignement préscolaire joue un rôle important dans la socialisation des enfants sur le plan du langage et des activités d’éveil qui favorisent l’épanouissement du système cognitif.
Somme toute, la préscolarisation doit constituer un axe prioritaire dans la nouvelle politique d’éducation gabonaise au sens où elle va viser à développer les facultés d’expression de l’enfant, son habileté manuelle, son sens artistique, ses aptitudes à la vie en commun et à la préparation des apprentissages scolaires.
2- Le renforcement de l’école primaire
L’école primaire constitue la matrice de l’institution scolaire. Elle est considérée comme un élément important de démocratisation et d’intégration nationale permettant l’acquisition d’un bagage scolaire minimal.
Toutefois, face au fort taux de retard, de redoublement ou d’échec encore observé dans ce cycle scolaire au Gabon, des mesures spécifiques pour remédier à cette situation doivent être prises.
La première mesure consistera à intensifier la pratique de la lecture chez les enfants en sensibilisant les parents, et à améliorer ainsi la maîtrise de la langue.
La seconde mesure visera à développer l’aide aux devoirs, complémentaire de l’action des enseignants.
La troisième mesure tournera autour de l’institution des "zones d’éducation prioritaire" fondées sur une discrimination positive et favorisant une certaine souplesse dans l’organisation des programmes.
La quatrième mesure consistera à recourir aux personnels socio-éducatifs pour améliorer les rapports entre l’école et les familles et à développer des activités extra-scolaires.
3- Les collèges et lycées : le développement de l’enseignement spécialisé, professionnel et technique
Face au retard scolaire généralement enregistré par les élèves qui entrent dans les collèges et lycées, la politique d’éducation des nouvelles autorités gabonaises devra chercher à promouvoir des sections d’enseignement spécialisé et professionnel à côté de celle générale.
Ces sections auront, dans les collèges et lycées, pour objectif d’accueillir les élèves considérés comme déficients intellectuels légers et de leur dispenser, dès leur début de cycle d’orientation (4ème), une formation pré-professionnelle.
Elles vont correspondre au besoin de scolarisation des enfants jugés inadaptés au système scolaire général mais, devant prolonger leur scolarité jusqu’à 18 ans.
Elles devront comprendre une pléiade de spécialités de formation allant du bâtiment à l’hôtellerie en passant par le secrétariat.
Somme toute, l’objectif de développement de ces sections d’enseignement spécialisé et professionnel est d’associer les questions de pédagogie à celles de l’insertion professionnelle des élèves.
Toutefois, pour prévenir tout abus (désordre) en matière d’orientation dans les différents cycles (général ou spécialisé et professionnel), il sera de rigueur que celle-ci tienne scrupuleusement compte des vœux et des aptitudes (vocations) des élèves.
Ainsi, si l’enseignement général, chargé de former les jeunes destinés à poursuivre des études supérieures longues, aura toujours sa place, la dispense des savoirs et des connaissances devra désormais avoir une relation avec les demandes sociales et économiques.
Elle se devra désormais de doter les élèves des capacités ou compétences exigées sur le marché du travail.
Or seuls, les enseignements technique et professionnel auront pour objectif de délivrer une formation débouchant directement sur la vie active contrairement à celui général.
4- Le développement des centres de formation professionnelle
Un des axes prioritaires de la politique d’éducation (formation) à mettre en place au Gabon devra également consister au développement des écoles (établissements) d’enseignement professionnel.
Ces centres de formation professionnelle seraient chargés d’assurer une formation technique et professionnelle, et pallier ainsi progressivement au manque du Gabon en ouvriers (techniciens) qualifiés.
Ils seraient en partie financés par la taxe d’apprentissage imposant aux entreprises de s’engager financièrement dans la formation des apprentis.
Cet apprentissage professionnel limiterait, par contre, l’accès à tous les jeunes qui auront accompli leur scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans.
Par ailleurs, il permettra aux apprentis de bénéficier d’une rémunération qui, indépendamment de l’âge et du niveau de formation, serait de 75% du SMIC.
Les spécialités enseignées seraient plus ou moins les mêmes que dans les collèges et lycées professionnels : construction métallique, techniques financières et comptables, secrétariat (comptable, de direction, d’action commerciale et médico-social), mécanique, électricité, commerce et distribution, santé, services sociaux…
Ainsi, pour les jeunes en situation d’échec scolaire, entamer une formation fondée sur la pratique professionnelle, sur le "faire" sera valorisant et leur permettra d’espérer l’acquisition d’un diplôme fut-ce un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en 2 ou 3 ans ou d’un brevet d’études professionnelles (BEP).
Ce sera pour eux, une "autre manière d’apprendre" au sein du système scolaire, un autre contact avec des enseignants qui sont, eux-mêmes, d’anciens élèves de l’enseignement professionnel.
Ces établissements de l’enseignement professionnel seraient soumis directement à la sanction des employeurs locaux en ce sens qu’ils en seront redevables de par la taxe d’apprentissage qui leur sera versée et représentera une part importante de leurs ressources.
Par ailleurs, ces entreprises locales participeront à la maintenance des équipements utilisés (outils, machines...) dans les ateliers et laboratoires de ces établissements.
Elles seront partie prenante dans le choix du thème d’examen et participeront aux jurys d’examens.
Les programmes des CAP ou BEP seraient élaborés conjointement par elles, les personnels enseignants et les représentants du ministère de l’éducation nationale dans le cadre d’une commission paritaire.
Ainsi, à partir d’un "référentiel d’emplois" présenté par les représentants des différentes branches professionnelles, la commission paritaire proposera un "référentiel de formation", un programme prévoyant, pendant la durée de formation, l’acquisition par les élèves (apprentis) des savoirs jugés indispensables à l’exercice d’un métier.
De cette condition naîtra une autre condition relative à l’organisation des études, à savoir que les centres de formation professionnelle et technique devront faire également l’objet d’une formation en alternance.
La durée de cet enseignement en alternance (stages en entreprise) varierait de 15 à 30 semaines sur deux ans, selon le niveau de formation et les spécialités professionnelles.
La période de stage visera surtout à familiariser l’apprenti (élève) du monde de l’entreprise (horaire, discipline, relations hiérarchiques…), à l’habitude de travailler sur des équipements (installations) en situation réelle et à s’intégrer dans une équipe de travail.
En entreprise, il sera suivi par un tuteur qui devra, lui, recevoir une formation pédagogique dans des établissements professionnels agréés.
5- Le supérieur : la primauté aux grandes écoles spécialisées
La politique d’éducation (formation) à mettre en place au Gabon doit donner plus de primauté aux grandes écoles spécialisées.
Ces grandes écoles spécialisées, par le type d’enseignement (professionnel et technique) qu’elles dispensent, par leur corps enseignant spécialisé…, vont conférer aux étudiants les compétences et savoirs indispensables à leur insertion immédiate sur le marché du travail.
Dans le but de réduire le taux d’échec ou d’abandon dans ces écoles et à l’université, les nouvelles autorités publiques gabonaises se devront de systématiquement doter ces institutions des moyens humains, financiers et matériels indispensables à leur fonctionnement optimal.
Dans le but de permettre l’amélioration du capital humain gabonais et son insertion rapide sur le marché du travail, de nouvelles filières (diplômes) se devront d’être créées en fonction des demandes précises des entreprises.
Pour prévenir et réprimer tout comportement pervers de népotisme, favoritisme et autre droit de cuissage stimulateur de la diffusion exponentielle du Sida, des MST et autre incompétence du grand nombre de cadres gabonais, les nouvelles autorités publiques se devront de systématiquement et sévèrement sanctionner, civilement et pénalement, les enseignants reconnus coupables de telles pratiques immorales et malhonnêtes.
Somme toute, la nouvelle politique d’éducation à mette en place va permettre à chaque citoyen gabonais de pouvoir accéder à un "SMIC culturel" : chaque élève, apprenti ou étudiant sortant du système éducatif va disposer d’une trousse d’outils intellectuels, professionnels ou techniques lui permettant de maximiser ses chances d’insertion sur le marché du travail et dans la vie en société.
Dans ce contexte, elle va conduire à la cohésion sociale par la réduction des inégalités et une plus grande mobilité sociale.
En effet, elle va, de par un certain interventionnisme étatique, permettre aux couches sociales les plus défavorisées de pouvoir accéder à un capital (SMIC) humain élevé, à des postes de travail bien rémunérés et partant de là, de connaître une mobilité sociale ascendante.
Elle va stimuler, de par un investissement en son sein des moyens humains, financiers et matériels substantiels, un épanouissement du capital humain gabonais.
6- La lutte contre l’échec scolaire
L’échec scolaire est le plus souvent mesuré par un écart à la norme (retards scolaires, redoublements, non accès ou abandon aux études supérieures…) pouvant conduire à l’illettrisme (ne pas savoir lire et écrire) et à l’absence de diplômes.
Dans ce cadre, la politique éducative à mettre en œuvre en vue de réduire cet échec scolaire sera de développer l’accompagnement des élèves dans le primaire et secondaire, et le tutorat dans le supérieur.
Toutefois, comme les facteurs déterminants de l’échec scolaire résident notamment dans l’origine sociale et l’orientation scolaire…, des politiques éducatives d’investissement dans la scolarité, le soutien des familles, le suivi familial de la scolarité, l’orientation, les relations entre les parents et les enseignants et l’information des enfants sur les filières (diplômes, formations) préparées devront être développées.
De même, une politique des zones d’éducation prioritaires (ZEP) sera nécessaire à mettre en place.
Cette politique sera fondée sur la notion de "discrimination positive" : elle va consister à donner davantage à ceux qui en ont le plus besoin (écoles des quartiers populaires et en grandes difficultés, écoles du village).
Dans ce cadre, une zone reconnue comme ZEP devra bénéficier, à l’intérieur du système éducatif, d’une priorité en matière de moyens d’encadrement (soutien, accompagnement, tutorat des enfants en difficulté scolaire), d’un recrutement favorisant la stabilité des personnels de façon à leur permettre d’engager des actions scolaires et extra-scolaires innovantes en partenariat avec les enseignants et les parents d’élèves.
7- La réintroduction de l’éducation à la citoyenneté
Les nouvelles autorités publiques gabonaises, face à la perversion de la moralité collective et de la déontologie administrative par le bongoïsme (laxisme, esprit de facilité, népotisme, favoritisme, culture de l’incompétence…), devront réintroduire, dans les programmes scolaires du primaire et du secondaire, des cours de citoyenneté (civisme) afin d’essayer de faire des jeunes gabonais d’aujourd’hui, les bons citoyens gabonais de demain.
Dès lors, tous les personnels des établissements scolaires du primaire et du secondaire devront, dans le cadre de leurs activités et compétences, contribuer à l’éducation civique des élèves : le comportement général de chacun d’entre eux aura une valeur d’exemple auprès des élèves.
Il en sera de même des parents qui, au-delà du rôle de soutien scolaire qu’ils peuvent apporter à leur progéniture, devront également être leurs premiers éducateurs en matière de citoyenneté.
L’Etat, à son tour, pourrait conforter l’action des parents par le développement d’une politique d’éducation populaire à partir des médias publics.
Jacques Okoué Edou,
Etudiant en Management des Organisations Publiques (ENAP - Québec),
Etudiant en Administration des Affaires (Université de Laval - Québec).
01 mars 2009
LA LISTE DES AVOIRS BANCAIRES DU PLUS VIEIL IMPOSTEUR, VOLEUR ET INCULTE PRESIDENT EN EXERCICE, ALI BABA OMAR BONGO ONDIMBA
Source: Nouvel Observateur le 26 février 2009
Omar Bongo
Cerné par les juges
Mauvaise passe judiciaire pour son excellence El Hadj Albert Bernard Omar Bongo Ondimba, le vétéran des chefs d’Etat dans le monde, officiant depuis plus de quarante ans comme président de la république du Gabon.
Déjà visé par une plainte pour recel de détournement de fonds public, déposée à Paris, le 2 décembre dernier dans l’affaire dite des « biens mal acquis », « papa » Bongo vient de voir tous ses comptes bancaires personnels en France saisis par décision de justice en marge d’un conflit privé l’opposant à un homme d’affaires français.
Des avoirs mis à nu
La procédure de saisie a été grandement facilitée par l’enquête diligentée sur ses avoirs bancaires en octobre 2007 par les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Les investigations avaient en effet permis de dénombrer onze comptes bancaires différents chez BNP-Paribas, le Crédit Lyonnais et la Bred Banque populaire à Paris, Nice et Créteil.
Voici le procès-verbal qui en dresse la liste exhaustive.

Le BDP-Gabon Nouveau salue la saisine par la justice française des comptes bancaires du dictateur gabonais Ali Baba Bongo
Le BDP-Gabon Nouveau, mouvement d’opposition radicale au régime dictatorial d’Omar Bongo au Gabon, salue la saisine faite hier jeudi 26 février par la justice française sur les comptes bancaires d’Omar Bongo en France.
En cet acte souverain de la justice française visant à rendre justice à un Français ayant, dans ses affaires avec la famille Bongo, été floué et arnaqué par la mafia gabonaise dont Omar Bongo est le chef suprême, le BDP-Gabon Nouveau voit enfin se dessiner chez les juges français le refus de faire de leur pays le receleur et le réceptacle des fortunes africaines volées par les dictateurs kleptocrates.
A ce titre, le BDP-Gabon Nouveau lance un appel solennel à la justice française l’invitant à ne pas s’arrêter qu’aux faits de justice qui concernent les citoyens français. Il nous semble que, dans la procédure actuellement en cours, la saisine des comptes n’a été obtenue que parce que dans cette affaire était impliqué un citoyen français confronté à l’arbitraire de la mafia bongoïste au Gabon. Le fait qu’Omar Bongo ait pu détenir en France, non seulement des comptes bancaires, mais aussi des biens immobiliers et autres biens financés directement par l’argent détourné du trésor public gabonais, aurait dû interpeller la justice française depuis des années.
Il est donc temps aujourd’hui pour la justice française d’aller plus loin. Elle doit, dès maintenant, ne plus se contenter uniquement de rétablir les Français lésés dans leurs droits par la mafia bongoïste. Elle se doit, plutôt, de constater :
- que l’ampleur des biens et fortunes détenus par Omar Bongo, sa famille et affiliés fait partie d’un réseau de biens mal acquis qui, depuis 41 ans, vident le Gabon de ses richesses au profit d’une seule famille et de quelques complices;
- que le viol du Gabon par Omar Bongo, sa famille et affiliés est tel que les sommes détournées depuis 41 ans ont causé au Gabon un véritable génocide économique et humain qui a mené à la paupérisation totale d’un pays pourtant richement nanti, paupérisation qui a fait qu’au Gabon, près de 70% de la population vive inexplicablement en dessous du seuil de pauvreté, que les Gabonais ne puissent espérer vivre que 45 à 50 ans quand des pays plus pauvres comme le Maroc ont une longévité de plus de 70 ans, qu’un bébé sur cinq qui naît au Gabon ne voie pas son premier anniversaire, et que les hôpitaux du pays deviennent de vrais mouroirs sans médicaments ni structures de soins adaptés, ce qui a fait du régime Bongo un régime de cruauté et de mort pour le peuple gabonais depuis 41 ans;
- que la présence en France de comptes douteux dont l’origine est facilement traçable et s’établit comme découlant de détournements et de ponctions illégales faites directement dans les caisses du trésor public gabonais, ferait automatiquement de la France un pays coupable de recel de produits volés, ce qui est inacceptable du point de vue du droit français, surtout quand on sait que des précédents existent et qu’une enquête du Sénat américain avait déjà établi en 1999 que le montant des avoirs d’Omar Bongo placés sur ses différents comptes bancaires à la Citibank, à New York, de 1985 à 1997, était d’environ 130 millions de dollars, soit 900 millions de francs français, que cet argent provenait directement du trésor public gabonais et qu’Omar Bongo s’allouait, au bas mot, 10% des ressources du Gabon aux fins d’usage personnel !
Le BDP-Gabon Nouveau pense, par conséquent, que la justice française se doit d’aller plus loin et saisir, au nom du peuple gabonais lésé, non seulement tous les comptes bancaires du dictateur gabonais et affiliés, mais également tous leurs biens, qu’ils soient immobiliers ou autres, aux fins des restituer ces biens à la nation gabonaise uniquement quand le régime bongo aura quitté le pouvoir.
Par ailleurs, le BDP-Gabon Nouveau demande que la justice française, au vu des crimes constatés et, donc, reconnus par elle sur la base de l’injonction de saisine prononcée, déclare Omar Bongo et sa famille de kleptocrates personas non gratas en terre française pour crimes économiques contre l’humanité des Gabonais, ce qui veut dire non seulement leur refuser l’entrée en France tant que le régime Bongo serait au pouvoir et tant que la saisine des comptes incriminés serait d’effet, mais également procéder à leur arrestation pour détournement et crimes économiques contre pays tiers dès que serait constatée leur présence en France.
Fait à Montclair, New Jersey (USA), le 27 février 2009
BDP-Gabon Nouveau
P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052
USA
(973) 447-9763
GABON : UNE REPONSE POUR L’HONNEUR ET LA DIGNITE DU PEUPLE GABONAIS
Par Bruno Ben Moubamba |
Cette campagne de dénigrement est dirigée, d'une part, contre les autorités françaises coupables d'être respectueuses des moeurs démocratiques en laissant les journalistes français intéressés par la plainte contre les Biens Mal Acquis faire leur travail, et d'autre part, contre les ACTEURS LIBRES, une coalition de la société civile gabonaise en Europe. Les manoeuvres de ces membres de l'entourage présidentiel au Gabon trahissent leur nervosité, impatients qu'ils sont de prendre de façon officielle les rênes du pays alors même qu'ils sont honnis par la population gabonaise. Le Peuple Gabonais a le droit de savoir si OMAR BONGO ONDIMBA est encore à la tête du Gabon où si c'est Pascaline ONDIMBA, la « Présidente bis», qui dirige notre Nation avec le carré de personnes que sont Paul Toungui (Ministre des affaires étrangères), Blaise Louembet (Ministre de l'économie), André Mba Obame (Ministre de l'intérieur) et bien entendu Alaba Bosco (Ministre de la « justice »), dans l'attente du passage en force de son frère. A ces stratégies s'ajoutent celles de André MBA OBAME dont tout le monde connaît les objectifs in fine, ainsi que celles de tous les ambitieux de la majorité comme de la pseudo-opposition. Notre Pays semble avoir été remis à ces personnes qui n’ont aucune légitimité. Le Parlement ne sert plus à rien puisque le Premier Ministre, totalement absent, n’a aucun pouvoir alors qu’il est supposé être responsable de la politique menée devant les représentants du Peuple Gabonais. Pascaline ONDIMBA, que nul n’a élue pour cela, gère directement toutes les affaires de l'Etat gabonais. Elle tente de contrôler l’appareil d’Etat dans son intégralité et a déjà la main mise sur tous les leviers financiers du Gabon dont elle fait un usage personnel avec ses complices de l’entourage présidentiel (notamment son compagnon Toungui, Mba Obame, Ali Ondimba). En tout cas, ceux qui comptent dans le premier cercle du pouvoir ou dans la haute administration, ne doivent cette illusion de réussite qu'à leur allégeance à la fille du Président. Ceux qui lui résistent n'ont aucune chance de progresser. Réponse à quelques uns des arguments grotesques du journal. Extrait du NGANGA sur l'accusation de félonie et de traître à la patrie gabonaise : « On n’apprend rien à cette brillante presse Française si bien renseignée – depuis un desk parisien, sans avoir posé un seul orteil à Libreville - lorsqu'elle ne fait pas dans les offres de services payés à coup de millions d'euros par ceux-là même qui trahissent et avilissent leur propre pays, au seul motif qu'ils veulent accéder au pouvoir. Traîtres va ! » Blasé mais pas dupe, Le Peuple Gabonais regarde cette oligarchie de voleurs déverser ses mensonges, dont elle-même ne croit pas un mot, sur les écrans de télévision, les ondes de radio et les journaux locaux. Précisons le sens de l’un des mots employés : pour le dictionnaire Larousse 2009, un « traître » est celui qui trah, mais aussi celui qui est plus dangereux qu'il ne paraît ou encore : celui qui a cessé soutenir et d'être fidèle. Il est amusant de constater qu’à l’intersection de toutes ces définitions on retrouve les éléments du Régime BONGO ONDIMBA qui a été mis en place pour littéralement asservir et récupérer le moindre denier du Gabon sans rien donner aux indigents. Les quelques personnes qui assistent le Président, au premier rang desquelles sa fille Pascaline, nourrissent pour l'argent du Peuple Gabonais un appétit pathologique. Cette volonté de puissance invraisemblable et cette obsession pour la richesse matérielle peut probablement relever de la psychiatrie. Le premier des traîtres contre le Gabon dont il devrait être fait mention est Albert Bernard Bongo lorsqu’il a trahi ceux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir, tels que Monsieur Amogho, Georges Damas Aléka, Le Prince Denis-Marie Adandè, Marcel Sandoungou ou encore Robert Soumangoye. Il a trahi l'idée de Nation que feu Léon Mba lui a léguée. Léon MBA MINKO, lui, en dépit de tout ce qu’on peut lui reprocher, avait un grand amour pour notre pays le Gabon. Le Peuple Gabonais sait qui sont ceux qui l’ont trahi, il sait qui sont les vrais traîtres. Ceux qui se sont emparés du Gabon en 1967 sont plus dangereux pour notre Histoire qu'ils ne l'ont laissé paraître à l'époque. Qui sont ceux qui trahissent chaque jour les Gabonais, y compris ceux du Haut-Ogooué ? Ce sont ceux qui, à quelques mètres de leurs résidences de luxe, laissent mourir les Gabonais dans la misère des bidonvilles. Même les populations d’Akébé, ces compatriotes qui ont soutenu le système en raison d’une solidarité régionale, croupissent dans la misère à un kilomètre du palais présidentiel dont la restauration récente a coûté la bagatelle de 40 années de dotation du ministère de l'habitat. Alors ? Qui sont les traîtres ? Le vrai traître ne s'intéresse aux Gabonais que lorsque vient le temps des élections. Ah l'élection présidentielle ! On ressort alors la cynique rhétorique habituelle : « Président pour tous », « leader qu'il nous faut », « concept de Rénovation», « Nouvel élan », « Pacte National de Solidarité », « Actes Pour le Gabon », « Changement des mentalités », « Progressisme Démocratique et Concerté » ! Rien que ça ! Et à peine les urnes bien bourrées et les élections passées, la routine reprend et ceux qui se moquent du Peuple Gabonais redeviennent ceux qu'ils n'ont jamais cessé d'être : des traîtres à leur pays. Le fils d’ONDIMBA redevient le Président de la République de Pascaline et Ali ONDIMBA, de Paul TOUNGUI, de Blaise LOUEMBET, de André MBA OBAME, de Bosco ALABA, de Paul MBA ABESSOLE et de quelques autres pseudo-opposants qui ont traumatisé le Peuple Gabonais par les trahisons que chacun connaît. Il n’est pas le Président des 65% ou 80% des Gabonais qui auraient officiellement voté pour lui et encore moins le Président de tous. Les vrais traîtres à la Patrie gabonaise se mettent au travail : ils font de nos biens à tous ce qu'ils veulent, ils vivent en nababs du Golfe dans un pays très riche mais où sévit la misère, ils persécutent les honnêtes Gabonais parce qu'ils se sont emparés du pouvoir et de même de la « justice ». Notre pays vient de connaître la première mutinerie dans un silence assourdissant des forces morales du Gabon à cause d'un Procureur de la République hors-la-loi manipulé par la fille du Chef de l'Etat. Ce Procureur, digne membre de l’entourage présidentiel, a instauré une sorte de « péage » au Tribunal de Libreville et a rempli à 80% la prison de notre capitale avec des personnes en détention préventive pour des mois, voire des années. C’est parce que les Gabonais savent qui sont les vrais traîtres qu’on leur refuse des élections libres et non faussées. Extrait du NGANGA sur le soi-disant racisme de la presse française: « Les Gabonais s'interrogent aujourd'hui : «Pourquoi la presse française en veut-elle tant au Gabon?» A la lecture des articles de presse et autres chiffons, nos confrères hexagonaux aux relents racistes accusent le Président OBO d'avoir des propriétés en France » Visiblement Pascaline ONDIMBA, son frère Ali et leur porte-parole André MBA OBAME ignorent tout de la « liberté de la presse », sans parler de la simple liberté d’expression ! Il faut dire qu'au Gabon l'essentiel de la presse vit sous influence et nombreux sont les journalistes que le pouvoir préfère appeler « communicateurs ». La différence entre le communicateur et le journaliste professionnel étant que le premier est au service de celui qui le nourrit alors que le second considère que l'éthique de son métier consiste à rechercher la vérité des faits quitte à risquer sa vie pour informer les populations. Il n'est donc pas étonnant que ceux qui ignorent tout de l'éthique en général et qui fuient la lumière s'inquiètent des vrais journalistes qui se battent pour informer les citoyens. Il serait bénéfique à l’auteur de cet article de cesser de prendre ses informations au Palais ONDIMBA et d’aller rencontrer le vrai Peuple Gabonais qui, bien au contraire, se réjouit qu’enfin les projecteurs de l'actualité soient braqués sur notre petit pays. C'est cette mise en lumière qui gêne en réalité ceux qui ont plongé le Gabon dans une triple obscurité : l'ignorance, le sous-développement et l’hyper-corruption. Extrait du NGANGA sur les Biens Mal Acquis : « Cette furie plumitive orchestrée et inspirée par des associations en mal de notoriété et de réputation cache vraisemblablement d'autres raisons, car l'absence d'intérêt pour agir est si grande que personne n'appréhende même les motivations de cette presse d'égouts et de ces associations montées de toutes pièces, dont le seul objectif est d'avilir les chefs d'Etat étrangers qu'ils appellent ‘dictateurs’ » Apparemment il est temps de rappeler à ce communicateur, et à travers lui à Pascaline et Ali ONDIMBA, André MBA OBAME, Blaise LOUEMBET et autres Paul TOUNGUI, que la France a ratifié la convention de Mérida et qu'elle est donc tenue d'empêcher qui que ce soit de blanchir sur son territoire de l'argent venu de la corruption ou du détournement de fonds publics. Petit rappel nécessaire : - En juin 2003 les Chefs d'Etat et de gouvernement du G8, réunis à Evian, ont adopté un plan d'action pour lutter contre la corruption et améliorer la transparence. Ce plan avait pour but d’aboutir à une Convention des Nations Unies contre la corruption qui devrait inclure « des mesures de prévention efficaces, ainsi que des mécanismes solides de coopération en matière pénale et de recouvrement des avoirs, et prévoir la mise en place d'un système efficace de suivi de la mise en oeuvre de la Convention ». - Assurant alors la présidence du G8, la France a veillé au bon déroulement des négociations et a notamment proposé le principe de la restitution des produits de détournement et de blanchiment des fonds publics. - La France s'est également engagée pour que le nouvel instrument soit largement ratifié. Elle participe aujourd'hui au « groupe des Amis de la Convention » assurant un rôle de suivi et d'impulsion à la Convention. - La Convention mondiale de Mérida, complète les nombreux accords internationaux déjà existants de lutte contre la corruption. Cette Convention est globale ; elle traite tous les aspects relatifs à la lutte contre la corruption : la prévention, l'incrimination, les règles de droit pénal et de procédure pénale, la coopération internationale, le recouvrement d'avoirs, l'assistance technique et l'échange d'information. L'aspect le plus novateur de cette Convention est le principe de restitution des avoirs à l'Etat qui a été volé et donc à son peuple. Les ONG, la Justice française et tous les citoyens sont en droit de demander d'où viennent les fonds qui ont permis à certaines personnes, notamment des chefs d'Etats et leur entourage, de devenir personnellement propriétaires de biens représentant des montants colossaux et indiscutablement inaccessibles par leurs revenus officiels. Si elle n'est pas coupable de détournement de fonds publics, madame Pascaline ONDIMBA doit cesser de paniquer. Tout comme d'ailleurs les opulentes personnes concernées par les plaintes et qui possèdent palaces, voitures de luxe et pléthore de comptes en banque débordants. Extrait du NGANGA sur la corruptibilité de la presse française : « Le seul objectif est d'avilir les chefs d'Etat étrangers qu'ils appellent «dictateurs» - même si le plus souvent, ces illuminés journalistes ne ratent pas de raser les murs de leurs palais, pour quémander des reportages fortement rétribués » Ainsi donc les « autorités gabonaises » reconnaissent sans ambages les habitudes qu'elles ont de corrompre des « journalistes » ? On comprend mieux comment le Président BONGO ONDIMBA, ses enfants et ses serviteurs les plus zélés font pour que l'on parle d'eux avec admiration et vénération dans les publi-reportages de célèbres magazines panafricains basés à Paris ! Jusqu'à preuve du contraire cette même presse africaine en France n'a pas été autorisée par eux à publier le moindre article sérieux contre les Biens Mal Acquis. Sans oublier la malheureuse radio AFRICA N°1 non autorisée à creuser cette affaire, y compris sur son antenne parisienne, pourtant sensée être indépendante du Régime. Extrait du NGANGA sur le respect des standards internationaux au Gabon : « Sauf à s'y méprendre, le Gabon n'est pas dirigé arbitrairement. Il n'y a pas de prisonniers politiques, encore moins des journalistes ou d'autres membres de la société civile embastillés. Le Gabon dispose d'institutions démocratiques et stables, telles l'Assemblée nationale, le Sénat, la Cour constitutionnelle, le Conseil national de la Communication, le Conseil national de la démocratie et tutti quanti » Les nobles institutions ici citées sont toutes dirigées par des individus, sans doute personnellment valables, cooptés par le pouvoir en place et ce dernier ne leur accorde aucune marge de manoeuvre. Le fameux Conseil national de la Communication est là pour punir et suspendre les médias qui ne chantent pas assez fort les louanges du régime. Le Conseil national de la Démocratie ferme les yeux sur la « caporalisation » des esprits qui empêche la diversité de s'exprimer puisqu'un seul petit groupe maîtrise l'argent du Peuple Gabonais. L'Assemblée nationale, le Sénat et la Cour constitutionnelle ne sont que des chambres d'enregistrement où pas une tête ne dépasse. Ces institutions sont contrôlées presque intégralement par les partisans d'un système totalitaire. Les crimes les plus inouïs comme les sacrifices humains se déroulent au vu et au su de tous, l'abstention électorale est massive et la liberté des associations est aussi nulle que celle de l'expression. Il n'y a « pas de prisonniers politiques, encore moins de journalistes ou autres membres de la société civile embastillés » ? Et le journaliste du NGANGA tabassé presque à mort en 2008 à la présidence pour avoir critiqué Pascaline ONDIMBA la régente du régime ? Et les militants associatifs pris dans le Complot d'Etat du Réveillon 2009 ? Et la presse aux ordres ? Et la détention arbitraire comme arme du règlement de compte pratiqué par le Procureur de la République sur ordre de Pascaline et Ali ONDIMBA ? Et la tuerie par les forces de sécurité à la prison de Gros Bouquet agissant au nom de MBA OBAME et Ali ONDIMBA ? Oui, Monsieur le « communicateur », vous vous méprenez. Extrait du NGANGA sur la France et les Français : « On avait vite oublié que le Gabon est une bananeraie où pousse la banane douce pour la France. Elle qui n'a jamais cessé de les sucer depuis plus de 2 siècles : pétrole, manganèse, bois, uranium…Alors, fâchée que les Chinetoques viennent s'installer et leur couper la banane, pardon, investir leur «bananeraie» dans plusieurs secteurs d'activités, les Français nostalgiques et un brin jaloux pour leur Colonie, s'en prennent au Président Gabonais et au Gabon » Ceux qui en veulent au pouvoir oligarchique du Gabon sont avant tout des Gabonais et le pouvoir le sait bien. Ces Gabonais qui ne peuvent plus comprendre ni accepter un pouvoir qui a volé avec une rapacité constante la richesse nationale pendant plus de quatre décennies. Ceux qui ne peuvent plus supporter ce système sont Gabonais comme ceux qui le dirigent. Si les Gabonais aimaient leurs dirigeants ils iraient voter en masse pour eux. Or ces dirigeants n'ont rien fait pour ce pays si ce n’est le piller et acheter des Biens Mal Acquis partout dans le monde avec notre argent. Ils ont emprunté aux institutions internationales des sommes colossales sur notre dos et les ont cachées dans les paradis fiscaux. Ils ont transformé la BGFIBank en machine de blanchiment. En réalité ils ont échoué à construire une Nation viable et ont tenté de nous réduire à l'état d'animal uniquement préoccupés de survivre jusqu’au lendemain. Nos pères, nos mères, nos soeurs, nos frères, nos parents et nos enfants ont vécu et vivent une vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue par leur faute et ces voleurs font les fiers ? A qui et à quoi pensent-ils quand ils roulent à tombeau ouvert dans leurs 4x4 rutilantes en traversant nos villages sans électricité et sans eau potable, évitant de justesse nos enfants ? Sont-ils vraiment des êtres-humains ou de purs esprits insensibles aux malheurs de leurs concitoyens ? Ce pays auquel ils font tant de mal est-il vraiment aussi le leur ? Ce ne sont pas les français qui les ont rendus aussi durs et froids envers le Peuple Gabonais mais la Chine dictatoriale les inspire assurément. Ils aimeraient par exemple comme sur le Yang Tsé détruire les plus belles chutes d'Afrique Centrale non loin de Belinga et c'est un crime de lèse-majesté de leur rappeler les dangers écologiques posés par l'exploitation chinoise de notre fer. Par contre, que les bâtiments du Sénat et de l’Assemblée Nationale à Libreville, construits par les Chinois avec de la main d’oeuvre exclusivement chinoise, ne soient pas aux normes ni architecturales ni technologiques ne leur pose aucun problème. Alors que ces bâtiments pourtant flambants neufs commencent déjà à se dégrader gravement ils ne se sentent pas humiliés pour la représentation nationale du pays puisqu’ils passent l'essentiel de leur temps dans les meilleurs hôtels du monde aux frais du Peuple Gabonais. Maintenant que Blaise LOUEMBET, ancien Trésorier Payeur Général du Gabon dont l’extrême enrichissement a choqué plus d’un Gabonais, est devenu Ministre des finances grâce à Pascaline, le nouveau TPG, Fidèle NTSISSI, est contraint de continuer à acquiescer aux caprices de la fille du Président de la République. D’autant que le premier journaliste qui la critiquera s’expose à des représailles plus que violentes. Extrait du NGANGA sur le racisme « Parce qu'ils trahissent leur propre pays, en distillant des fausses nouvelles et alimentent une certaine presse raciste et dévouée à certains politiques Français, eux-mêmes racistes et négationnistes jusqu'aux ongles. Qu'ils soient de Gauche ou de Droite, encore faut-il qu'on nous indique la ligne de démarcation (à l'heure actuelle), ces vilains qui trahissent la liberté, l'égalité des races et la fraternité sont tapis dans les deux camps » Ah ! Le fameux argument du racisme distillé par ceux-là même qui, au Gabon, sont les champions du tribalisme ! Ceux-là même qui n'ont aucun respect pour nos traditions millénaires et maintiennent la terre de leurs ancêtres dans la misère sans aucune vergogne ! Ils sont incapables de faire le moindre bien, pas même de développer leurs propres villages à l'exception bien sûr de leurs palaces personnels. Le narcissisme est la racine du racisme comme chacun sait. D'Akiéni à Medouneu, de Koulamoutou à Lébamba et de Nyali à Minvoul, pour ne citer que ces contrées, le Gabon est à terre et les Gabonais sont traités comme des animaux qu'on excite avec des pagnes, des tee-shirts et de la nourriture occasionnelle. Quel humain peut se montrer aussi cynique avec un de ses semblables sans lui nier sa dignité d’Homme ? On pourrait continuer longuement la liste des incongruités déversées par la régente du Régime Pascaline ONDIMBA, son frère, leur porte-voix MBA OBAME et tous les autres conspirateurs du Réveillon 2009, dans la presse gabonaise. Ces comploteurs qui, eux, se sont ridiculisés devant le monde entier en arrêtant des citoyens pacifiques pour des délits d'opinion. La plainte contre les Biens Mal Acquis est plus que justifiée car la France, premier pays à avoir ratifié la Convention de Mérida, ne peut se permettre d'héberger sur son sol des fortunes dont on connaît l'origine : le détournement des richesses du pays et des prêts consentis par les institutions financières internationales. Qu'on ne vienne pas nous parler des Monarchies du Golfe. Les Gabonais qui connaissent Dubaï, Oman ou le Qatar ne peuvent que sourire de cette comparaison. Les Arabes, eux, ont su gérer leur pétrole, et, alors qu’ils n’ont en plus ni manganèse, ni uranium, ni bois, etc., ils ont fait de leurs pays des paradis ultra-développés que le monde entier leur envie. Pascaline et Ali ONDIMBA sont pourtant des habitués de Dubaï mais n’en ont retenu que le faste dans lequel vivent les princes arabes. Ils n’ont pas en revanche pris exemple sur l’extraordinaire urbanisation et modernité des villes dans lesquels les peuples du Moyen-Orient vivent. En 40 ans de règne BONGO ONDIMBA et sa « caravane » ont sillonné sans relâche toutes les contrées orientales du Golfe à Hong-Kong. Les Gabonais ont même suivi leurs « aventures » dans les « éditions spéciales ». En rentrant les corrompus de Libreville s’en sont-ils inspirés ? Nullement ! Les ONDIMBA et leurs courtisans se sont contentés de n’y voir que des lieux où on fait des achats exorbitants et où l’on dort dans les plus grands palaces au frais de l’Etat gabonais bien sûr. Nulle trace de projets sérieux qui bâtissent un pays harmonieux, qui développent nos villes ou nos villages. Construire un pays viable semble absolument hors de portée pour ces piliers du système BONGO ONDIMBA et gare à celui qui voudrait s’y prendre autrement. Chacun dans l’entourage du Président de la République a compris sa ‘philosophie’ : piller et surtout ne rien bâtir. Jusqu’à ce qu’il ne reste rien du Gabon ? Le problème n’est pas de posséder des biens en France ni d’être riche, le problème est la provenance de l’argent qui a permis ces acquisitions et ces placements colossaux. Qui ne se réjouirait de voir de riches hommes d’affaire Gabonais dépenser des milliards gagnés honnêtement ? Alors que la famille BONGO ONDIMBA et son entourage nous disent avec quel honnête travail ils ont pu accumuler autant de centaines de milliards. En réalité Omar BONGO ONDIMBA, ses enfants et son entourage sont une véritable tragédie pour le Gabon. Voilà des gens qui auront sucé jusqu'à la moelle l'argent du Peuple Gabonais sans qu'aucun enfant de ce pays n'ait la possibilité de travailler à son essor puisque Omar BONGO ONDIMBA et les siens se considèrent comme l'alpha, l'oméga, la vérité et la vie de ce pays. Le 25 février 2009 *** BRUNO BEN-MOUBAMBA est le Président des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise en Europe BP 1421 51065 REIMS CEDEX France acteurslibres@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir T. +33 (0) 6 46 22 35 |
Les comptes bancaires du plus vieil imposteur et voleur président en exercice bloqués en France
Des comptes bancaires d'Omar Bongo saisis en France
LEMONDE.FR avec AFP | 26.02.09 | 11h57
AFP/ERIC FEFERBERG
Le président gabonais Omar Bongo, le 8 décembre 2007 à Lisbonne.
Des comptes bancaires français d'Omar Bongo ont été saisis à la suite d'une condamnation en septembre 2008 du président gabonais par la cour d'appel de Bordeaux, a-t-on appris jeudi auprès de l'avocat du plaignant.
Le 29 septembre 2008, la cour d'appel de Bordeaux avait condamné Omar Bongo à verser 457 347 euros au fils d'un chef d'entreprise français qui avait dû payer cette somme pour faire libérer son père détenu à Libreville, selon Me Jean-Philippe Le Bail, l'avocat du chef d'entreprise, René Cardona. Cette somme a atteint entre-temps, avec les intérêts, plus d'un million d'euros, a précisé l'avocat, confirmant une information révélée jeudi par Sud-Ouest. Le président gabonais refuse de rembourser cette somme à l'industriel.
Depuis le 13 février, "les comptes courants et les comptes titres du président gabonais ouverts dans plusieurs agences du Crédit lyonnais et de la BNP sont verrouillés" et "les fonds déposés dans ces deux banques - 4,2 millions d'euros au total - ont été saisis", rapporte le quotidien régional. "Sur l'ensemble de ces comptes il y a un peu plus de 4 millions d'euros, sous réserve des opérations en cours", a ajouté l'avocat.
En 1996, René Cardona avait été emprisonné, à la suite d'un différend avec le chef de l'Etat gabonais, à qui il avait vendu sa société d'armement et de pêche. L'entrepreneur français n'avait été libéré qu'après le versement par son fils de 300 millions de francs CFA (457 347 euros) sur le compte personnel d'Omar Bongo.
Selon Sud-Ouest, le clan Bongo a amassé une véritable fortune immobilière dans l'Hexagone. "Fin 2007, la famille Bongo était propriétaire en France d'une quarantaine de biens immobiliers, dont une quinzaine appartiendraient au président du Gabon," rappelle le journal.
Par ailleurs, une plainte avait été déposée en mars 2007 à Paris par trois associations pour "recel de détournement d'argent public", au sujet de biens acquis par cinq chefs d'Etat africains en France, visant les président du Gabon, du Congo et de la Guinée équatoriale. Classée sans suite en novembre de la même année par le parquet de Paris, "cela n'a pas dissuadé Transparency International, l'organisation de lutte contre la corruption, de se constituer partie civile devant la juge d'instruction parisienne Françoise Desset. La magistrate doit se prononcer dans les semaines à venir", souligne Sud-Ouest.






Dans son édition du 20 février 2009, le journal LE NGANGA se fait le porte-voix d'une campagne de presse orchestrée par Pascaline BONGO ONDIMBA, régente de la République Gabonaise, avec l'accord tacite d’André MBA OBAME, porte parole de l’entourage présidentiel, et surtout avec celui de son frère Ali BONGO ONDIMBA, dont la prise programmée du pouvoir, subitement mise sous les projecteurs, est à l'origine des tensions actuelles au Gabon.